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McDONALD, FRANCIS JOHN, prêtre catholique, né le 11 août 1815 à East Point, Île-du-Prince-Édouard, fils de John McDonald et de Mary McDonald de l’île de South Uist, Écosse ; décédé le 9 juillet 1900 à St Georges, Île-du-Prince-Édouard.

Fils d’immigrants catholiques des Highlands, Francis John McDonald entra au St Andrew’s College en 1832, à l’âge de 16 ans. Situé à St Andrews, ce collège avait été ouvert au mois de novembre précédent par Angus Bernard MacEachern*, premier évêque de Charlottetown, afin de préparer des catholiques de la région à la prêtrise et à des professions laïques. McDonald fréquenta le petit établissement pendant quatre ans avant de s’inscrire au collège de Saint-Hyacinthe, au Bas-Canada, où il fit un an de philosophie ; il entra ensuite au grand séminaire de Québec afin de poursuivre ses études en théologie. Mgr Pierre-Flavien Turgeon* l’ordonna le 28 juin 1840 et il devint ainsi le premier étudiant du St Andrew’s College à accéder à la prêtrise. Après son ordination, il travailla durant trois mois dans la paroisse de Saint-Roch avant de retourner à l’Île-du-Prince-Édouard.

Dès le retour de l’abbé Francis dans l’île, Mgr Bernard Donald Macdonald* lui confia la charge pastorale de Launching et de missions qui allaient de la baie Rollo au havre Murray, le long de la côte est. Sa nomination permit d’alléger la tâche de l’abbé John McDonald*, qui s’était occupé jusqu’alors de presque toutes les missions du comté de Kings.

L’abbé Francis fut plongé dans une controverse dès le début de sa carrière. En 1843, une grave querelle éclata en effet entre l’abbé John et un groupe de paroissiens à propos de la question litigieuse des terres de l’île. Lorsque Mgr Macdonald, consterné, essaya d’éloigner de la paroisse le prêtre bien campé dans sa position, ce dernier défia son supérieur. L’évêque fut forcé de suspendre ses pouvoirs pour l’obliger à quitter la paroisse. Au cœur de la dispute, l’évêque accrut temporairement les responsabilités missionnaires de l’abbé Francis afin qu’il puisse continuer à desservir la mission en difficulté de l’abbé John. Avant de quitter la paroisse en novembre 1844, ce dernier accusa amèrement l’évêque et plusieurs membres de son clergé, y compris l’abbé Francis, de fomenter des dissensions parmi ses ouailles dans le but de favoriser sa révocation.

Après ce début difficile, l’abbé Francis s’installa tranquillement dans la routine pénible du travail missionnaire, parcourant son territoire à demi colonisé pour accomplir ses tâches pastorales. McDonald était, semble-t-il, un homme doux et modeste, contrairement à l’impression qu’il avait pu donner au départ. Malgré son ancienneté, aucun de ses supérieurs épiscopaux ne le nomma vicaire général ni ne le pressentit pour une promotion. Pourtant, c’était un pasteur efficace, digne de confiance et très aimé de ses paroissiens.

Certaines preuves indiquent que McDonald s’établit d’abord à Launching, mais il semble qu’en 1852 il avait élu domicile à Georgetown, chef-lieu du comté. Au cours de cette année-là, il surveilla les travaux d’agrandissement de l’église de l’endroit. En 1860, malgré les objections de certains paroissiens, il remplaça la chapelle des pionniers à Launching par une église plus vaste située en un point plus central sur les rives de la rivière Grand (Boughton), à St Georges. Les limites du territoire de sa mission rétrécissaient graduellement, à mesure que l’effectif du clergé catholique de la colonie augmentait, si bien qu’en 1864 il ne s’occupait plus que de Georgetown, Sturgeon et St Georges. En 1875, il s’établit de façon permanente à St Georges ; comme il prenait de l’âge, il reçut l’aide de vicaires successifs durant les années 1880.

McDonald célébra le jubilé d’or de son ordination en 1890, et deux ans plus tard Joseph C. McLean, l’un de ses anciens protégés, lui succédait. McDonald vécut sa retraite à St Georges et s’affaiblit graduellement ; il célébra son jubilé de diamant moins de deux semaines avant son décès. « La vie et les travaux de l’abbé Francis ont été intimement liés à l’expansion et au progrès de la religion dans la partie est de l’île durant les soixante dernières années », faisait remarquer son panégyriste. Dans une société catholique rurale qui dépendait largement de ses leaders religieux, il laissait le souvenir d’un défenseur de nombreuses réformes locales.

Ayant vécu sa longue carrière pastorale dans la même région, l’abbé Francis John McDonald devint une véritable image folklorique pour ses ouailles, surtout pour les paroissiens de St Georges. On parle encore de nos jours de ses pouvoirs miraculeux de guérison ; pendant de nombreuses années, la croyance populaire attribua un effet curatif à l’argile recueillie sur sa tombe. La tradition la plus importante à laquelle on le rattache à St Georges demeure la célébration spéciale de la fête de saint Joseph, en reconnaissance d’une faveur obtenue par l’intercession du prêtre. Sa mémoire est restée si vivante qu’on retrouve encore sa photographie encadrée dans beaucoup de foyers de son ancienne paroisse.

G. Edward MacDonald

L’auteur souhaite exprimer sa gratitude à Marguerite MacDonald de Newport, Î.-P.-É., et à Liz Morrison de Launching Place, Î.-P.-É., qui lui ont accordé des entrevues à l’été de 1988.  [g. e. macd.]

Arch. of the Diocese of Charlottetown, B. D. Macdonald papers ; St George’s (St George’s, Île-du-Prince-Édouard), reg. of burials, 1900 (mfm aux PAPEI).— Charlottetown Herald, 18 juill. 1900.— Examiner (Charlottetown), 13 juill. 1900.— P.E.I. directory, 1864 : 124.— J. C. Macmillan, The history of the Catholic Church in Prince Edward Island from 1835 till 1891 (Québec, 1913), 34.

Bibliographie générale

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G. Edward MacDonald, « McDONALD, FRANCIS JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcdonald_francis_john_12F.html.

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Auteur de l'article:   G. Edward MacDonald
Titre de l'article:   McDONALD, FRANCIS JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   22 août 2014