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McINTYRE, ALEXANDER, soldat et homme d’affaires, né le 10 mars 1841 dans le canton de Lobo, Haut-Canada, fils de Joseph McIntyre, fermier ; en 1872, il épousa Margaret Malissa Falconer, et ils eurent trois enfants ; décédé le 7 juin 1892 à Winnipeg.

Alexander McIntyre constitue un exemple typique des Ontariens qui vinrent s’établir au Manitoba et qui refirent la province à l’image de la leur au cours des années 1870 et 1880. En qualité de membre de l’expédition militaire menée par le colonel Garnet Joseph Wolseley*, qui atteignit la colonie de la Rivière-Rouge en août 1870, il fut l’un des premiers parmi ces aventuriers, sans toutefois être le plus jeune. Âgé de près de 30 ans à cette époque, il avait travaillé à la ferme de son père après de brèves études à l’école publique. Il était devenu tireur d’élite dans la milice ontarienne, et la prime d’engagement obtenue pour sa participation à l’expédition de la Rivière-Rouge fut probablement sa première entrée de capital.

Le certificat de prime d’engagement accordé aux militaires leur donnait droit à 160 acres du territoire apparemment inoccupé de la nouvelle province. C’est peut-être la vente de biens fonciers comme celui-là qui permit à McIntyre de s’associer à un certain McIvor et d’ouvrir le White Saloon, rue Main à Winnipeg, en 1871. À partir de là, McIntyre continua à faire de la spéculation foncière, surtout avec les certificats de concession de terres aux sang-mêlé qui inondèrent le marché foncier en 1876. Tout comme ceux des primes d’engagement, ces certificats étaient échangeables seulement contre des terres ; cependant, à la différence des primes, on les émettait sous forme de billets imprimés en coupures de 20 $ et 160 $. Considérés comme de la monnaie et non comme des titres de propriété foncière, ils attiraient les spéculateurs, surtout parce qu’ils pouvaient servir, à leur pleine valeur nominale, à l’obtention de crédit bancaire. Persuadés que les certificats ne leur permettraient d’acheter que des terres sans valeur (des prairies dénudées, loin des abords de la rivière qu’ils préféraient), la plupart des Métis les échangèrent contre 4 $ ou 5 $ en argent comptant par certificat de 20 $. Les acheteurs de certificats pouvaient alors s’en servir comme nantissement de crédit supplémentaire ou pour acheter des biens fonciers. D’une façon ou d’une autre, ils réalisaient facilement un rendement de cinq pour un. McIntyre les utilisa des deux façons et put ainsi donner de l’expansion à ses affaires.

McIntyre s’était joint à un autre associé en 1879 pour former la McIntyre and McCulloch, « Grossistes en vins, spiritueux et cigares ». L’entreprise continua d’occuper les locaux de la rue Main. Après la montée en flèche du marché des lots de ville de Winnipeg en 1880–1881, McIntyre se lança seul dans l’activité qui allait faire son renom. En 1882, il fit démolir plusieurs petits immeubles près de l’endroit où était situé son ancien commerce, et il finança la construction d’un immeuble à bureaux de quatre étages. Comme les travaux s’effectuèrent en trois étapes distinctes, à mesure qu’il put acheter du terrain et organiser le financement de la construction, les détails architecturaux de l’immeuble varièrent selon les dates de réalisation des travaux, soit 1884, 1886 et 1890. Néanmoins, dans les années 1890, les journaux décriraient l’immeuble McIntyre, surtout construit de brique rouge, comme « la plus imposante et jolie construction commerciale de la ville ».

Cet immeuble représentait certainement l’avoir le plus important de McIntyre. Préoccupé de sa construction, il refusa une invitation à poser sa candidature aux élections municipales de Winnipeg en 1886. Ses activités dans la milice furent les seules en dehors du monde des affaires ; on le nomma officier payeur du 91st Battalion of Infantry (Manitoba Light Infantry) en 1889, et il maintint sa réputation de tireur d’élite. S’il resta loin de la politique municipale, c’est aussi à cause d’une maladie chronique et débilitante pour laquelle il se rendit jusqu’à Los Angeles dans l’espoir d’obtenir une guérison. De retour à Winnipeg après une amélioration sensible de son état, il entreprit la construction d’une magnifique résidence, mais ne vécut pas jusqu’à la fin des travaux. Il laissa une succession évaluée à 280 000 $ ; de ce montant, le McIntyre Block représentait une valeur de 178 000 $.

L’immeuble témoin de la carrière d’Alexander McIntyre ne survécut pas longtemps à son constructeur ; un incendie le détruisit en 1898. William Litchfield, gérant de l’immeuble et principal administrateur de la succession de McIntyre, en supervisa la reconstruction selon un plan plus vaste et plus symétrique. C’est cet immeuble que l’on connut durant près de 75 ans sous le nom de McIntyre Block.

D. N. Sprague

AN, RG 15, DII, 1, vol. 1479–1482.— Office national du Film (Winnipeg), The McIntyre Block, Bob Lower, réalisateur (Winnipeg, 1977).— PAM, MG 14, C92.— Begg et Nursey, Ten years in Winnipeg.— Manitoba Morning Free Press, 8 juin 1892, 3 févr. 1898.— Winnipeg Daily Tribune, 2 févr. 1898.— I. J. Saunders et al., Early buildings in Winnipeg (Canada, Direction des parcs et lieux hist. nationaux, Travail inédit, n° 389 (7 vol., Ottawa, 1974–1977).— Schofield, Story of Manitoba, 2 : 206–209.— D. N. Sprague, « Government lawlessness in the administration of Manitoba land claims, 1870–1887 », Manitoba Law Journal (Winnipeg), 10 (1980) : 415–441.

Bibliographie générale

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D. N. Sprague, « McINTYRE, ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcintyre_alexander_12F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   18 décembre 2014