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PAYNE, SAMUEL, orfèvre de Montréal, né en 1696 dans la paroisse St. James (Clerkenwell) à Londres du mariage du révérend Lawrence Payne et de Mary Rivers ; on sait qu’il a habité à Stepney, qui se trouvait à l’époque dans la banlieue de Londres, et qu’il a séjourné à Montréal de 1725 à 1732.

Le père de Payne était ministre protestant et l’aumônier de sir William Cadogan, général de division dans l’armée de Marlborough. Payne était peut-être apparenté à Humphrey et John Payne, orfèvres londoniens du xviiie siècle. La vie de Payne avant et après son séjour à Montréal reste l’objet de bien des hypothèses. Il se serait, semble-t-il, converti à la religion catholique romaine avant d’épouser, le 30 juillet 1725, Marguerite Garreau, fille du marchand montréalais Pierre Garreau. Six enfants nés de ce mariage furent baptisés à Montréal.

En 1726 Payne acheta de la veuve de l’orfèvre Jean-Baptiste Saint-Mars (ou Saint-Marc) une maison dotée d’un atelier. Il exerça son métier dans cette maison de bois sans étage de la rue Saint-Joseph Q’actuelle rue Saint-Sulpice) jusqu’à ce qu’il la vende en 1730. Il engagea comme aide, en 1731, un « garçon orfèvre », du nom de Jacques Dache, pour une durée de quatre mois. Jusqu’à maintenant seuls un gobelet et une cuiller ont été attribués à Payne. Sur la cuiller, au-dessus des lettres SP, figure un poinçon bien parisien, la fleur de lys surmontée d’une couronne.

Il est fort probable que Payne ait quitté Montréal et la colonie vers 1732. L’acte de baptême de son fils François-Amable, portant sa signature et daté du 12 juillet 1732, est le dernier document que nous ayons à son sujet. L’enfant mourut le 8 octobre de la même année et c’est la belle-sœur de Payne qui représentait la famille à l’enterrement. L’absence de tout autre document concernant ses proches parents et le désordre dans lequel il laissa ses affaires semblent indiquer que Payne quitta Montréal en toute hâte. Selon É.-Z. Massicotte, il aurait peut-être suivi en 1733 son ami, l’abbé Claude Chauvreulx*, de la Compagnie de Saint-Sulpice, en Acadie. Comme on ne trouve aucune inscription à son égard dans les registres paroissiaux, on peut croire que Payne n’est allé ni à Louisbourg ni à l’île Saint-Jean (île du Prince-Édouard). Un orfèvre, dont le métier consistait à fabriquer des objets de luxe, aurait tout naturellement cherché à s’établir dans une ville.

Autre explication possible, le Samuel Payne de Londres et de Montréal et le Samuel Payne (1711–1748) de Braintree au Massachusetts ne seraient qu’une seule et même personne. La famille du second Payne habitait Braintree mais on ne sait pas s’il était orfèvre. Il aurait, semble-t-il, été capturé par les Indiens de la mission française en 1721 alors que, comme membre de la milice de la Nouvelle-Angleterre, il participait à la défense de Georgetown (Maine). Ce Payne figure sur « une liste de tous les prisonniers anglais arrivés [dans le port de Boston], à bord de la goélette Britannicus, en provenance de Louisbourg où ils avaient été transportés depuis le Canada. » Cette liste porte la date du 6 octobre 1748. Il est possible que Payne ait été fait prisonnier et amené à Montréal en 1721 par les lroquois de Caughnawaga qui avaient pris part à l’attaque de Georgetown.

Peter N. Moogk

AJM, Greffe de J.-B. Adhémar, 1er mars 1726 ; Greffe de N.-A. Guillet de Chaumont, 30 mars 1730 ; Greffe de J.-C. Raimbault, 21 mai 1731 ; Registres d’état civil de Notre-Dame de Montréal.— Mass. Hist. Soc. Proc., 2e sér., XIV (19001901) : 27.— Coleman, New England captives.— John Langdon, Canadian silversmiths, 1700–1900 (Lunenburg, 1966), 113.— Parkman, A half-century of conflict, 159168.— Ramsay Traquair, The old silver of Quebec (Toronto, 1940), 30.— É.-Z. Massicotte, Orfèvres et bijoutiers du régime francais, BRH, XXXVI (1930) 32 ; Deux orfèvres d’autrefois, BRH, XLVI (1940) 353s.

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Peter N. Moogk, « PAYNE, SAMUEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/payne_samuel_2F.html.

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Auteur de l'article:   Peter N. Moogk
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   25 octobre 2014