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PINSONAUT, PAUL-THÉOPHILE, notaire, officier de milice, homme d’affaires et juge de paix, né le 10 mars 1780 à Laprairie (La Prairie, Québec), fils de Thomas Pinsonnault, marchand, et d’Euphrasie Artaud ; le 17 août 1807, il épousa au même endroit Clotilde Raymond, fille de Jean-Baptiste Raymond, et ils eurent 11 enfants ; décédé le 27 mai 1832 à La Tortue (Saint-Mathieu, Québec) et inhumé dans l’église de Saint-Philippe, Bas-Canada.

En 1796, Paul-Théophile Pinsonaut faisait un stage de clerc auprès du notaire Jean-Marie Mondelet*. Il obtint sa commission en 1801 et instrumenta d’abord à Laprairie puis à La Tortue où, jusqu’en 1814, il signa quelque 3 000 actes. C’est peut-être durant l’année de son mariage qu’il s’établit dans la maison natale de sa femme, bâtie à La Tortue par son beau-père et connue plus tard sous le nom de manoir Pinsonaut.

Pinsonaut participa à la guerre de 1812. En octobre, il fut chargé à titre de capitaine d’organiser les Chasseurs de Saint-Philippe, unité comprise dans la Compagnie d’élite de Châteauguay. Il servit sous les drapeaux durant deux ans. Selon une tradition familiale, il aurait été présent lors de la bataille de Châteauguay, en octobre 1813, sous le commandement de Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry.

Après la guerre, Pinsonaut délaissa graduellement le notariat pour les affaires ; de 1814 à 1828, il ne signa que 300 actes environ. En octobre 1817, son beau-père lui remit, ainsi qu’à sa femme, en avance d’hoirie, une terre de 63 arpents de superficie, deux autres lopins de terre, deux fabriques de potasse évaluées à 12 000#, tout cela en plus des 5 800ª qu’il leur avait données auparavant. Pinsonaut était devenu un homme d’affaires important. Il s’adonna au commerce du bois et de la potasse, exploita intensivement ses terres et investit dans la propriété foncière. À sa mort, il possédait quelque 800 arpents dans la seigneurie de La Salle.

Juge de paix du district de Montréal à partir de 1821, agent des seigneurs avoisinants, lieutenant-colonel de milice en 1830, Pinsonaut était un homme arrivé. Dans son manoir, il vivait en grand bourgeois. Un précepteur français, émigré durant la Révolution, logeait près du manoir et veillait à l’éducation de ses enfants. Ceux-ci fréquentèrent aussi, soit le petit séminaire de Montréal, soit le pensionnat de Mme Trudeau, installé dans l’ancien couvent des récollets, où l’on enseignait la peinture, la musique, la danse et l’équitation. L’aisance ne mit cependant pas la famille à l’abri du malheur. Le 1er mai 1832, Pinsonaut conduisit en terre son second fils, âgé de 19 ans. Environ 20 jours plus tard, il contracta la maladie qui devait le conduire à sa tombe.

Deux des filles de Paul-Théophile Pinsonaut entrèrent en communauté : Marie-Adélaïde devint ursuline à Trois-Rivières et Marie-Honorine-Euphémie, entrée chez les Sœurs de la charité de l’Hôpital Général de Montréal, participa à la fondation de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe en 1840. Pierre-Adolphe Pinsoneault*, sulpicien ordonné prêtre en France, devint le premier évêque du diocèse de London, dans le Haut-Canada. Jacques-Alfred, avocat et seigneur de Léry, continua d’exploiter les propriétés paternelles et mit sur pied une ferme expérimentale en 1851.

Jean-Jacques Lefebvre

Le minutier de Paul-Théophile Pinsonaut, contenant des actes passés entre 1801 et 1828, est conservé aux ANQ-M, sous la cote CN1-327.

ANQ-M, CE1-2, 10 mars 1780, 17 août 1807 ; CE1-54, 30 mai 1832.— APC, RG 68, General index, 1651–1841.— Officers of British forces in Canada (Irving).— Henri Masson, Joseph Masson, dernier seigneur de Terrebonne, 1791–1847 (Montréal, 1972).— J.-J. Lefebvre, « Jean-Baptiste Raymond (1757–1825), député de Huntingdon (Laprairie), 1800–1808 », BRH, 58 (1952) : 59–72 ; « Manoir Pinsoneault ou Maison Raymond ? » : 173–175.— É.-Z. Massicotte, « Paul-Théophile Pinsonault, ses ascendants et ses descendants », BRH, 34 (1928) : 207–220.

Bibliographie générale

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Jean-Jacques Lefebvre, « PINSONAUT, PAUL-THÉOPHILE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/pinsonaut_paul_theophile_6F.html.

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Auteur de l'article:   Jean-Jacques Lefebvre
Titre de l'article:   PINSONAUT, PAUL-THÉOPHILE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   2 septembre 2014