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RASTELL, JOHN, avocat anglais, fils aîné de John Rastell ; il visita Terre-Neuve avec Richard Hore ; circa 1510–1540.

John Rastell, père, épousa Elizabeth, sœur de sir Thomas More. Établi à Londres en 1512, il y dirigeait à la fois un cabinet d’avocat et une imprimerie ; il entreprit diverses tâches pour le compte de Henri VIII. Comme il faisait partie du cercle d’amis de Sir Thomas More, il prit part à diverses discussions sur l’Amérique et ses possibilités.

Rastell, père, décida d’explorer et de coloniser l’Amérique du Nord, sur les conseils, semble-t-il, de Sébastien Cabot, qui estimait fort avantageux de pouvoir disposer d’un relais entre l’Europe et l’Asie, le long du passage du Nord-Ouest. Avec deux marchands de Londres, John Howthing et Richard Spicer, il obtint du roi, le 5 mars 1517, des lettres et un modeste prêt. Au moins un vaisseau royal fut assigné à cette expédition dont les préparatifs furent confiés à Sir Thomas Spert, officier de marine. (Ce dernier et le lord amiral, le comte de Surrey, devaient plus tard être accusés de lâcheté et de sabotage.)

L’expédition qui comprenait au moins quatre vaisseaux avec des approvisionnements et du matériel pour fonder un établissement, mit à la voile vers la fin de l’été mais relâcha à Sandwich, Dartmouth, Plymouth et Falmouth. La dissension éclata entre les hommes et leurs chefs. Un des vaisseaux retourna en Angleterre, un autre accosta en Irlande pour passer ensuite en France, tandis que les deux autres ne semblent pas avoir été plus loin que Falmouth. Les marins n’étaient évidemment pas disposés à s’établir à Terre-Neuve ni au Labrador et, de là, à chercher le passage du Nord-Ouest. Ayant été déposé en Irlande, Rastell, père, écrivit une satire de mœurs intitulée A new interlude and a mery of the nature of the iiij elements, qu’il publia à son retour en Angleterre, vers l’an 1519, et qui incorporait à la fois ses propres idées sur la colonisation et des témoignages de ceux qui avaient fait des voyages en Amérique avant 1506. Ce rêve de créer un empire d’outre-mer, qu’il renonça à réaliser, est le seul de cette nature dont les documents fassent mention avant le régime d’Élisabeth.

Rastell, fils, né à Coventry en 1511, devint, tout enfant encore, membre de la Confrérie Corpus Christi. (Rastell, père, lui aussi né à Coventry vers 1475, y devint plus tard coroner avant d’aller s’établir à Londres.) Le fils atteignit l’âge d’homme à l’époque où sa famille traversait une crise. Son père rompit avec son oncle, Sir Thomas More, lorsque Henri VIII se révolta contre la papauté. Rastell, père, était un réformateur dans le parlement dit « de la réforme » de 1529–1536, mais, aux yeux de Thomas Cromwell, il dépassa les bornes en s’opposant au maintien de la dîme. Il fut emprisonné et mourut en 1536. C’est probablement avant l’emprisonnement de son père que John, tout jeune encore, s’engagea comme membre de l’expédition vers Terre-Neuve que Richard Hore devait diriger et avec laquelle il quitta Londres en avril 1536 en compagnie d’un certain nombre d’autres explorateurs de bonne famille. Nous ne savons pas s’il fit voile à bord du Trinity ou du William. Il est possible que l’un ou l’autre vaisseau ou peut-être même tous les deux aient pénétré dans le détroit de Belle-Isle et y aient rencontré quelque difficulté sur la côte du Labrador avant de retourner à la pêche au large de Terre-Neuve, mais tous, en fin de compte, en revinrent sains et saufs. Nous ne savons à peu près rien de ce qui arriva au jeune Rastell par la suite, sauf qu’il dut comparaître plusieurs fois en justice. Il est intéressant toutefois de noter que son expédition en Amérique cadrait assez bien avec les projets de son père.

David B. Quinn

Williamson, Voyages of the Cabots (1929) : contient un certain nombre de documents (pour d’autres, V. la bibliographie de Richard Hore).— DNB (Rastell, John, père, et William).— On trouvera une critique de A new interlude dans G. B. Parks, The geography of the “Interlude of the four elements”, Philological Q., XVII (1938) : 251–262 et dans J. Parr, John Rastell’s geographical knowledge of America, Philological Q., XXVII (1948) : 229–240.— A. W. Read, Early Tudor drama (London, 1926) donne des renseignements biographiques complets sur John Rastell, père, de même que la plupart des faits connus sur John Rastell, fils. [A. L. Laine, John Rastell : an active citizen of the English commonwealth (thèse de ph.d., Duke University, Durham, N.C., 1972).]

Bibliographie générale

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David B. Quinn, « RASTELL, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/rastell_john_1F.html.

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Auteur de l'article:   David B. Quinn
Titre de l'article:   RASTELL, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   2013
Date de consultation:   24 juillet 2014