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ROBINSON, JOHN, homme d’affaires, fonctionnaire et homme politique, né en 1762 dans les Highlands (monts Hudson), près de New York, troisième fils de Beverley Robinson et de Susanna Philipse, et petit-fils de John Robinson, ancien président du Conseil de la Virginie et administrateur de cette colonie ; en 1787, il épousa Elizabeth Ludlow, deuxième fille de George Duncan Ludlow*, juge en chef du Nouveau-Brunswick ; décédé le 8 octobre 1828 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

Fils de l’un des plus remarquables partisans de la cause britannique dans la colonie de New York, John Robinson était promis par sa naissance à la richesse et au prestige, et il fit partie de l’aristocratie loyaliste qui allait dominer la vie sociale et politique du Nouveau-Brunswick durant le premier demi-siècle de cette colonie. La guerre d’Indépendance américaine vint interrompre les études qu’il faisait sous la direction de précepteurs dans le domaine que possédait son père dans la colonie de New York. À 15 ans, il s’enrôla dans le Loyal American Régiment, unité mise sur pied et commandée par son père. En 1781, il avait survécu à la sanglante bataille de Kings Mountain et avait obtenu le grade de lieutenant. La guerre terminée, il se retira avec la demi-solde et, après un bref séjour dans la région d’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, il s’établit dans la vallée de la Saint-Jean, vraisemblablement en 1786.

Le fait saillant de la vie et de la carrière de Robinson fut d’avoir été membre de la famille Robinson. Son père était non seulement un réfugié loyaliste bien nanti, mais un homme qui jouissait d’une grande autorité de son vivant. Dans une large mesure, il fut un personnage central de la légende loyaliste. Chacun des fils Robinson se distingua, les plus âgés au Nouveau-Brunswick et les plus jeunes dans l’armée britannique. John Robinson devait finir par se retrouver au centre d’un réseau de liens qui unissaient la plus grande partie de l’establishment loyaliste du Nouveau-Brunswick. Son mariage en 1787 l’introduisit au sein de la famille Ludlow ; le mariage de ses frères, de ses enfants, de ses nièces et de ses neveux allait le lier aux Barclay, Paddock, Wetmore, Parker, Hazen, Botsford, Simonds, Millidge et Jarvis.

C’est de son père que Robinson tint d’abord l’influence qu’il eut au Nouveau-Brunswick. Même s’il demeurait en Angleterre, Beverley Robinson fut membre du Conseil du Nouveau-Brunswick de 1784 à sa mort en 1792. Il fut rejoint au conseil, en 1789, par son fils aîné, Beverley, ancien lieutenant-colonel du Loyal American Régiment, qui occupa la charge de conseiller jusqu’en 1816. Au cours des années où sa famille fut représentée au conseil, John Robinson obtint plusieurs postes prestigieux et lucratifs.

Peu de temps après son arrivée au Nouveau-Brunswick, Robinson fut nommé shérif du comté de Queens ; c’était un grand honneur pour un homme qui n’avait pas encore 26 ans. Dès cette époque, il occupa aussi durant un certain temps le poste d’adjudant général adjoint de la milice. En quelques années seulement, il renonça à l’idéal de vie d’un gentilhomme campagnard et se joignit à la puissante élite commerçante de la ville de Saint-Jean, où il s’établit comme marchand général. Il devint un personnage populaire dans la ville et fut élu député de la chambre d’Assemblée en 1802, lors des élections générales qui, malgré le succès de James Glenie*, furent considérées comme une défaite pour les radicaux et un triomphe pour les amis du lieutenant-gouverneur Thomas Carleton*. Robinson ne se présenta pas aux élections législatives de 1809, mais il fut élu une nouvelle fois au cours de l’élection partielle tenue l’année suivante. Même s’il était perçu comme un homme politique modéré, il appuya généralement le parti officiel sur les principales questions de l’heure. Sa loyauté envers le gouvernement lui valut d’être nommé trésorier-payeur général adjoint des forces armées par intérim durant la guerre de 1812. Après la mort d’Amos Botsford*, Robinson fut élu à l’unanimité président de l’Assemblée à la session de 1813. Trois ans plus tard, il résigna ses fonctions pour accepter le poste de trésorier provincial laissé vacant par la mort de William Hazen. Le trésorier était chargé de la perception du revenu des douanes provinciales, ainsi que de l’émission et du paiement des mandats du Trésor, conformément aux autorisations données par le Parlement au moment de l’affectation des fonds. Le choix du titulaire incombait au lieutenant-gouverneur (à l’époque de la nomination de Robinson, ce poste était occupé par un administrateur, George Stracey Smyth), mais le salaire et les honoraires, contrairement à ceux des hautes fonctions de la couronne, étaient fixés par l’Assemblée. Pour les services qu’il rendait à titre de grand responsable des finances de la province, Robinson touchait £500 par année. Il semble qu’il ait abandonné ses activités commerciales peu de temps après sa nomination.

En mai 1816, trois mois après avoir accepté le poste de trésorier, Robinson fut nommé maire de Saint-Jean par Smyth, son bienfaiteur. De vastes pouvoirs étaient attachés à cette nouvelle fonction. Il revenait au maire d’établir quels étaient les gens qui devaient être agréés comme citoyens ou encore quels étaient ceux qui allaient obtenir une licence d’exploitation de taverne ou un autre permis municipal ; la Cour du maire constituait la Cour inférieure des plaids communs de la ville ; le maire agissait comme principal administrateur pour les conseils du comté et de la ville de Saint-Jean. Les droits touchés tant pour la délivrance des mandats du Trésor, des certificats et des permis que pour l’audition des causes excédaient le montant du salaire que Robinson recevait à titre de trésorier. Il fut un maire compétent et reçut un appui considérable de la part des marchands.

Le 6 mars 1818, Smyth compléta la triade des honneurs conférés à Robinson en le nommant au conseil. Robinson devenait ainsi le troisième membre de sa famille immédiate à occuper le poste le plus élevé qui relevait de la couronne au Nouveau-Brunswick. En qualité de conseiller, il participa sans nul doute aux discussions sur les terres de la couronne qui aboutirent à l’imposition des droits de coupe et, par la suite, au débat constitutionnel sur les revenus imprévus [V. George Stracey Smyth]. Mais son rôle le plus important fut d’être le porte-parole des hommes d’affaires qui préconisèrent la création de la Bank of New Brunswick en 1819. À la première assemblée des actionnaires, le 12 juin 1820, Robinson fut élu au conseil d’administration. Le même jour, les membres du conseil le choisirent comme président du nouvel établissement. À titre de trésorier provincial, Robinson était de loin le plus gros client de la banque, et on peut voir dans son élection le résultat de la convergence des intérêts du gouvernement et de ceux des marchands les plus importants.

Au vrai, peut-être la carrière de Robinson est-elle surtout intéressante par la lumière qu’elle jette sur les rapports entre le gouvernement et le monde des affaires dans le Nouveau-Brunswick loyaliste, et par les questions qu’elle soulève au sujet de l’opinion largement répandue que les ambitions rivales des fonctionnaires et des marchands constituaient le principal moteur de l’activité politique à cette époque. Robinson, en effet, représentait les deux groupes, ainsi que la tradition militaire qui était propre à la société loyaliste.

Robinson était membre de l’Église d’Angleterre et souscrivait à la Society for Promoting Christian Knowledge. Ses sept enfants firent tous de bons mariages ; trois de ses, fils épousèrent les filles de Thomas Millidge* et de Sarah Simonds, fille de James Simonds. Quatre de ses fils, suivant les traces de leur père, se mêlèrent à la vie publique : Beverley devint trésorier du Nouveau-Brunswick ; George Duncan fut élu député de Saint-Jean ; Daniel Ludlow devint barrister, député de la circonscription d’York et greffier de la Cour de la chancellerie ; John Morris, également barrister, fut greffier de la Cour de vice-amirauté et maître à la Cour de la chancellerie.

John Robinson quitta la Conseil du Nouveau-Brunswick en 1826. Il occupa les postes de maire et de trésorier provincial jusqu’à sa mort, qui survint le 8 octobre 1828.

Thomas William Acheson

APNB, MC 1156, 4 : 34.— Winslow papers (Raymond).— New-Brunswick Courier, 1811–1812, 28 janv. 1815, 15 mars 1817, 11 oct. 1828.— Sabine, Biog. sketches of loyalists.— Hannay, Hist. of N.B.— Lawrence, Judges of N.B. (Stockton et Raymond).

Bibliographie générale

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Thomas William Acheson, « ROBINSON, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/robinson_john_6F.html.

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Auteur de l'article:   Thomas William Acheson
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   22 décembre 2014