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ROSS, HUGH, ministre presbytérien, né vers 1797 à Rothiemurchus, paroisse de Kincardine, Écosse ; le 10 octobre 1826, il épousa à la rivière East, comté de Pictou, Nouvelle-Écosse, Flora McKay, et ils eurent sept filles et quatre fils ; décédé le 1er décembre 1858 à Tatamagouche, Nouvelle-Écosse.

Hugh Ross immigra à Halifax avec sa famille en 1813. Après une courte période d’apprentissage chez un commerçant de cette ville, il alla rejoindre sa famille dans le comté de Pictou, où il suivit les cours du révérend James Drummond MacGregor* et enseigna à l’école du dimanche à New Glasgow. En 1824, il fut parmi les six premiers ministres qui obtinrent leur diplôme de la Pictou Academy [V. Thomas McCulloch*] et reçurent du consistoire de Pictou, appartenant à l’Église presbytérienne de la Nouvelle-Écosse, l’autorisation de prêcher.

Du début à la fin de son ministère, Ross eut à subir des conflits malheureux. Au cours d’une tournée qu’il fit à l’île du Cap-Breton avec le révérend Thomas Trotter en juillet 1824, la congrégation de Canso le pressentit pour qu’il devienne son ministre. Mais tandis qu’il se trouvait dans d’autres parties de l’île, Donald Allan Fraser* et John MacLennan, ministres de l’Église d’Écosse, se rendirent à Canso et, au dire de Ross, « sans honte ni délicatesse [...] démentirent le vénérable M. McGregor, calomnièrent [son] Église, firent des remarques désobligeantes sur [le] collège et stigmatisèrent ses professeurs et étudiants ». L’invitation adressée à Ross fut retirée. En 1827, on le retrouve établi à Tatamagouche. En 1830 surgit une nouvelle déception : après la mort de MacGregor, il ne fut pas invité à le remplacer auprès de sa congrégation, fait d’autant plus blessant qu’il avait été choisi pour prononcer l’éloge funèbre.

C’est avec zèle et fermeté que Ross desservit la population disséminée entre New Annan et Tatamagouche. En 1840 cependant, la congrégation de Ross se divisa sur la question du baptême des nouveau-nés. En bref, Ross estimait que les parents qui ne communiaient pas ne pouvaient s’attendre à ce que leurs enfants reçoivent le baptême automatiquement lorsqu’ils étaient présentés à l’autel. Il exigeait l’adhésion à « la Confession de Westminster » et tenait à ce que les fidèles adoptent « le petit et le grand catéchisme pour guider leur foi et régler leur vie ». Les conseillers presbytéraux dissidents, quant à eux, signalaient qu’« un bon nombre [de fidèles] n’avaient jamais vu la Confession et que, de toute façon, ils ne pouvaient pas la lire ».

La tempête aurait pu se calmer si Ross ne s’était pas trouvé mêlé à la controverse qui entoura en 1841 la campagne électorale dans la circonscription de Colchester, dont Thomas Dickson, qui avait l’appui d’Alexander Campbell, sortit vainqueur. Les sentiments étaient si exacerbés que, un an après les élections, Ross fut pendu en effigie. L’agitation et les divisions n’étaient pas rares, surtout parmi les congrégations presbytériennes de la Nouvelle-Écosse, mais la décision que prirent Ross et ses partisans en novembre 1842 de se rallier à l’Église d’Écosse était sans précédent. Que les membres d’une congrégation de l’Église presbytérienne de la Nouvelle-Écosse se joignent à cette Église était à peu près inconcevable.

Presque tout de suite après ces événements, Ross accepta une charge pastorale auprès des fidèles de Georgetown et du havre Murray, à l’Île-du-Prince-Édouard. Ce déplacement améliora sa situation financière et l’éloigna des controverses politico-religieuses de Tatamagouche. Un an après la scission de l’Église d’Écosse, soit en 1844, Ross se joignit au Synod of Nova Scotia Adhering to the Westminster Standards de l’Église libre et en devint le premier modérateur. Il quitta son poste du havre Murray en 1847. Six ans plus tard, il boucla la boucle en retournant à Tatamagouche et, le 26 juillet 1853, il fut de nouveau admis comme ministre de l’Église presbytérienne en Nouvelle-Écosse. Il continua d’exercer son ministère dans divers endroits de la province. En novembre 1855, il se trouvait à Baddeck et, de mars à mai 1856, il desservit l’île du Cap-de-Sable à titre de missionnaire itinérant. Pendant les deux premières semaines de juin 1856, il s’occupa des travailleurs du chemin de fer au lac Grand.

Argumentateur puissant et logique, Hugh Ross pouvait prononcer des sermons clairs et convaincants en gaélique aussi bien qu’en anglais. Homme tranquille et discret, reconnu pour ses talents pratiques, son bon naturel et son grand cœur, il fit des efforts considérables pour s’acquitter de ses charges ecclésiastiques. Quand il était emporté, comme à la suite des élections de 1841, il se laissait cependant aller à des écarts de langage. Selon un ancien conseiller presbytéral, Ross avait été chassé de Tatamagouche parce qu’« il réprouvait le péché avec trop de conviction et défendait la vérité avec trop de zèle ». Pourtant, Ross fut en grande partie victime non seulement de sa propre naïveté mais aussi, sans aucun doute, des factions politiques et religieuses qui existaient parmi les presbytériens. Une lettre qu’il adressa en 1842 à l’Observer de Pictou montre que ni l’adversité ni la critique ne le faisaient plier : « Je n’ai jamais vendu ma conscience ; je n’ai jamais transigé avec mes principes ; je n’ai jamais tourné à tout vent, que ce soit pour respirer l’encens de la faveur populaire ou pour m’approprier injustement des biens terrestres. »

Allan C. Dunlop

MCA, A. B. Dickie papers, History of Presbyterian congregations.— PANS, MG 1, 553, no 131.— An address to the members of the Presbyterian Church of Novascotia, on the impropriety and inconsistency of the conduct of parents, who solicit and claim baptism for their children, while they habitually neglect the observance of the Lords Supper (Pictou, N.-É., 1847).— Christian Instructor, and Missionary Reg. of the Presbyterian Church of Nova Scotia (Pictou), 4 (1859) : 30–32.— Guardian (Halifax), 1841–1842, 14 juin 1844.— Mechanic and Farmer (Pictou), 17 févr. 1841.— Observer (Pictou), 1841–1842, particulièrement 22 mars 1842.— Alexander Maclean, The story of the kirk in Nova Scotia (Pictou, 1911).— L. C. C. Stanley, The well-watered garden : history of Presbyterians in Cape Breton, 1798–1860 (Sydney, N.-É., 1983), 46–47.

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Allan C. Dunlop, « ROSS, HUGH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ross_hugh_8F.html.

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Auteur de l'article:   Allan C. Dunlop
Titre de l'article:   ROSS, HUGH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   30 octobre 2014