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RUNDLE, ROBERT TERRILL, missionnaire méthodiste wesleyen, aumônier de la Hudson’s Bay Company et enseignant, né le 11 juin 1811 à Mylor, Angleterre, troisième fils de Robert Rundle et de Grace Carvosso ; en septembre 1854, il épousa à Coseley, Angleterre, Mary Wolverson, et ils eurent neuf enfants ; décédé le 4 février 1896 à Garstang, Angleterre.

Sous l’influence de son grand-père William Carvosso, prédicateur méthodiste laïque, et de son oncle, le révérend Benjamin Carvosso, Robert Terrill Rundle était déjà actif dans l’Église méthodiste wesleyenne quand il entra à l’école commerciale à Botreaux Castle, sur la côte ouest de Cornouailles, en 1837. Deux ans plus tard, on l’appela au ministère et, après seulement deux mois de formation, on lui offrit un poste de missionnaire dans le district de Saskatchewan de la Hudson’s Bay Company.

Rundle était l’un des quatre méthodistes invités par la compagnie à établir des missions sur ses territoires. George Simpson*, le gouverneur de la Hudson’s Bay Company, avait acquis la certitude que les membres du clergé anglican et catholique de Rupert’s Land échappaient à l’autorité de la compagnie. Il essaya donc de limiter leur activité à la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba) et affecta les missionnaires méthodistes, plus dociles, à des points stratégiques à l’intérieur du territoire. L’ami de Simpson, Robert Alder*, secrétaire britannique de la Wesleyan Methodist Missionary Society et responsable pour l’Amérique du Nord britannique, avait garanti que les méthodistes ne s’immisceraient pas dans les affaires de la compagnie. Ordonné le 8 mars 1840, Rundle partit pour l’Amérique du Nord huit jours plus tard avec deux autres missionnaires, George Barnley, affecté à Moose Factory (Ontario), et William Mason [V. Sophia Thomas* (Mason)], en route pour le lac à la Pluie (lac Rainy). Une fois arrivés à New York, ils remontèrent la rivière Hudson jusqu’à Montréal, et de là ils se rendirent en canot à Norway House (Manitoba) ; en août, le surintendant de la mission méthodiste dans les territoires de la compagnie, James Evans*, les y rejoignit.

Après un séjour de plusieurs mois à Norway House, Rundle arriva au fort Edmonton (Edmonton), au centre de la région de la Saskatchewan, le 18 octobre. Il se hâta d’établir un itinéraire rigoureux qu’il respecta pendant une grande partie des sept années qui suivirent. Il passait habituellement les mois d’hiver au fort Edmonton, au poste du Petit lac des Esclaves et au fort Assiniboine (Fort Assiniboine, Alberta) ; au printemps, à l’été et à l’automne, il effectuait des visites régulières au sud, à Rocky Mountain House (Alberta), aux lacs Pigeon, Battle et Gull ; à l’occasion, il déviait de son itinéraire et se rendait jusqu’aux forts Carlton et Pitt (Fort Pitt, Saskatchewan). Il se rendit aussi dans la région des Pieds-Noirs, aux sources de la colline Big (près de Cochrane, Alberta) en 1841, et à la rivière Highwood en 1847. Il n’alla dans les Rocheuses qu’en 1844 et 1847, d’abord dans la région de la montagne qui porte aujourd’hui son nom, puis au lac Minnewanka.

Pendant ses premières années de mission, Rundle était habituellement accompagné d’un guide dans ses déplacements, ou il voyageait en compagnie de fonctionnaires de la Hudson’s Bay Company, comme John Edward Harriott* ou John Rowand*. Devenus plus à l’aise avec la langue crie, lui et son interprète sang-mêlé, William Rowland, voyagèrent seuls avec des amis indiens, dont Benjamin, fils de Maskepetoon*. Dans le froid mordant des hivers des Prairies, il se déplaçait, comme l’indique son journal, en « carriole tirée par des chiens [...] chaudement habillé, chapeau en peau de phoque noué sous le menton, mocassins, paire de bas en laine d’agneau, chemise de flanelle, chemise et long caleçon de laine, épais pantalon doublé, jambières et guêtres de soie noire, manteau, gilet, pardessus de pilote et châle noué autour du cou [...] peau de bison et deux couvertures ». En été, il se déplaçait à cheval et ne montait que rarement à bord d’un canot ou des bateaux peu sûrs et inconfortables qu’utilisaient les trafiquants de fourrures. En 1846, il voyagea à cheval en compagnie de Paul Kane*, de Rowand et... de son chat.

Il semble que Rundle ait fait sien le dicton des méthodistes : « Le christianisme d’abord, la civilisation ensuite », car il faisait passer l’assemblée en plein air avant l’établissement de postes de mission et même avant ses fonctions d’aumônier de la Hudson’s Bay Company. Cette dernière, cependant, faisait des pressions afin que les missionnaires ouvrent une école pour les Indiens et que l’on établisse un poste agricole près du fort Edmonton. Rundle entreprit l’éducation des filles de Rowand au fort, mais il ne fonda jamais l’école projetée. Il envisagea plusieurs endroits pour la réalisation de ce projet, dont le lac Battle, le lac Pigeon, ainsi qu’un autre plus au sud près de la rivière Bow ; en 1846, il demanda officiellement l’appui de la Wesleyan Methodist Missionary Society et de la Hudson’s Bay Company pour la construction de l’école. Vers la fin de 1847, c’est finalement le lac Pigeon qui l’emporta, mais ce fut Benjamin Sinclair, catéchiste de Norway House converti par Rundle, qui entreprit les travaux.

Rundle avait en général de bonnes relations avec ses fidèles. Les fonctionnaires de la Hudson’s Bay Company, comme l’agent principal Rowand, le trouvaient aimable, quoiqu’un peu inexpérimenté et indiscret, et ils considéraient qu’il passait trop de temps à commérer avec les jeunes commis et les sang-mêlé. Pour d’autres, comme John Harriott, qui organisait habituellement les grandes assemblées en plein air avec les Indiens à Rocky Mountain House, Rundle était le meilleur des amis. Des instructions fermes du gouverneur Simpson pour qu’on traite Rundle avec égard et le fait qu’il n’était pas marié ont sans doute favorisé son intégration à la bonne société des trafiquants de fourrures. Il connut cependant au départ certaines difficultés avec ses guides et interprètes sang-mêlé. Jimmy Jock [James Bird] causa de l’embarras à Rundle au printemps de 1841 quand, après avoir convoqué un rassemblement de Pieds-Noirs pour le missionnaire, il refusa de traduire ses propos. Un autre interprète, John Cunningham, lui fit faux bond plus d’une fois. De novembre 1841 jusqu’à la fin de son affectation à la mission, Rundle put cependant compter sur les loyaux services de William Rowland à titre de traducteur et, à partir de 1844, Benjamin Sinclair se joignit à l’équipe de façon permanente.

C’est dans la région de Rocky Mountain House et du lac Gull, où il se lia d’amitié avec des sang-mêlé, des Cris et des Assiniboines, que Rundle passa les mois les plus réconfortants des huit ans de son affectation à la mission. En 1841, il avait commençé à exercer une influence sur les sang-mêlé du Petit lac des Esclaves et des forts Assiniboine et Edmonton mais, comme la majorité étaient des Métis de souche canadienne-française, le père Jean-Baptiste Thibault* les convertit sans peine du méthodisme au catholicisme au cours des visites qu’il effectua en 1842.

En juillet 1847, Robert Terrill Rundle se blessa gravement à un bras en tombant de cheval. Sa blessure ne guérit pas bien et à l’automne de 1848, sans attendre la permission de la Wesleyan Methodist Missionary Society ou de la Hudson’s Bay Company, il partit se faire soigner en Angleterre. Il y desservit diverses circonscriptions ecclésiastiques jusqu’à sa retraite en 1887, mais ne retourna jamais dans le nord-ouest du Canada.

Frits Pannekoek

Les journaux de Robert Terrill Rundle ont été publiés sous le titre de The Rundle journals, 1840–1848, introd. de G. M. Hutchinson, H. A. Dempsey, édit. (Calgary, 1977).

Glenbow Arch., M1080–M1083.— UWOL, Regional Coll., James Evans papers.— Paul Kane, Wanderings of an artist among the Indians of North America from Canada to Vancouver’s Island and Oregon through the Hudson’s Bay Company’s territory and back again (Londres, 1859).— Wesleyan-Methodist Magazine (Londres), 63 (1840)–79 (1856).— W. H. Brooks, « Methodism in the Canadian west in the nineteenth century » (thèse de ph.d., Univ. of Manitoba, Winnipeg, 1972).— Michael Owen, « Wesleyan Methodist missionaries in Rupert’s Land, 1840–1854 : educational activities among the native population » (thèse de m.ed., Univ. of Alberta, Edmonton, 1979).— Frits Pannekoek, « Protestant agricultural missions in the Canadian west to 1870 » (thèse de m.a., Univ. of Alberta, 1970).— M. B. Patterson, Messenger of the great spirit : Robert Terrill Rundle (New York, 1947).— J. H. Riddell, Methodism in the middle west (Toronto, 1946).— Frits Pannekoek, « Protestant agricultural Zions for the western Indian », Canadian Church Hist. Soc., Journal (Toronto), 14 (1972) : 55–66.

Bibliographie générale

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Frits Pannekoek, « RUNDLE, ROBERT TERRILL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/rundle_robert_terrill_12F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   24 avril 2014