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SELLAR, THOMAS, journaliste, né le 20 août 1828, à Elgin, Écosse, quatrième des dix enfants d’Alexander Sellar, notaire, et d’Isabella Grant, décédé le 27 octobre 1867 à Montréal.

Thomas Sellar fit ses études en Écosse. Émigré au Canada en juillet 1853, il trouva du travail au Globe de Toronto. Il y dirigea le bureau de la comptabilité et devint pour le reste de sa vie le confident de George Brown*. De religion protestante et défenseur inébranlable du principe de la séparation de l’Église et de l’État et du soutien de l’Église par contributions volontaires des membres, il écrivit des articles sur des sujets politico-religieux et fut promu au poste de secrétaire de la rédaction. L’aide de Brown lui permit de se porter acquéreur du Weekly Times de Brampton, dans le comté de Peel, Haut-Canada. Il dédia son premier numéro, paru le 6 mars 1857, au programme des grits, mais le journal périclita avant la fin de l’année et il le vendit à George Tye. En janvier 1858, Sellar acheta en copropriété l’Echo and Protestant Episcopal Recorder, porte-parole antiromaniste de la branche évangélique de l’Église d’Angleterre au Canada. Auteur politique essentiellement, il laissait aux membres éminents du clergé anglican, grâce auxquels le journal recevait périodiquement des subventions, le soin d’établir la politique éditoriale sur les questions se rapportant à l’Église. En 1860, l’Echo lui appartenait en toute propriété et, en 1861, il quitta Toronto et transféra le bureau du journal aux locaux du Montreal Herald.

Sellar continua de collaborer au Globe en qualité de correspondant à Montréal, ce qui lui permit de rembourser dès 1866 une dette de $1 000 qu’il avait contractée envers George Brown. Harcelé par ses créanciers, il s’efforça d’accroître ses maigres revenus en rédigeant des articles sur l’actualité canadienne pour les journaux britanniques. En 1863, il persuada son frère cadet, Robert*, de fonder le Canadian Gleaner destiné aux partisans de Brown dans le comté de Huntingdon, Bas-Canada. Thomas devait écrire les éditoriaux politiques moyennant une participation aux bénéfices, mais le Gleaner ne fit pas ses frais et Thomas limita sa collaboration à une rubrique sur l’actualité montréalaise. Toutefois, les réformistes le récompensèrent des services qu’il leur avait rendus en le nommant, en octobre 1863, à un poste dans la fonction publique, qu’il accepta volontiers et qui consistait à délivrer les permis de mariage.

Malgré ses difficultés pécuniaires, Sellar prit une part active à la vie littéraire et mondaine de la ville. En 1865, il était président de la Mercantile Literary Society, secrétaire de l’Association de la bibliothèque de commerce de Montréal et vice-président de la Société calédonienne de Montréal ; en 1866 il fut admis à la Victoria Masonic Lodge. Il semble aussi avoir joui de l’estime de ses collègues. Membre fondateur de la Canadian Press Association en 1859, il remplit les fonctions de secrétaire-trésorier jusqu’en 1864, de vice-président jusqu’en 1866 et de président, du mois d’août 1866 au mois d’août 1867. En politique, il ne s’écarta jamais des principes grit de la représentation basée sur la population et de la séparation totale de l’Église et de l’État ; il s’opposait à la Confédération, la considérant comme néfaste aux intérêts de la minorité britannique et protestante du Bas-Canada. Son journal intime nous révèle un homme pieux, de moralité typiquement victorienne, implorant continuellement l’aide de Dieu dans la lutte qu’il menait sans grand succès pour se corriger de « graves défauts » tels que sa malheureuse propension aux boissons alcooliques. Il tomba amoureux à plusieurs reprises et, finalement, il épousa, à Jarvis, Haut-Canada, le 6 juillet 1866, Louisa Nichols (orthographié aussi Nicolls dans son journal), après sept ans de fiançailles. Au cours du même été, il contracta une fluxion de poitrine, mais il voulut néanmoins assister au congrès annuel de la Canadian Press Association à Goderich, Haut-Canada, et au synode diocésain de l’Église d’Angleterre à Kingston. Il mourut peu après son retour à Montréal, à l’âge de 39 ans. La publication de l’Echo, dont le tirage « très insatisfaisant » n’atteignait que 1 200 exemplaires répartis dans toute la province du Canada en 1866, fut discontinuée après sa mort.

Robert Andrew Hill

APC, MG 29, C86.— Archives privées, Keith Howden (Huntingdon, Québec), diary of Robert Sellar, 1858–1878.— Canadian Gleaner (Huntingdon, Québec), 1863–1867.— Echo and Protestant Episcopal Recorder (Toronto et Montréal), 1858–1867.— Gazette (Montréal), 28 oct. 1867.Globe, 1861–1867.— Early Toronto newspapers (Firth).— Morgan, Bibliotheca Canadensis.A history of Canadian journalism [...] (2 vol., Toronto, 1908–1959), I.— R. A. Hill, Robert Sellar and the Huntingdon Gleaner : the conscience of rural Protestant Quebec, 1863–1919 (thèse de {{ph.d}}., McGill University, Montréal, 1970).

Bibliographie générale

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Robert Andrew Hill, « SELLAR, THOMAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sellar_thomas_9F.html.

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Auteur de l'article:   Robert Andrew Hill
Titre de l'article:   SELLAR, THOMAS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   18 avril 2014