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TAYLOR, JAMES, homme d’affaires, homme politique, fonctionnaire, officier de milice et juge de paix, né vers 1794 à Fredericton, second fils de James Taylor et d’une prénommée Jane ; le 26 août 1829, il épousa Nancy Hatfield, veuve de William Fortune, capitaine au long cours, et ils eurent une fille et deux fils ; décédé le 4 février 1856 dans sa ville natale.

En 1783, James Taylor père fut parmi les premiers loyalistes à s’installer à St Anne’s Point (Fredericton), où il créa « une des plus importantes et des plus respectables entreprises » de la colonie. D’abord marchand, il s’engagea plus tard dans le commerce du bois, la construction de navires et la construction de bâtiments. En août 1821, il passa un contrat de société en bonne et due forme avec ses trois fils, James, William* et John F. ; à partir de ce moment-là, l’entreprise porta le nom de James Taylor Senior and Company. Comme elle avait exécuté la plupart des travaux de construction majeurs à Fredericton, cette firme fut choisie, en juillet 1826, pour construire ce qui devait être le King’s College. Après la mort de leur frère, en mars 1834, et celle de leur père, en décembre de la même année, James et John restèrent associés jusqu’en janvier 1838.

James Taylor fut aussi membre du conseil d’administration de la Nashwaak Mill and Manufacturing Company, fondée dans le climat grisant du boom de 1836. Quand le directeur de cette entreprise s’enfuit aux États-Unis en 1840, après avoir laissé la compagnie faire faillite, la Robert Rankin and Company, qui avait été responsable de l’approvisionnement de l’entreprise et de la vente de son bois, prit la suite des affaires. Au début des années 1840, la compagnie produisait de sept à huit millions de pied-planches par année. En octobre 1835, James et John Taylor avaient vendu deux emplacements de moulins et quelques terres en bordure de la rivière Tobique à Ephraim H. Lombard de Saint-Jean. Financé par des capitaux américains, Lombard mit alors sur pied la Tobique Mill Company. Il loua à bail de la couronne quelque 100 000 acres de terre et projeta de construire plusieurs scieries. Le 9 janvier 1838, James devint président des opérations de scierie. Malheureusement, en 1840, une seule scierie était en marche et cette compagnie fit faillite elle aussi, mais Taylor ne se retira pas des affaires. Un des fondateurs de la Central Bank of New Brunswick en 1834, il avait siégé à son conseil d’administration l’année suivante ; il était aussi administrateur de la succursale de Fredericton de la Banque de l’Amérique septentrionale britannique, créée en 1838. En 1836, il avait été un des fondateurs de la Fredericton Hotel and Stage Coach Company. Huit ans plus tard, il était un des associés fondateurs de la première fonderie de laiton et de fonte de Fredericton. L’entreprise souffrit de ‘la récession des années 1840 et, en 1847, Taylor vendit sa part à George Todd, qui en devint l’unique propriétaire. Taylor se fit un des premiers défenseurs de la réciprocité avec les États-Unis en 1848, thèse qu’il soutint avec ferveur à la suite de l’abrogation en Grande-Bretagne des lois sur la navigation. Quel qu’ait été le climat économique, Taylor réussit à se maintenir dans les affaires, et jusqu’à sa mort, il demeura un des marchands les plus respectés de Fredericton.

En 1830, Taylor s’était porté candidat dans la circonscription d’York aux élections générales, mais il avait été battu. Après avoir contesté les résultats de l’élection partielle tenue dans la même circonscription en septembre 1832, il fut déclaré gagnant et entra à la chambre d’Assemblée le 11 mars 1833. Il devait conserver ce siège jusqu’à la fin de ses jours ; lors des scrutins, c’est souvent lui qui remporta le plus grand nombre de voix dans la circonscription. Taylor avait des parents en politique : son frère William représentait York depuis 1822, et le mari de la sœur de sa femme, Charles Fisher*, le rejoindrait à la chambre en 1838. Parlementaire assidu, Taylor travailla à promouvoir les intérêts de la circonscription d’York. Il présenta d’innombrables pétitions et fit partie du puissant comité permanent des comptes publics et particuliers. Sa carrière à l’Assemblée coïncida avec ces années au cours desquelles le pouvoir des députés atteignit son apogée ; comme simples députés, ils présentaient et adoptaient des projets de lois de finances dans l’intérêt de leur circonscription sans que le lieutenant-gouverneur ou l’exécutif n’interviennent de façon efficace. Taylor savait utiliser à ses fins ce système d’échange de faveurs mutuelles. Des réformistes tels que George Edward Fenety*, qui considéraient le droit exclusif de l’exécutif de présenter des projets de lois de finances comme un principe essentiel du gouvernement responsable, jugeaient que ce système d’échange de faveurs mutuelles conduisait au gaspillage ; Fenety qualifia Taylor d’« antiréformiste ». Durant les années 1830, Taylor vota régulièrement avec l’opposition, contre le gouvernement du lieutenant-gouverneur sir Archibald Campbell*, mais après 1837, il appuya le successeur de Campbell, sir John Harvey. En fait, on prétendit que, en tant qu’entrepreneur des importants travaux de rénovation de la résidence du lieutenant-gouverneur effectués entre 1837 et 1840, Taylor donna à Harvey £1 000 par année « sous la rubrique des réparations ». Même si cette allégation ne fut jamais prouvée, il est clair que Taylor tira profit de la fréquentation de Harvey. Ses rapports avec les successeurs de Harvey furent moins étroits et, durant les années 1840 et la décennie qui suivit, sa manière de voter ne révéla aucune ligne de conduite, à part le fait qu’on le trouvait habituellement du côté de ceux qui détenaient la majorité à la chambre d’Assemblée.

À cause de sa position d’homme politique, de fonctionnaire et de marchand prospère, Taylor joua naturellement un rôle de chef de file dans la communauté. Probablement en 1839, il servit à titre d’officier payeur et de capitaine de la milice du comté d’York. En 1840, il devint juge de paix du comté d’York, avec l’autorité considérable que cela comportait dans l’ancien régime de gouvernement de comté. La même année, il fut un des commissaires chargés de l’entretien et de la gestion de la résidence du lieutenant-gouverneur. En 1853, John G. Lorimer, éditeur du journal Provincial Patriot and St. Stephen Banner, écrirait que Taylor jouissait des bonnes grâces du lieutenant-gouverneur sir Edmund Walker Head* et de sa femme, et qu’il satisfaisait tous leurs caprices en ce qui regardait l’aménagement intérieur de la résidence du lieutenant-gouverneur. En 1848, Taylor fut nommé membre du comité des édifices publics et, deux ans plus tard, il fut fait contrôleur des douanes. Membre fervent de la St Andrew’s Society de Fredericton, il fut aussi un pilier de l’Église d’Écosse : il agissait régulièrement comme prédicateur laïque. À Fredericton, il fréquenta l’église St Paul, qui avait été érigée sur un terrain donné par son père ; avant que ne soit construite cette église, il avait été membre de l’Église congrégationaliste de Sheffield. Comme il ne partageait guère les prétentions des députés anglicans de l’Assemblée, il se fit souvent le porte-parole des congrégations non conformistes de la capitale.

James Taylor était apparemment un homme tout petit, qui ne pesait peut-être que 112 livres. Ses traits étaient « très anguleux et [son] visage très maigre, [ses] yeux plutôt petits, mais rayonnants de bonté ; [il avait] les cheveux bruns et clairsemés – le front haut et exceptionnellement large ». « Nous avons l’impression que toute la tête est une « bosse de générosité », fit remarquer Lorimer, qui faisait allusion aussi bien à la nature charitable de Taylor qu’à sa largesse dans l’utilisation des deniers publics, situation que déplorait l’éditeur. Taylor mourut en février 1856 et la notice nécrologique publiée dans le New-Brunswick Courier confirma sa générosité. Selon ce journal, il était resté un personnage local extrêmement populaire, bien connu « pour ses nombreux gestes gratuits de bienveillance, et [la] générosité [qu’il manifestait] en général envers les pauvres ».

Phillip Buckner et D. Murray Young

APNB, MC 69 ; RG 2, RS8, Central Bank, 1836–1859 ; RG 4, RS24, Central Bank, 1836–1859 ; RG 7, RS75, 1835, James Taylor (père) ; RG 10, RS108, James Taylor (père), 30 nov. 1825 ; James Taylor (fils), 15 avril 1841.— PRO, CO188/105 : 401–404.— St Paul’s United Church (Fredericton), Records of St Paul’s Presbyterian Church (mfm aux APNB).— N.-B., House of Assembly, Journal, 1833–1856.— Head Quarters (Fredericton), 31 juill. 1844, 6 févr. 1856.— New-Brunswick Courier, 29 sept. 1832, 6 août 1847, 9 févr. 1856.— New Brunswick Reporter and Fredericton Advertiser, 8 févr. 1856.— Provincial Patriot and St. Stephen Banner (St. Stephen, N.-B.), 5 août 1853.— Royal Gazette (Fredericton), 21 déc. 1836, 23 mai 1838, 2 oct. 1839, 13 févr. 1856.— G. E. Fenety, Political notes and observations : or, a glance at the leading measures that have been introduced and discussed in the House of Assembly of New Brunswick [...] (Fredericton, 1867).— I. L. Hill, The Old Burying Ground, Fredericton, N.B. (2 vol., Fredericton, 1981), 2 : 218–226.— MacNutt, New Brunswick.

Bibliographie générale

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Phillip Buckner et D. Murray Young, « TAYLOR, JAMES (mort en 1856) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/taylor_james_1856_8F.html.

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Auteur de l'article:   Phillip Buckner et D. Murray Young
Titre de l'article:   TAYLOR, JAMES (mort en 1856)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   19 décembre 2014