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TAYLOUR, JOSEPH, commodore du convoi de Terre-Neuve en 1709, né vers 1662, décédé en 1734.

Entré au service de la marine marchande à l’âge de dix ans, Taylour s’engagea le 26 mars 1690 dans la marine royale (Royal Navy). Nommé en 1703 capitaine du Charles, frégate armée de 32 canons, il fit preuve très tôt, en capturant de nombreux navires étrangers, d’une audace et d’une adresse qui allaient le rendre célèbre dans les annales de la marine. Au cours de 1708, Taylour rendit de précieux services à son pays en Espagne. L’année suivante, il était nommé commodore du convoi de Terre-Neuve.

En lui conférant le titre de commandant en chef, on lui avait remis, comme à ses prédécesseurs, des instructions, ou Heads of Enquiry datées du 9 juin 1709. Mais Taylour ne s’occupa pas beaucoup de ces demandes de renseignements car, dès son arrivée à Terre-Neuve, le 16 août 1709, il eut à affronter une situation très grave. Toutes les fortifications et la ville même avaient été détruites au cours de l’attaque menée par Joseph de Saint-Ovide de Brouillan [Monbeton*] durant l’hiver de 1708–1709. Tout avait été brûlé ou détruit, sauf ce que les habitants avaient pu racheter en payant une rançon. Thomas Lloyd, le commandant de la garnison, avait été fait prisonnier et amené à Plaisance (Placentia). Les colons étaient découragés mais Taylour réussit, après plusieurs entrevues, à les convaincre de ne pas abandonner la colonie. Il s’occupa ensuite de faire réparer les fortifications par les équipages du Litchfield et du Rye. Comme la saison était déjà avancée et qu’il était presque impossible de trouver des matériaux, il se servit des approvisionnements de la marine pour mener les travaux, ce qui n’avait pas coûté bien cher à Sa Majesté, disait-il.

Le nouveau fort William, dont les murs encerclaient quatre rues bordées de maisons, formait un carré de 180 pieds de côté. On construisit même des conduits par où, en cas d’attaque, l’on pourrait jeter les obus ennemis dans les fossés où ils éclateraient sans causer de dommage. « De l’avis de tous ceux qui connaissaient le fort avant sa destruction par l’ennemi, il est maintenant beaucoup plus facile à défendre », écrivit Taylour. Le capitaine John Moody, qui vit le fort l’année suivante, rendit hommage à l’ingéniosité du commodore Taylour. Sans doute le nouveau fort avait-il surtout une valeur psychologique : les colons pouvaient maintenant construire leurs habitations en un endroit qui leur donnait au moins l’illusion de la sécurité, et le fait de voir le fort Saint-Jean si vite reconstruit devait être bien déprimant pour les Français.

Se fiant aux recommandations des habitants, Taylour nomma John Collins gouverneur de Terre-Neuve et, avant son départ, recommanda que l’on surveille tous ceux qui ne respecteraient pas l’autorité du nouveau gouverneur. Il retourna ensuite, pour toute la durée de la guerre de Succession d’Espagne, à ses fonctions de capitaine de la marine.

Joseph Taylour mourut le 23 mai 1734. Son fils, Thomas, ne connut pas les mêmes succès que son père au service de la marine, malgré les recommandations que celui-ci avait faites pour lui. Pour ses contemporains comme pour les historiens de la marine, Taylour était célèbre pour avoir remporté des succès extraordinaires dans la « petite guerre », ainsi qu’on appelait alors le combat mené par un seul navire, mais pour les Canadiens il est demeuré l’homme qui a reconstruit Saint-Jean de Terre-Neuve après sa destruction par les Français.

Carson I. A. Ritchie

G.B., Admiralty, List of sea officers, 1660–1815.— PRO, C.O. 194/4, 195/5 ; B.T.Journal, 1708/ 09–1714/ 15 ; CSP, Col., 1708–09, 1710–11.— Prowse, History of Nfld.

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Carson I. A. Ritchie, « TAYLOUR, JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/taylour_joseph_2F.html.

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Auteur de l'article:   Carson I. A. Ritchie
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   2 août 2014