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THOMPSON, HANNAH MAYNARD (Pickard), romancière, née le 25 novembre 1812 à Chester, Vermont, cadette des quatre enfants d’Ebenezer Thompson et de Hannah Maynard ; le 2 octobre 1841, elle épousa à Boston le révérend Humphrey Pickard*, et ils eurent deux fils qui moururent en bas âge ; décédée le 11 mars 1844 à Sackville, Nouveau-Brunswick.

Hannah Maynard Thompson avait environ trois ans lorsque ses parents quittèrent Chester pour aller s’installer à Concord, dans le Massachusetts, où elle habita pendant dix années. Elle y grandit dans la foi méthodiste, dont ses parents étaient de fervents adeptes. Dès son jeune âge, elle se fit remarquer par son talent de conteuse et par l’intérêt qu’elle manifestait pour « les livres, l’observation, la conversation et la réflexion ».

Au début du printemps de 1826, les parents de Hannah s’établirent à Wilbraham, au Massachusetts, pour y prendre en charge la résidence des étudiants de la Wesleyan Academy ; elle avait alors 13 ans. L’adolescente étudia dans cet établissement et y entreprit en outre des cours sur le méthodisme. Deux ans plus tard, ses parents se fixèrent à Boston où elle les rejoignit en 1829. À l’exception d’un séjour à Wilbraham, elle demeura dans la capitale jusqu’à son mariage, en 1841.

À Boston, où elle enseigna quelque temps, Hannah Thompson vit s’épanouir son goût pour l’écriture. Elle composa des vers, des saynètes (genre fort apprécié à l’époque) et des morceaux en prose. Certaines saynètes de Memoir and writings of Mrs. Hannah Maynard Pickard attestent sa grande ferveur religieuse et son amour grandissant pour la nature. Voici quelques-uns de ses titres : The little remembrancer, Farewell of the closing year, Beauty of contentment, « Looking unto Jesus » et The spider. Parmi ses morceaux en prose, tous d’environ une page, on retrouve : Evening, Man alone ungrateful, The storm-bird’s flight et Prayer. C’est aussi à Boston qu’elle écrivit et publia ses plus importants ouvrages en prose, Procrastination ; or, Maria Louisa Winslow (1840) et The widow’s jewels ; in two stories (1844), qui portaient pour toute signature la mention « By a lady ».

      Procrastination est un récit édifiant de 115 pages sur la certitude de l’incertitude de la vie et sur « le danger de remettre à plus tard les devoirs supérieurs ». Maria, jeune fille de 17 ans « éduquée selon la mode » et entichée de la vie mondaine hivernale à Boston, est incapable de tirer profit de l’expérience religieuse des autres. À cause de sa prédilection pour les toilettes neuves, les bals et les soirées mondaines, elle omet de réconforter une amie souffrante, Elizabeth. Soudainement malade à son tour, elle meurt, toujours victime de cette incapacité de « reconnaître les dangers de ce mal très funeste pour l’âme : la procrastination ». Cette histoire, affirme l’auteure, est authentique ; seuls les noms et les dates ont été changés. The widow’s jewels, paru après sa mort, s’adressait aux « petits lecteurs ». Par deux histoires, Robert McCoy et Dennis Brooks, l’auteure tente de faire comprendre aux lecteurs débutants qu’« il y a des joyaux de plus grand prix », en l’occurrence les enfants de Dieu.

En 1838, Hannah Thompson se vit offrir le poste de précepteur de l’académie de Wilbraham. Après quelques hésitations, elle accepta. Son biographe affirme à ce propos : « Son succès fut très remarquable et gratifiant et bien supérieur à ce que sa modestie lui avait jamais permis d’espérer. » Elle avait là responsabilité de superviser et d’instruire plus de 100 jeunes femmes « de tous caractères et comportements ». C’est à Wilbraham qu’elle rencontra son futur mari, Humphrey Pickard, alors étudiant à la Wesleyan University de Middletown, dans le Connecticut. Après le retour du jeune homme au Nouveau-Brunswick, Hannah entretint une correspondance avec lui.

La mère de Hannah Thompson mourut le 18 mars 1841. Cette perte l’affecta profondément, comme en témoignent son journal et les lettres adressées à Pickard, et imprima à sa vie une nouvelle dimension. À la fin de la session du printemps de 1841, elle abandonna son poste à la Wesleyan Academy et retourna à Boston où elle tint maison pour son père. Mais elle était tellement utile à la bonne marche de l’académie que le directeur vint la voir à Boston pour la supplier de revenir et de retarder son prochain mariage avec Humphrey Pickard. Elle refusa et se maria à l’église Bromfield Street à Boston, le 2 octobre 1841. Peu après, le couple se fixa à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Hannah donna naissance à son premier fils, Edward Dwight, le 7 septembre 1842 à Chelsea, au Massachusetts, pendant une visite chez des parents. Elle revint à Saint-Jean avec le bébé le 29 octobre. Pickard fut bientôt nommé directeur de la Wesleyan Academy, nouvellement construite à Sackville [V. Charles Frederick Allison*]. En janvier 1843, les Pickard s’installèrent à Sackville. À compter de cette date, Hannah partagea son temps entre son nouvel état de vie et les tâches inhérentes à la fondation d’un établissement d’éducation. Non seulement elle seconda son mari dans ses fonctions d’administrateur et de prédicateur méthodiste, mais elle s’occupa en outre de l’hébergement des étudiants.

En 1844, les Pickard attendaient leur second enfant. Ce fut un fils, Charles Frederick Allison, qui naquit le 19 février mais ne vécut qu’une semaine. Moins d’un mois plus tard, le 11 mars, Hannah Maynard Thompson mourut elle aussi ; elle avait 31 ans. Le révérend Samuel Dwight Rice*, représentant de l’académie, écrivit alors : « Son âme sanctifiée a trouvé le repos. » Ce témoignage traduit la douleur ressentie par toute la communauté méthodiste, dont elle était un membre dévoué et bien-aimé. Son fils aîné ne lui survécut que deux ans.

Douglas Lochhead

Un jugement sur Hannah Maynard Thompson porté par son beau-frère, Edward Otheman, a été publié à Boston en 1845 sous le titre de Memoir and writings of Mrs. Hannah Maynard Pickard ; late wife of Rev. Humphrey Pickard, A.M., principal of the Wesleyan academy at Mount Allison, Sackville, N.B. Cet ouvrage contient aussi de nombreuses lettres écrites par Hannah, Humphrey Pickard et d’autres, ainsi que des poèmes, des notices biographiques et des passages tirés des écrits de Hannah.

      Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 1 : 140142.N.B. vital statistics, 184245 (Johnson).— Watters, Checklist of Canadian literature (1972).

Bibliographie générale

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Douglas Lochhead, « THOMPSON, HANNAH MAYNARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/thompson_hannah_maynard_7F.html.

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Auteur de l'article:   Douglas Lochhead
Titre de l'article:   THOMPSON, HANNAH MAYNARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   20 octobre 2014