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THURSTON, DAVID, marchand de bois de construction et consul, né en 1818 ou 1819 au Massachusetts ; il se maria et eut au moins trois enfants ; décédé en ou après 1889, à Toronto.

David Thurston immigra à Montréal dans les années 1850. Même s’il n’y séjourna que peu de temps, il y fonda la New England Society, qui visait à favoriser des relations harmonieuses entre le Canada et les États-Unis. Cet objectif de concorde deviendra plus important dans les années suivantes, lorsque Thurston cherchera à régler le désaccord international des années 1860. Après son bref séjour à Montréal, Thurston déménagea à Toronto, où il s’établit comme marchand de bois de construction. Ses succès durent être limités, cependant, puisqu’il trouva bon de s’assurer des revenus supplémentaires. Il travailla pour Erastus Wiman*, qui exploitait des kiosques à journaux, et en 1859 il demanda en vain le poste d’estimateur municipal.

En 1861, Thurston obtint de jouer un nouveau rôle, de peu d’importance, à Toronto. Au cours des années 1860, en effet, le département d’État des États-Unis commença de donner une expansion considérable à ses services consulaires en Amérique du Nord britannique. Un bureau consulaire fut ouvert à Toronto en 1861, et Thurston, encore citoyen américain, fut nommé agent consulaire. Ce poste, inférieur dans la hiérarchie à celui de consul ou de consul général, n’exigeait que peu de travail, mais Thurston se révéla habile à remplir ses tâches et, en particulier, à susciter l’attention et l’approbation des gens importants de la collectivité.

À l’époque où Thurston commença d’assumer ses fonctions en qualité de fonctionnaire américain, les relations entre les provinces et les États-Unis étaient marquées de nombreuses frictions. Quand éclata la guerre de Sécession, il commença d’adresser au gouvernement, à Washington, des rapports sur l’activité des « Américains déloyaux » de la région de Toronto. En 1864, sa connaissance des affaires canadiennes et la réputation qu’il s’était faite auprès du secrétaire d’État, William Henry Seward, de « consul prompt à éliminer les problèmes », furent reconnues par sa nomination comme vice-consul à Québec et vice-consul général à Montréal, responsabilités qui s’ajoutaient à celles qu’il avait déjà à Toronto. De mai à juillet de cette même année, il était à Montréal, comme représentant du consul général. En octobre, en l’absence du consul à Québec, Charles S. Ogden, de Pennsylvanie, Thurston séjourna à Québec, fort occupé à faire rapport à Seward, non seulement sur l’activité des agents sudistes dans la région, mais aussi sur la conférence de Québec. Plus tard, au cours du même mois, il fut de nouveau transféré à Montréal et y séjourna jusqu’au début de janvier 1865. Aussi était-il à Montréal le 19 octobre, quand un groupe de Confédérés traversa du Bas-Canada à St Albans, Vermont, dévalisa des banques, tuant un citoyen, et repassa la frontière. La prise subséquente et la libération des auteurs de ce raid [V. Charles-Joseph Coursol] causèrent des tensions internationales considérables, et Thurston prit une part active à l’affaire, consultant et conseillant les fonctionnaires canadiens alarmés, qui firent appel à 2 000 volontaires de la milice pour surveiller la frontière.

Quand Washington décida, en 1864, d’ouvrir un consulat à Toronto, la candidature – acceptée – de Thurston reçut l’appui d’un groupe impressionnant, formé tant d’un certain nombre de fonctionnaires américains que de George-Étienne Cartier* et de John Hillyard Cameron* et de chefs de file de la communauté torontoise, comme l’évêque John Joseph Lynch et plusieurs hommes d’affaires importants. En 1865, dans un rapport, un membre du bureau consulaire du département d’État disait de Thurston qu’il était « bien et favorablement » connu au sein du service et qu’il était un « fonctionnaire loyal, consciencieux et énergique ». Son salaire annuel de $1 500 était suffisamment élevé pour lui permettre d’abandonner son commerce de bois de construction. Presque au cœur de l’action une fois de plus, il était retourné à Toronto à temps pour faire rapport sur l’attaque fénienne de Ridgeway, en juin 1866, et par la suite sur l’arrestation, la détention et le procès, à Toronto, de plusieurs citoyens américains.

En 1869, un nouveau gouvernement américain démit Thurston de son poste. Il conserva sa citoyenneté américaine, mais décida de rester à Toronto ; il se joignit à la Beaver and Toronto Mutual Fire Insurance Company, sous la direction administrative de Samuel Thompson. Thurston en fut l’un des administrateurs en 1869–1870 et l’un des vice-présidents de 1870 à 1873. En 1876, lors de la faillite de la compagnie, Thurston était revenu à son commerce de bois de construction, mais, de nouveau, il s’en tira de piètre façon et dut abandonner ses bureaux pour travailler à partir de sa maison.

En 1878, à la suite d’un nouveau changement de gouvernement aux États-Unis, Thurston fut nommé vice-consul à Toronto sous l’autorité du consul William C. Howells, et ce fut sa principale occupation pendant les quatre années qui suivirent. Une grave maladie le força à abandonner son poste, de même que son commerce de bois, en 1882. Il alla vivre avec son fils, un avocat de Toronto, en 1889, et rien n’indique s’il vécut longtemps après cette date.

J. G. Snell

CTA, Toronto assessment rolls, St James Ward, 1870 : 52, n1 072.— National Arch. (Washington), RG 59, Despatches from the United States consuls in Toronto, 1864–1882 ; Letters of application, 1861–1869, D. Thurston file ; Miscellaneous letters of the Dept. of State, Telegram, David Thurston à W. H. Seward, 20 oct. 1864 ; Telegram, Thurston à Seward, 13 déc. 1864 ; Letter, W. M. Jones à Seward, 3 nov. 1865 ; RG 84, Instructions to United States consuls in Toronto, 1864–1871.— Toronto directory, 1859–1861 ; 1870–1874 ; 1889.— R. W. Winks, Canada and the United States : the Civil War years (éd. rév., Montréal, 1971).

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J. G. Snell, « THURSTON, DAVID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/thurston_david_11F.html.

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Auteur de l'article:   J. G. Snell
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   29 juillet 2014