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UNIACKE, ROBERT FITZGERALD, ministre évangélique de l’Église d’Angleterre et apôtre social, baptisé le 24 décembre 1797 à Halifax, Nouvelle-Écosse, quatrième fils de Richard John Uniacke*, procureur général, et de Martha Maria Delesdernier ; il épousa en 1830 Elizabeth Gould Francklin, petite-fille de Michael Francklin* ; décédé le 1er juin 1870, à Halifax, sans laisser de descendance.

Robert Fitzgerald Uniacke fit ses études à la Halifax Grammar School, à la King’s Collegiate School et au King’s College de Windsor. Il entra en apprentissage dans le cabinet d’avocat de son père et y demeura jusqu’à ce qu’il décide d’embrasser la prêtrise ; il s’était converti sous l’influence de la prédication d’Isaac Temple, précepteur des fils du lieutenant-gouverneur Dalhousie [George Ramsay*]. L’évêque, Robert Stanser*, n’étant pas en résidence, Uniacke fut ordonné en Angleterre par les évêques de Londres – et de Chester (les 2 juin 1822 et 23 mars 1823). Il occupa le poste de vicaire à Fishbourne, dans le diocèse de Chichester, de 1822 à 1824 et desservit Mid Lavant.

En 1825, Uniacke revint en Nouvelle-Écosse en qualité de missionnaire de la Society for the Propagation of the Gospel et fut affecté comme rector à l’église St George de Halifax. Il arriva au cœur de la controverse qui avait cours à l’église St Paul à propos du droit de la couronne à nommer le rector qui devait succéder à John Inglis*, controverse qui amena de nombreux dissidents de St Paul à St George. Cette église se dissocia de St Paul et devint autonome lors de sa création en paroisse, en 1827. Après 1847, des vicaires assistèrent Uniacke dans sa tâche, ce qui lui permit de demeurer en poste jusqu’à sa mort ; il ne quitta sa paroisse qu’une seule fois, en 1838–1839, pour se rendre en Angleterre y faire traiter avec succès une grave infection de la gorge.

Uniacke se préoccupa des besoins tant spirituels que temporels de ses paroissiens, qui étaient surtout « des gens à revenus modestes ». Vu l’étendue de sa paroisse, qui couvrait le tiers de Halifax et se prolongeait sur une distance de huit milles en dehors de la ville, il se lança dans une campagne de construction d’églises qui eut pour résultat la construction de St John’s Chapel of Ease, à Three Mile House (Fairview), et St Mark’s Chapel, à Richmond (au nord-est de Halifax). C’est en grande partie grâce à lui qu’une église fut élevée à Lakeland, dans le comté de Hants, près de Mount Uniacke, sa très belle maison de campagne. Il avait hérité de cette propriété en 1835 après avoir accepté de se plier aux dispositions testamentaires de son père, stipulant que le légataire unique qui hériterait de la maison devait de ce fait renoncer à tous les autres droits sur la succession. Uniacke se donna avec enthousiasme à une autre cause qui lui tenait à cœur, celle de l’instruction ; outre l’école du dimanche et les cours du soir, il organisa à St George et à Three Mile House des écoles gratuites qui jouissaient d’une grande réputation comme écoles élémentaires ouvertes aux enfants indigents de toutes croyances. Le courage que manifestèrent Uniacke et sa femme lors de l’épidémie de choléra de 1834, où ils se dépensèrent sans compter, leur gagna l’affection de la population de Halifax. Ils ne se faisaient jamais faute de contribuer aux bonnes causes de tous genres et ils s’employèrent à aider les pauvres de la paroisse, à fonder des maisons d’accueil pour les orphelins et les vieillards.

Rien n’illustre mieux la ferveur évangélique d’Uniacke et sa prédilection pour la Low Church que ses démêlés avec l’évêque John Inglis, partisan de l’exclusivisme, et avec son successeur, l’évêque puseyiste Hibbert Binney*. Uniacke défia Inglis en donnant son appui et en adhérant aux organisations évangéliques anglicanes dont il prit la direction active, et plus particulièrement la Colonial Church Society (qui deviendra par la suite la Colonial and Continental Church Society), et à des associations interconfessionnelles comme la British and Foreign Bible Society. Binney sentit tout le poids de l’opposition d’Uniacke et l’influence qu’il exerçait sur les jeunes membres du clergé de Halifax, lorsque le vieux pasteur bourru et dévot refusa obstinément de faire partie du synode diocésain, sous prétexte que ce geste donnerait trop de pouvoir à l’évêque, qui, de surcroît, était un évêque anglo-catholique. Uniacke se signala par ses bonnes œuvres mais, au moment de sa mort, il était aussi irréductible partisan de l’immobilisme qu’il avait été ardent avocat du changement dans sa jeunesse.

Judith Fingard

Halifax County Court of Probate (Halifax), no 1 739, will of R. F. Uniacke ; no 2 201, will of E. G. Uniacke (mfm aux PANS).— PANS, MG 1, 926B (Richard John Uniacke Sr papers), R. J. Uniacke’s will ; RG 5, P, 69–74, education.— USPG, C/CAN/NS 8, ff.69, 405–425 ; 11, ff.26, 243, 248s., 251s., 255, 274, 356–356a ; D, 27, 489–491 ; E/PRE/B (1846), pp.313–315 ; E/PRE/C (1852–1858), pp.1 409s., 1 413–1 416 ; E, 6 (1859), p.279 ; E, 22 (1867), pp.1 009–1 011 ; E, 24 (1868–1869), pp.611–613.— Hibbert Binney, Remarks on diocesan synods, addressed to the clergy and laity of his diocese (Halifax, 1864).— Church of England, Diocese of Nova Scotia, Journal of the Synod (Halifax), 1866.— Colonial and Continental Church Soc. (Halifax Branch), Report, 1848–1871.— Formation and proceedings of the Halifax Association in Aid of the Colonial Church Society, 1847 (Halifax, 1847).— G. W. Hill, In memory of Robert Fitzgerald Uniacke, rector of St. George’s, Halifax [...] ([Halifax, 1870]).— N.-É., House of Assembly, Journal and proc., 1839, 1845.— N.S. Bible Soc., Report (Halifax), 1832–1870.— St George’s District Visiting Soc., Annual report (Halifax), 1841–1871.— Acadian Recorder, 4 juill. 1818, 30 juill. 1831, 30 août 1834, 1er juin 1870.— Church Times (Halifax), 1848–1858.— Guardian (Halifax), 1er juill. 1840, 12 avril, 26 nov. 1847.— Novascotian, 6 juin 1870.

Bibliographie générale

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Judith Fingard, « UNIACKE, ROBERT FITZGERALD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/uniacke_robert_fitzgerald_9F.html.

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Auteur de l'article:   Judith Fingard
Titre de l'article:   UNIACKE, ROBERT FITZGERALD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   19 décembre 2014