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WAGNER, JAMES THEODORE (baptisé Jacques-Théodor), prêtre catholique, né le 13 novembre 1837 à Hérange, France, fils de Dominique Wagner et de Christine Diemert ; décédé le 26 août 1896 au même endroit.

James Theodore Wagner est né en Lorraine, de parents d’ascendance allemande. Son père – homme pieux et instruit qui était l’instituteur de l’école locale – l’encouragea à prendre la soutane. James fit donc ses humanités et étudia le latin et la rhétorique dans des écoles des villes voisines, puis il entra au séminaire de Nancy pour y faire sa philosophie morale. En 1856, il rencontra l’évêque de Toronto, Armand-François-Marie de Charbonnez, en tournée en Europe pour recruter des missionnaires pour le Canada. Comme il avait alors terminé ses études classiques et sa philosophie, Wagner accepta qu’on l’affecte au diocèse de Sandwich (Windsor, Ontario). Après un bref séjour au séminaire des sulpiciens à Baltimore, dans le Maryland, il reçut de Mgr Pierre-Adolphe Pinsoneault*, le 19 octobre 1857, la consigne de se rendre à l’Assumption College de Sandwich, établi depuis peu. C’est là qu’il enseigna durant les trois années suivantes tout en terminant ses études de théologie. Parlant déjà le français et l’allemand, il perfectionna également son anglais.

Wagner fut ordonné prêtre par Mgr Pinsoneault le 3 juin 1860, en la cathédrale de Sandwich, église qui porte aujourd’hui le nom d’Assumption. Il passa plusieurs mois à la cathédrale comme vicaire, avant qu’on ne le nomme à la difficile mission de Windham, dans le comté de Norfolk. Quoiqu’il fût prêtre depuis quelques mois à peine et qu’il n’eût pas encore 23 ans, il était appelé à s’occuper non seulement de Windham mais aussi de Simcoe et de La Salette. Il rencontrait aussi les catholiques allemands de Vienna et prêtait main-forte au prêtre d’Ingersoll une fois par mois.

Au cours des quelques années qui suivirent, Wagner fonda la paroisse Our Lady of LaSalette, ouvrit une école séparée à Windham et acheta un terrain pour la construction d’une église et d’un presbytère à Simcoe. La maladie l’obligea cependant à abandonner sa cure au début de l’année 1865. Le 1er juin, devenu le premier pasteur résidant de l’église St Alphonsus de Windsor, il entreprit tout de suite de faire connaître cette paroisse de 500 âmes aux autorités du diocèse. Avant la fin de l’année, il avait érigé un presbytère et, de 1865 à 1867, il surveilla la construction d’un bâtiment qui abriterait en permanence l’école des filles, la St Mary’s Academy, sur un terrain adjacent à la paroisse. En mars 1868, il engagea un architecte pour tracer les plans d’une grande église de brique qui devait rivaliser, en taille et en beauté, avec la cathédrale de Sandwich. Au cours de l’été de 1869, il se rendit en Europe afin de recueillir les fonds nécessaires à la réalisation de son ambitieux projet. À Rome, le pape Pie IX le reçut en audience particulière et, à Paris, il rencontra Napoléon III. Tous deux furent impressionnés par sa détermination. Le pape lui fit cadeau d’un ciboire d’argent, dont la paroisse est toujours propriétaire, et l’empereur lui donna des gravures sur acier. Ces gravures et d’autres biens reçus en cadeau, y compris des milliers de chromolithographies du pape, furent plus tard mis à l’enchère ou vendus dans une série de bazars spectaculaires et de loteries qui firent grand bruit.

On posa la première pierre de la nouvelle église le 3 septembre 1871, en présence de l’archevêque John Joseph Lynch* et de l’évêque John Walsh. Deux ans plus tard, le 1er juillet 1873, l’église – la première du diocèse à être consacrée officiellement – accueillait ses fidèles. En 1876, Wagner se rendit de nouveau à Rome, cette fois à titre de secrétaire personnel de Mgr Walsh et, là, il organisa le transfert des reliques de saint Tegulus dans son église paroissiale. Le 7 mai de l’année suivante, la cérémonie du transfert attirait des milliers de personnes à St Alphonsus ; à la fin des solennités, Mgr Walsh annonça la promotion de Wagner au rang de doyen de Windsor, « en reconnaissance de ses vertus sacerdotales et des grands services [qu’il avait rendus] à la religion ».

Wagner continua son travail à St Alphonsus, en décorant à grands frais l’intérieur de l’église et en projetant la construction d’un presbytère permanent. Comme doyen de Windsor, il fonda les paroisses St Clement, Our Lady of the Lake, et Our Lady Star of the Sea. Au printemps de 1887, dans la vieille église appelée St Alphonsus Hall, il lançait une mission catéchistique à l’intention des Noirs. Pour réunir les fonds nécessaires, il retourna en Europe et prononça même un sermon devant 5 000 personnes à Paris. Sur son invitation, les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph de Montréal vinrent, le 13 août 1888, fonder une communauté à Windsor. Au début de l’année 1890, elles ouvrirent l’Hôtel-Dieu, premier hôpital de Windsor, puis juste à côté un orphelinat et une école reliés à la mission noire. Wagner avait lui-même recueilli le gros de l’argent nécessaire à l’achat du terrain et à la construction des bâtiments. Malheureusement, on abandonna en 1894 l’école et l’orphelinat, que les Religieuses hospitalières avaient toujours considérés comme secondaires ; cet événement vint assombrir les derniers jours du doyen. L’hôpital est resté, toutefois, comme un monument témoin de sa conscience sociale.

Épuisé par le labeur, Wagner alla chercher refuge et repos en Europe au début de l’année 1896. En passant d’abord par Paris, puis par Rome, où il obtint une audience du pape Léon XIII, il se rendit dans son village natal, et c’est là qu’il mourut dans son sommeil le 26 août.

James Theodore Wagner s’était avéré l’un des prêtres les plus compétents et les plus audacieux de son diocèse. Doté d’un sens inébranlable du devoir, il avait à la fois le génie de l’administration et un penchant marqué pour le spectacle. Il avait recueilli près de 100 000 $ pour assurer la construction de nouvelles églises. À une époque où maintes fois les curés se trouvèrent pris au milieu d’amères querelles de clocher, jamais il ne se mit sa congrégation à dos. Pour Mgr Pinsoneault, que des prêtres difficiles n’avaient cessé de tourmenter durant son épiscopat, et plus encore pour son successeur, Mgr Walsh, les 36 années de prêtrise de Wagner assurèrent la stabilité et la continuité dont l’ensemble du gouvernement épiscopal d’un diocèse aussi vaste et diversifié que celui de Windsor avait grand besoin.

Michael Power

ARCAT, C., AL01.15–18.— Arch. of the Diocese of London (London, Ontario), Reg. of official docs., 1856–1954 : 7a–10, 52a ; docs. 228–229, 234 ; St Clement’s (McGregor), History of the parish of McGregor, la paroisse St. Clements parish (s.l.n.d.) ; Star of the Sea (Pelee Island), « History of the Church of Our Lady « Star of the Sea » (copie dactylographiée) ; J. T. Wagner papers ; John Walsh papers.— Arch. of the United States Province of the Sulpician Order, St Mary’s Seminary and Univ. (Baltimore, Md.), J. T. Wagner, 1857.— Religious Hospitallers of Saint Joseph, Hotel Dieu Hospital Arch. (Windsor, Ontario), Chronicles, chap. 2–3, 9, 15–28.— Sisters of the Holy Names of Jesus and Mary Arch. (Windsor), Chronicles, 10 août 1869 ; 1896 : 3.— Canadian Freeman (Toronto), 22 juin 1860, 5 mars, 3 août 1865, 11 août 1870, 14 sept. 1871, 24 août 1873.— Catholic Record (London), 5 sept. 1896.— Catholic Weekly Review (Toronto), 21 avril, 11 août 1887.— Evening Record (Windsor), 27–28 août, 2, 15 sept. 1896, 11 mars 1901.— Home Journal (St. Thomas, Ontario), 7 mai 1877.— London Advertiser, 28 août 1896.— London Free Press, 28 août 1896.— Diocese of London, Diocesan directory, 1986.— Helen Batte, Rooted in hope : a history of the Sisters of the Holy Names of Jesus and Mary of the Ontario Province (Windsor, 1983).— Jean Houpert, les Lorrains en Amérique du nord (Sherbrooke, Québec, 1985).— Our Lady of the Rosary parish, centennial, 1884–1984 (s.l.n.d.).— St. Alphonsus Church, 1865–1965 : history (s.l.n.d.).— Evening Record, 17 janv. 1922.

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Michael Power, « WAGNER, JAMES THEODORE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wagner_james_theodore_12F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   23 septembre 2014