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WITHROW, JOHN JACOB, homme d’affaires, philanthrope, homme politique et fonctionnaire, né en 1833 à York (Toronto), fils de James Withrow et d’Ellen Sanderson ; il épousa Margaret Foster, et ils eurent trois fils et deux filles ; décédé le 5 août 1900 à Toronto.

La famille Withrow vint de Virginie à la suite de la guerre d’Indépendance américaine. John Jacob Withrow fit ses études à la Toronto Academy, puis travailla un certain temps dans un bureau d’architecte. Il acquit également une formation pratique d’entrepreneur dans l’entreprise de construction de son père, la McBean and Withrow. Il se perfectionna en effectuant une tournée du nord des États-Unis, où il observa les tendances des styles et les méthodes de construction. Vers la fin des années 1850, il quitta le toit paternel et s’engagea comme menuisier à Toronto. Avec John Hillock, il fonda en 1865 la Withrow and Hillock, firme d’entrepreneurs de construction et de marchands de bois d’œuvre qui se spécialisa dans la fabrication de portes et châssis de bois.

En 1873, Withrow s’intéressa à la politique municipale. Il se fit élire cette année-là échevin du quartier St David, puis s’installa dans le quartier St Thomas, qu’il allait représenter durant les quatre années suivantes. Pendant son mandat, les possibilités qu’offrait l’exposition provinciale annuelle tenue depuis 1846 dans l’une ou l’autre des principales villes de la province le fascinèrent. C’est à Toronto, lieu de l’exposition en 1870, 1874 et 1878, que les foules et les exposants étaient les plus nombreux. La dernière année, le comité de l’exposition, sous la direction enthousiaste de Withrow, agrandit le terrain de la foire et augmenta le nombre de pavillons permanents dans l’espoir de retenir l’événement à Toronto un certain temps. La Provincial Fair Association n’était cependant pas du même avis et vota pour tenir celle de 1879 à Ottawa. Au banquet de clôture de l’exposition de 1878, Withrow, apparemment sans consulter personne, annonça qu’il y aurait une exposition permanente à Toronto à compter de l’année suivante. Ses collègues, du conseil municipal trouvèrent qu’il allait trop vite en affaires. Néanmoins, il forma l’Industrial Exhibition Association of Toronto et obtint beaucoup d’appuis. La foire, qui allait devenir plus tard l’Exposition nationale canadienne, connut le succès dès ses débuts à l’automne de 1879, et Withrow demeura président de l’association jusqu’à peu de temps avant sa mort.

C’est au début des années 1880 qu’on termina le chemin de fer canadien du Pacifique et que débuta, par voie de conséquence, la colonisation du Nord-Ouest. Afin d’assurer la mise en valeur harmonieuse de ces nouvelles régions, le gouvernement adopta une politique qui encourageait la création de compagnies de colonisation pour voir à l’établissement de villages entiers. Au début de 1882, Withrow aidé d’Alexander Sutherland*, secrétaire général des missions de l’Église méthodiste du Canada, ainsi que d’un groupe d’hommes d’affaires méthodistes en vue comme lui-même, fondèrent la Saskatchewan Land and Homestead Company Limited. Ils connurent un succès considérable. La compagnie survécut à la baisse catastrophique des prix des terrains qui survint en 1883–1884 et à une modification radicale de la politique canadienne de colonisation en 1887. Elle était encore en affaires à la fin du siècle. Withrow en fut le président fondateur et conserva ce poste jusqu’à la fin de sa vie.

Sur l’élan de sa réussite avec la création de l’exposition de Toronto et désireux de voir se réaliser les objectifs du mouvement de tempérance, Withrow tenta de se faire élire à la mairie de Toronto en 1883. Il perdit par 5 voix contre Arthur Radcliffe Boswell. Un conflit avec le mouvement syndical au sujet de sa conduite comme employeur et son intervention dans la grève des typographes de 1872 sont probablement la cause de sa défaite. En 1885, certains pensaient qu’à titre de réformiste confirmé en politique municipale, Withrow méritait d’être élu sans concurrent. L’élément tory n’était pas de cet avis et alla chercher Alexander Henderson Manning*, ancien maire à la retraite, qui remporta l’élection.

En tant que constructeur et organisateur habile, ainsi que fidèle respecté de l’église Metropolitan, Withrow a pu collaborer durant les années 1880 et 1890 à la construction, à Toronto, d’un bon nombre d’édifices à vocation culturelle ou humanitaire. Il travailla avec John Ross Robertson* à l’érection du pavillon d’été de même qu’à la reconstruction du Hospital for Sick Children. Robertson estimait que les malades avaient besoin d’un endroit tranquille pour passer l’été, et il acheta un terrain à Hanlans Point dans les îles de Toronto. C’est là qu’en 1883 Withrow construisit une résidence, le Lakeside Home for Little Children, dont il fut l’un des administrateurs. Withrow semble aussi avoir été l’un des principaux collecteurs de fonds, et il aurait également supervisé les travaux de construction, du nouvel hôpital pour enfants à la fin des années 1880.

Hart Almerrin Massey, méthodiste convaincu et membre, comme Withrow, de la congrégation Metropolitan, décida dans les années 1880 de pourvoir Toronto d’une salle de concert. La réalisation des plans et la construction du Massey Music Hall dura plus de dix ans. La Withrow and Hillock fut chargée de la menuiserie et fournit les portes et les châssis de fenêtres. La salle était exploitée par un conseil d’administration dont Withrow était le président et, durant toute sa vie, le seul membre qui n’appartînt pas à la famille Massey.

Withrow s’occupa de construction presque toute sa vie. Avec Hillock, il fut le promoteur de Wilton Crescent, quartier chic de Toronto situé au coin des actuelles rues Sherbourne et Dundas. C’est là que les deux associés se construisirent de grandes maisons. La Withrow and Hillock s’occupa de la construction de la partie est de Toronto. En 1886, en société avec John Macdonald*, grossiste prospère, elle ouvrit une subdivision dont l’avenue Withrow était le centre. Withrow fut également président de la Canadian Mutual Loan and Investment Company, société d’épargne et de crédit de second rang. Celle-ci fit l’objet d’une mise en marché si agressive que la moralité – sinon la stricte légalité – de ses activités fut mise en doute dans la presse par des actionnaires déçus. Le Loan Corporations Act adopté par l’Ontario en 1897 et les lois subséquentes du début des années 1900, qui régissaient le fonctionnement des sociétés de prêt en Ontario, semblent constituer une réponse aux plaintes formulées à l’endroit de la Canadian Mutual Loan and Investment Company et de ses semblables. Du point de vue des responsables et des administrateurs, toutefois, la compagnie était extrêmement rentable.

Les succès de John Jacob Withrow dans le domaine de la construction immobilière ne devaient toutefois par survivre à la dépression des années 1890. À l’automne de 1894, la Withrow and Hillock déclara faillite devant l’impossibilité de réaliser un bénéfice sur l’investissement substantiel qu’elle avait fait dans l’immobilier. À sa mort, Withrow n’était même pas propriétaire de sa maison et sa succession était modeste. Il se peut que sa nomination en 1895 au poste de cotiseur principal à Toronto ait été une récompense concrète pour une vie de services rendus. Le Daily Mail and Empire dit de lui : « Il possédait un jugement clairvoyant, de bonnes capacités de chef et une connaissance consommée des affaires. C’était un homme d’une grande charité et d’une courtoisie indéfectible, et [il] était remarqué pour sa probité et son industrie. » Sa mort, à la suite d’une attaque d’apoplexie, fut soudaine et inattendue.

Philip Creighton

En plus des sources citées ci-dessous, la biographie s’appuie sur l’entrevue de l’auteur avec John Withrow de Toronto, petit-fils du sujet.  [p.c.]

AO, MU 1961, n° 29.— York County Surrogate Court (Toronto), n° 14244 (mfm aux AO).— Daily Mail and Empire (Toronto), 7 août 1900.— Globe, 7 août 1900.— « Born out of protest », Once upon a century : 100 year history of the « EX » (Toronto, 1978), 8–21.— Max Braithwaite, Sick Kids : the story of the Hospital for Sick Children in Toronto (Toronto, 1974).— William Dendy, Toronto observed : its architecture, patrons, and history (Toronto, 1986).

Bibliographie générale

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Philip Creighton, « WITHROW, JOHN JACOB », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/withrow_john_jacob_12F.html.

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Auteur de l'article:   Philip Creighton
Titre de l'article:   WITHROW, JOHN JACOB
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   19 décembre 2014