DCB/DBC Mobile beta
+

WOOD, SAMUEL SIMPSON, ministre de l’Église d’Angleterre, éducateur, né à Bideford, Angleterre, le 21 février 1795, fils du capitaine Samuel Wood, décédé à Upper Durham (Kirkdale), Québec, le 25 mars 1868.

Samuel Simpson Wood étudia à la Richmond Grammar School de James Tate avant de fréquenter le Corpus Christi Collège de Cambridge, où il obtint son baccalauréat ès arts en 1818. Jacob Mountain*, premier évêque de l’Église d’Angleterre à Québec, engagea Wood en qualité de missionnaire de la Society for the Propagation of the Gospel en 1819 et, le 8 novembre de la même année, le désigna à Drummondville où il établit une église. En 1827, il était nommé rector de l’église St James à Trois-Rivières, mais il n’y fut pas installé avant janvier 1829. Il demeura dans cette paroisse jusqu’en 1856 puis il retourna dans la région de Drummondville, à Upper Durham (1856–1868). De 1857 à 1863, il fut également doyen rural pour une grande partie de la région sud-est du Bas-Canada. En 1834, Wood avait épousé Margaret Mary Hallowell, cousine d’Alexander Neil* et de John Béthune* ; des 12 enfants nés de ce mariage, 8 survécurent à leur père.

En 1827 et 1828, Wood séjourna en Angleterre où il obtint sa maîtrise ès arts à Cambridge. À cette époque, il publia An apology for the colonial clergy of Great Britain : specially for those of Lower and Upper Canada dans laquelle il attaquait le Colonial Clergy Act de 1819 qui interdisait aux pasteurs ordonnés par les évêques des colonies d’exercer leur ministère pastoral dans une province ecclésiastique de l’Angleterre, sauf sur autorisation expresse de l’archevêque de la province concernée. Dans son ouvrage, Wood décrivait brièvement les problèmes auxquels avaient à faire face les ministres de l’Église d’Angleterre qui étaient au Canada, particulièrement en ce qui avait trait aux catholiques et aux dissidents. Il y traitait également de questions telles que les « réserves » du clergé et le recrutement des professeurs de l’University of King’s College à York (Toronto), qui, selon lui, devaient appartenir au clergé de l’Église d’Angleterre. Cette publication revêt un intérêt particulier parce qu’elle est un fidèle reflet de la mentalité conservatrice d’un membre de l’Église d’Angleterre. Wood retourna en Angleterre en 1834, délégué par l’évêque Charles James Stewart* pour débattre la question des réserves du clergé : l’évêque voulait en empêcher la vente et en confier la gestion à l’Église d’Angleterre plutôt qu’à une commission gouvernementale. Il avait aussi mission de mener une campagne de souscription en faveur des missions du Haut-Canada et d’obtenir la nomination d’un évêque suffragant pour le Bas-Canada ; il devait également obtenir des modifications à la charte de McGill University afin qu’elle puisse prendre l’expansion que dictaient les besoins. Il échoua dans toutes ses tentatives mais obtint néanmoins de la Society for the Propagation of the Gospel qu’elle jette les bases d’une bibliothèque épiscopale pour le diocèse de Québec, lequel, à cette époque, englobait le Haut-Canada.

Comme participant à la controverse sur les réserves du clergé et à la formation du premier synode du diocèse de Québec (1859), ainsi qu’à la fondation de la Church Society (1842), Wood vécut la difficile période de transition qui marqua le passage de l’Eglise d’Angleterre de la situation d’institution anglaise subventionnée par l’État à celle d’Église autochtone soutenue par les contributions volontaires. De 1845 jusqu’à sa mort, il fut l’un des vice-présidents de la Church Society. En 1858 et 1859, il prit la défense de George Jehoshaphat Mountain lors du différend avec les évangéliques au sujet du mode de scrutin à l’occasion du synode diocésain ; l’évêque cherchait à assurer la prépondérance du clergé sur les laïcs.

Wood se distingua tout particulièrement dans le domaine de l’éducation. Il déplorait l’influence américaine qui s’exerçait par l’intermédiaire des manuels en provenance des États-Unis qu’on utilisait même dans les écoles du secteur public et il recommanda instamment la création d’un autre organisme, l’ « École nationale ». Il fonda des écoles secondaires à Trois-Rivières et à Drummondville, et le programme de ces écoles portait l’empreinte certaine de l’influence de Tate ; ces écoles étaient destinées à l’éducation de l’élite de la colonie : les fils de sir John Colborne et du juge en chef, sir James Stuart*, comptèrent parmi les élèves de ces établissements. On offrit à Wood, en 1833, le décanat de McGill University, mais il refusa en raison des charges publiques inhérentes à la fonction. À cause de sa longue expérience comme éducateur auprès des étudiants en théologie, on lui proposa, en 1840, la charge de principal du Bishop’s College qui devait être établi à Trois-Rivières, mais il refusa quand, à la place, Lennoxville fut choisie comme site du collège en 1843. Un contemporain a dit de Wood qu’il avait « une vraie conception de l’éducation ; chrétien fervent, anglican conséquent dans ses actions, et lui-même authentique gentleman anglais, ce sont ces mêmes valeurs qu’il voulait inculquer à ses élèves ».

Bien équilibré, d’une intelligence au-dessus de la moyenne, doué d’un grand sens de l’humour, Wood était un pasteur persuasif jouissant d’une grande popularité. Par l’entremise de ses amis fidèles, Charles James Stewart et surtout George Jehoshaphat Mountain, qui partageaient ses goûts et ses vues, les opinions de Wood, même si elles étaient rarement rendues publiques, étaient respectées dans l’Église, mais son mépris de la publicité l’empêcha de répondre à leur attente. Figure aujourd’hui oubliée, Wood fut un homme remarquable et représentatif du clergé anglican de son époque par sa vie et ses idées.

James H. Lambert

S. S. Wood, An apology for the colonial clergy of Great Britain : specially for those of Lower and Upper Canada (Londres, 1828).

Anglican Church of Canada, Diocese of Montreal, Synod Archives (Montreal), Letters and papers of George Jehoshaphat Mountain, 19, 23 déc. 1833, 2 janv., 26 févr. 1834, 8 août 1835.— APC, MG 24, A40, 1, p.208.— Church House Archives (Québec), Diocese of Quebec, Minutes of the meetings of the Central Board of the Church Society of the diocese of Quebec, 1854–1868.— McGill University Archives (Montréal), Bills, invoices and miscellaneous documents, 1821–1839, 9 mai, 2 juill. 1834, 20, 22 juill., 8 août, 18 nov. 1835.— PRO, CO 42/260, pp. 711s. (mfm aux APC).— QDA, 50 (B-4), pp. 2–29, 42 ; 70 (B-24), pp. 46s., 49s., 66–106, 108s. ; 81 (C-10), p.65 ; 94 (D-13), 6, 30 août 1834, 30 janv., 2 févr., 19 mai, 28 déc. 1835 ; 97 (D-16), 7, 22 avril, 28 août 1841, 16 févr., 27 mai, 26 juill. 1842 ; 114 (G-8), pp. 18–28 ; 122 (G-16), p.25 ; 124, case 2, folder 13, p.3.— USPG, C/CAN/Que., IV, 31, f.368 ; 33, f.370 ; 34, ff.370, 375 ; Journal of SPG, 32, pp. 73, 110, 326 (mfm aux APC).— Address to the Rev. S. S. Wood, from the inhabitants of Drummondville and its vicinity, Christian Sentinel, and Anglo-Canadian Churchman’s Magazine (Montréal), I (1827) : 48–50.— Church of England, Diocese of Quebec, Proc. of the Diocesan Assembly (Québec), 1854, 4 ; Report of the proceedings of the meeting of the bishop, clergy and laity [...] 24th June, 1858 [...] (Québec, 1859), 7s., 11.— Berean (Québec), 3 juill. 1845, 9 juill. 1846, 8 juill. 1847, 13 juill. 1848.— Canadian Ecclesiastical Gazette (Québec), 18 juill. 1850, 14 août, 11 sept. 1851, 1er mars 1853.— A. E. E. Legge, The Anglican Church in Three Rivers, Quebec, 1768–1956 ([Russell, Ont.], 1956).— Millman, Life of Charles James Stewart.— James Lambert, The Reverend Samuel Simpson Wood, B.A., M.A. : a forgotten notable and the early Anglican Church in Canada, Canadian Church Historical Society, Journal, XVI (1974) : 2–22.— The late Rev. S. S. Wood, Lennoxville Magazine (Montréal, I (1868) : 204–211.— D. C. Masters, G. J. Mountain, CHA Report, 1963, 89–101.— A. J. Oakley, Centenary biography : the Reverend Samuel Simpson Wood, Quebec Diocesan Gazette, XLIX (1942) : 26–29.— A pioneer clergyman of Quebec diocese, Canadian Church Magazine and Mission News (Hamilton, Ont.), IV (1890) : 80.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

James H. Lambert, « WOOD, SAMUEL SIMPSON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wood_samuel_simpson_9F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/wood_samuel_simpson_9F.html
Auteur de l'article:   James H. Lambert
Titre de l'article:   WOOD, SAMUEL SIMPSON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   22 août 2014