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WOOSTER, HEZEKIAH CALVIN, ministre méthodiste, né le 20 mai 1771, probablement dans le Massachusetts, fils d’Edward Wooster, décédé le 6 novembre 1798 aux États-Unis.

Hezekiah Calvin Wooster fut l’un des premiers prédicateurs itinérants de confession méthodiste qui, aux États-Unis, émergèrent de l’obscurité et prêchèrent, peu de temps mais avec une grande efficacité, dans le Haut-Canada. On ne connaît rien de ses premières années, sauf qu’il se convertit en 1791 et acheva sa « sanctification » l’année suivante. Mis à l’essai comme ministre par l’Église épiscopale méthodiste en 1793 et reçu de plein droit dans la secte en 1795, il accéda au presbytérat deux ans plus tard. En 1793–1794, il était inscrit sur le rôle des prédicateurs itinérants du « circuit » de Granville, Massachusetts, et, par la suite, il fut posté dans les états du New Jersey et de New York. En 1796, on l’affecta au circuit d’Oswegatchie, dans le Haut-Canada, de même qu’à toute la partie orientale de la province. Il semble qu’il y ait travaillé tant que sa santé le lui permit, soit jusqu’en juin 1798.

Pendant les deux années de son séjour au Canada, Wooster s’acquit la réputation d’un homme entièrement consacré à sa vocation. Pour lui, comme pour ses confrères méthodistes, rien n’était plus urgent que d’éveiller le peuple à son état de désolation spirituelle et de l’amener à la conversion et à la sanctification. Par ces termes, les méthodistes indiquaient que la vie chrétienne comprend deux phases : la rupture initiale avec un passé entaché de péché, et l’atteinte de la perfection chrétienne, étape où toute la vie doit être centrée sur le bien. John Wesley, fondateur de la société protestante des méthodistes, pensait que toute cette démarche était le résultat de l’intervention de l’Esprit-Saint dans une âme particulière, mais il était persuadé que l’état de sanctification ne pouvait être atteint que dans le contexte d’une préparation spirituelle et morale intensive. Pour les ministres moins « sophistiqués », du type de Wooster, la vie nouvelle et sainte avait pour point de départ une suite d’expériences émotives profondes qu’ils percevaient comme une conséquence du fait d’être touchés directement par la puissance de Dieu. Aussi leur prédication tendait-elle à amener les auditeurs à vivre une série d’expériences rappelant celles de la Pentecôte.

Homme d’une fervente piété, dont la prédication « n’était pas violente, mais solennelle, spirituelle, puissante », Wooster fut un évangéliste efficace. Quand il était épuisé par la fatigue et, plus tard, par la maladie, il chuchotait ou s’en remettait à un interprète qui communiquait ses paroles. Son exhortation « Frappez-les, Seigneur ; Seigneur, frappez-les » avait un effet dramatique sur son auditoire. Quelqu’un en témoigna ainsi : « Je sentis cela comme un tremblement qui courait sur mon âme, et dans chaque veine, de telle sorte que cela m’enleva toute force dans les membres. » Chez d’autres, ces mots déclenchaient une extase, suivie d’un sentiment de paix et d’un changement de vie. Ainsi, pour son contemporain Nathan Bangs*, « il fut l’heureux instrument qui alluma un tel feu dans le cœur des hommes, où qu’il allât, et particulièrement dans le Haut-Canada, que toutes les eaux de la contestation et de l’opposition ne sont pas parvenues à l’éteindre ». Selon ses confrères, Wooster « fut un homme rempli de zèle, de grâce et de compréhension, mais d’une faible constitution, et [il] ne pouvait endurer toutes les fatigues des voyages, ni les grands efforts demandés par la prédication, auxquels l’exposaient son zèle et un grand renouveau de l’œuvre de Dieu ».

Wooster apporta du réconfort et un sens nouveau de l’orientation à un grand nombre de personnes qui étaient isolées, craintives et écrasées par les exigences de la vie quotidienne loin de la civilisation. Ceux qui portèrent attention à ses paroles ont peut-être vécu ensemble dans une plus grande harmonie, et se sont peut-être préoccupés davantage les uns des autres. D’une façon plus générale, par son enseignement et son exemple, Wooster contribua un peu aux premiers progrès du méthodisme en Amérique du Nord britannique et spécialement à la formation du mythe héroïque qui lui permit d’orienter et de maintenir son expansion.

G. S. French

Methodist Episcopal Church, Minutes of the Methodist conferences, annually held in America ; from 1773 to 1813 inclusive (New York, 1813), 120, 149, 222.— Nathan Bangs, A history of the Methodist Episcopal Church (4 vol., New York, 18391841), II : 83–85.— J. [S.] Carroll, Case and his cotemporaries [...] (5 vol., Toronto, 18671877), I : 49s.— Abel Stevens, History of the Methodist Episcopal Church in the United States of America (4 vol., New York, 18641867).

Bibliographie générale

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G. S. French, « WOOSTER, HEZEKIAH CALVIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/wooster_hezekiah_calvin_4F.html.

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Auteur de l'article:   G. S. French
Titre de l'article:   WOOSTER, HEZEKIAH CALVIN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   24 octobre 2014