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A-CA–OO-MAH-CA-YE (Ac ko mok ki, Ak ko mock ki, A’kow-muk-ai, connu sous les noms de Feathers et d’Old Swan), chef pied-noir ; décédé en 1859 ou 1860.

Durant les dernières années du xviiie siècle et la première moitié du xixe, la tribu des Pieds-Noirs eut au moins trois chefs qui portèrent le nom d’Old Swan. Avec les Gens-du-Sang et les Peigans, les Pieds-Noirs étaient vaguement unis dans la confédération des Pieds-Noirs qui occupait la partie ouest des Prairies, du sud de la rivière Saskatchewan-du-Nord jusqu’à la rivière Missouri. En 1795, Duncan McGillivray*, commis de la North West Company au fort George (près de Lindbergh, Alberta), nota que le premier chef connu sous le nom d’Old Swan avait été autrefois le plus grand des chefs pieds-noirs et avait été « respecté et estimé de toutes les tribus avoisinantes ; ses intentions envers les Blancs [avaient] toujours été honnêtes et droites, et aussi longtemps qu’il [avait] eu de l’autorité sa bande n’[avait] jamais tent[é] de [leur] faire tort ». À cause de son grand âge, Old Swan avait renoncé à son titre de chef en faveur de Gros Blanc, « homme d’une ambition et d’une férocité sans borne », selon McGillivray. Old Swan mourut en janvier 1795, et, au tournant du siècle, son fils Feathers était devenu chef. Il adopta le nom de son père.

De tempérament, le deuxième Old Swan ressemblait fort à son père et était bien vu par son peuple, à la fois comme un chef efficace et un pacificateur. En 1801 et 1802, il dressa des cartes pour Peter Fidler*, arpenteur de la Hudson’s Bay Company à Chesterfield House, sur la rivière Saskatchewan-du-Sud, où il venait régulièrement en visite. Ces cartes, qui portent son nom, représentent les régions géographiques connues des Pieds-Noirs. Des renseignements tirés de la première d’entre elles jouèrent un rôle prépondérant dans la préparation de la carte de l’Amérique du Nord que dressa Aaron Arrowsmith en 1802 et que Meriwether Lewis et William Clark utilisèrent durant leur voyage d’exploration sur le cours supérieur dd’ Missouri, en 1804. Les trafiquants de fourrures respectaient Old Swan, le traitant comme un ami des Blancs, et ils le reconnaissaient comme un conciliateur dans les rapports de sa tribu avec les Gros-Ventres, les Arapahos du Nord, les Cris et les Assiniboines. En 1814, il fut tué d’un coup de fusil tiré par un Indien gens-du-sang, et une querelle éclata entre les Pieds-Noirs et les Gens-du-Sang, deux tribus habituellement amies.

La succession à la tête de ce qu’on continua à identifier, pendant quelque temps après la tragédie, comme la « bande d’Old Feathers » revint à A-ca-oo-mah-ca-ye, probablement un fils ou un neveu. Appelé lui aussi Feathers, il est décrit dans le journal de la Hudson’s Bay Company rédigé à Chesterfield House en 1822 comme « un chef pied-noir (très attaché aux Blancs) » et, à l’instar de ses deux prédécesseurs, il acquit une réputation de pacificateur. Par exemple, lors de sa visite à Edmonton House (Edmonton) au printemps de 1828, il déclara que son peuple était devenu fauteur de troubles pendant qu’il avait été malade, mais qu’il était là pour conclure un traité de paix avec les Cris. Peu après 1828, Feathers prit le nom d’Old Swan, et c’est ainsi qu’on l’appela par la suite. En 1854, il prévint une effusion de sang pendant une beuverie qui tourna à la dispute entre les Pieds-Noirs et les Gens-du-Sang, à Rocky Mountain House (Alberta), en donnant calmement aux deux factions l’ordre de retourner à leurs campements ; il obligea ensuite les trafiquants de fourrures à détruire leur stock de spiritueux. Henry John Moberly, apprenti commis de la Hudson’s Bay Company et responsable de Rocky. Mountain House à ce moment-là, le décrivit comme « un Pied-Noir d’une grande autorité, âgé mais encore actif ». En reconnaissance de l’intervention du chef indien, Moberly lui donna un de ses meilleurs chevaux. « Non pas que cela ait signifié beaucoup pour Old Swan, nota-t-il, car il en avait lui-même trois cents. »

Au début des années 1850, trois chefs se partageaient le leadership de la tribu des Pieds-Noirs. Le plus influent d’entre eux était le troisième Old Swan, dont le nombre des partisans, connus sous le nom de bande des Bad Guns, s’élevait à quelque 400 personnes. Les deux autres chefs étaient Nato´sapi (Old Sun), chef de la bande des All Medicine Men, et No-okskatos (Three Suris), chef de la bande des Biters. En 1858, le docteur James Hector*, du groupe d’exploration de l’Amérique du Nord britannique dirigé par John Palliser*, inscrivit Old Swan sur la liste des principaux chefs de la tribu des Pieds-Noirs. Old Swan tenait apparemment Palliser en haute estime, puisqu’il l’appelait son petit-fils ; en juillet 1859, l’explorateur accepta l’invitation d’Old Swan à visiter son campement sur la rivière Red Deer. « Ce très grand campement était de bien des façons une vision nouvelle, au dire de Palliser, même pour nous qui avions vu de si nombreux campements indiens. Nous avons alors constaté que les Pieds-Noirs y avaient environ 400 tentes. » Au départ de Palliser et de ses hommes, le lendemain, Old Swan et un certain nombre de ses guerriers les raccompagnèrent jusqu’à ce qu’ils soient en sécurité auprès du reste de l’expédition.

Peu après la visite de Palliser, Old Swan mourut, soit à la fin de 1859 ou au début de 1860, et un certain Omukaiee (Big Swan) le remplaça comme chef. Alors qu’Old Swan avait été un ami des trafiquants de fourrures, son successeur les méprisa. William Francis Butler* le décrivit comme « un homme d’une taille colossale [...] brutal, rusé et traître ». Big Swan mourut de tuberculose en 1872, et la direction de la tribu revint à deux chefs d’autres bandes, Nato´sapi* (fils du chef Nato´sapi) et Crowfoot [Isapo-muxika*].

Hugh A. Dempsey

PAM, HBCA, B.34/a/4 : fo 18 ; B.60/a/13 : fo 3d ; B.60/a/25 : fo 55.— W. F. Butler, The great lone land : a narrative of travel and adventure in the north-west of America (7e éd., Londres, 1875).— HBRS, 26 (Johnson).— Duncan McGillivray, The journal of Duncan M’Gillivray of the North West Company at Fort George on the Saskatchewan, 1794–5, introd. de A. S. Morton, édit. (Toronto, 1929).— H. J. Moberly et W. B. Cameron, When fur was king (Toronto, 1929).— The papers of the Palliser expedition, 1857–1860, I. M. Spry, édit. (Toronto, 1968).— H. A. Dempsey, Crowfoot, chief of the Blackfeet (Edmonton, 1972).

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Hugh A. Dempsey, « A-CA-OO-MAH-CA-YE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/a_ca_oo_mah_ca_ye_8F.html.

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Auteur de l'article:   Hugh A. Dempsey
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   1 septembre 2014