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AITKEN (Aitkin), ALEXANDER, arpenteur, né probablement à Berwick-upon-Tweed, Angleterre, fils de David Aitken ; sa mère se prénommait peut-être Catherine ; décédé en 1799 à Kingston, Haut-Canada.

Élevé dans le nord de l’Angleterre et en Écosse, Alexander Aitken fut initié à la profession d’arpenteur, probablement par son père. On ne connaît pas la date de son arrivée au Canada. À la fin de 1784, il fut nommé arpenteur adjoint à Cataracoui (Kingston). Son territoire couvrait la rive nord du lac Ontario. Quand, en 1788, on divisa en quatre districts ce qui est maintenant le sud de l’Ontario, Aitken demeura arpenteur adjoint à Kingston, chef-lieu du nouveau district de Mecklenburg (appelé Midland après 1792), tout en continuant à travailler dans cette partie du district de Nassau (Home) qui relevait de sa compétence avant 1788. En 1792, il fut muté au bureau de l’arpenteur général, créé la même année dans la nouvelle province du Haut-Canada, mais la nature de ses fonctions resta inchangée. Il travailla avec le conseil des terres du district de Mecklenburg, de sa création en 1788 à son abolition en 1794.

Les fonctions d’Aitken, à titre d’arpenteur adjoint, comprenaient la poursuite des arpentages de sa région, généralement au rythme d’une ou deux concessions à la fois, la fixation des frontières du canton, le dessin de plans pour le gouvernement et l’attribution de lots, en particulier aux Loyalistes, dans les premières années. Le territoire arpenté par Aitken commençait à l’extrémité ouest de ce qui est aujourd’hui le comté de Leeds et comprenait les comtés actuels de Frontenac, de Lennox et Addington, et de Hastings ; il correspondait en gros aux deux premières rangées de cantons, dont la première avait front sur eau. John Collins avait déjà arpenté l’emplacement de la ville de Kingston, mais Aitken reprit en partie ce travail, fit le tracé des nouveaux quartiers, et, en 1790, procéda aux arpentages de Point Frederick, près de Kingston. Il arpenta de même une grande partie du comté de Prince Edward et des îles situées à l’est de ce même comté.

Dans le district de Home, à l’ouest, Aitken arpenta les premières concessions du canton de Murray, dans le comté de Northumberland, la péninsule Presqu’île et le village de Newcastle. Son travail le plus important, du côté ouest, cependant, eut rapport aux plans d’York (Toronto). En 1788, il en avait préparé le premier plan pour le gouverneur général lord Dorchester [Carleton*], et quand John Graves Simcoe* fut nommé lieutenant-gouverneur de la nouvelle province, Aitken l’accompagna dans son expédition vers le nord jusqu’à l’actuel lac Simcoe dont il arpenta les alentours. En 1793, il dressa un nouveau plan de la ville d’York et fit des levés topographiques autour de la baie de Burlington (port de Hamilton) et du commencement de la rue Dundas à l’ouest. L’année suivante, il poursuivit ses travaux le long de la rue Yonge, au nord d’York, et au port de Penetanguishene.

Beaucoup de ses travaux d’arpentage lui valurent d’incroyables frustrations. L’équipement élémentaire faisait souvent défaut, le salaire de ses aides tardait à arriver et les colons se montraient insatisfaits de leur emplacement. La pauvreté de la terre arable constituait un problème. Le canton de Hungerford, par exemple, était tout en roc et en marécages, si bien qu’Aitken n’osait l’offrir à quiconque. Les inexactitudes, réelles ou prétendues, des arpentages causaient également des problèmes. Aitken dut faire enquête sur les plaintes voulant que ses prédécesseurs se fussent trompés dans l’arpentage du canton de Fredericksburgh, et, en 1797, il dut recommander un nouvel arpentage du canton de Richmond. Peter Russell* prétendit qu’Aitken et Augustus Jones* avaient fait des erreurs dans le plan urbain d’York. Au moment où Aitken était mourant, toutefois, le juge en chef John Elmsley* rendit témoignage à sa compétence générale, ajoutant que sa mort serait « un grand malheur » pour la chose publique.

On connaît peu de chose de la vie personnelle d’Aitken. Ne touchant pas un salaire élevé, il bénéficia néanmoins, comme tous les arpenteurs, d’un certain nombre de concessions de terres, obtenant 1 500 acres à la campagne et un emplacement à Kingston. Quand il était présent dans cette ville, il fréquentait l’église St George, à laquelle il fit plusieurs dons. Les déplacements constants, nécessités par son travail, paraissent ne lui avoir laissé que fort peu de temps pour s’intéresser à autre chose. Les conditions dans lesquelles il travaillait n’étaient guère favorables à sa santé, et il se plaignait de « fièvres intermittentes » (peut-être la malaria), se blessa à la poitrine en tombant de carriole, et, en 1797, souffrait de tuberculose. Sa sépulture, dans le cimetière St George (l’actuel enclos de l’église St Paul), eut lieu le 1er janvier 1800. Il ne s’était jamais marié, et ses biens fonciers allèrent à son père, en Écosse.

Frederick H. Armstrong

PAO, U.C., Lieutenant Governor’s Office, letterbook, 1799–1800, John Elmsley à Peter Hunter, 12 nov. 1799 ; RG 1, A-I-1, 1–3 ; A-I-6, 1–2, 30 ; A-II-1, 1 ; C-I-4, 40 ; CB-1, 9–11.— Queen’s University Archives (Kingston, Ont.), Hon. Richard Cartwright papers, account book, 1791–1798 ; [E. E. Horsey], Cataraqui, Fort Frontenac, Kingstown, Kingston (copie dactylographiée, 1937).— Correspondence of Lieut. Governor Simcoe (Cruikshank), II : 30, 71, 99, 111 ; III : 178, 263 ; V : 13s., 121, 163, 202, 237ss.— The correspondence of the Honourable Peter Russell, with allied documents relating to his administration of the government of Upper Canada [...], E. A. Cruikshank et A. F. Hunter, édit. (3 vol., Toronto, 1932–1936), I : 53, 65, 169s., 226.— Kingston before War of 1812 (Preston), 107, 125, 130, 296.— PAO Report, 1905, 310, 385, 389, 426, 458, 461s., 466–468, 472, 495, 507.— The town of York 1793–1815 : a collection of documents of early Toronto, E. G. Firth, édit. (Toronto, 1962), xxxii, xxxvi, 11, 14, 23, 37.— La Gazette de Québec, 10 juill. 1788.— F. M. L. Thompson, Chartered surveyors, the growth of a profession (Londres, 1968).— D. W. Thomson, Men and meridians : the history of surveying and mapping in Canada (3 vol., Ottawa, 1966–1969), I : 225s., 231.— Alexander Aitken, Assoc. of Ont. Land Surveyors, Annual report (Toronto), 47 (1932) : 100.— Willis Chipman, The life and times of Major Samuel Holland, surveyor-general, 1764–1801, OH, XXI (1924) :55–57.

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Frederick H. Armstrong, « AITKEN, ALEXANDER », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/aitken_alexander_4F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   23 avril 2014