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AUOINDAON, chef de la nation des Attignaouantans (Ours), le plus important groupe huron, établi à Quieunonascaran (près de la Penetanguishene actuelle, en Ontario), où était située Saint-Joseph, la mission des Récollets ; circa 1623.

Il fallait obtenir la permission d’Auoindaon pour aller à Québec. De son côté, son frère Onorotandi était, en pays huron, maître des routes et des rivières qui menaient au cours supérieur du Saguenay.

Auoindaon avait beaucoup d’affection pour les prêtres français et il leur servait «comme de Père Syndiq dans le pays ». Il lui arriva d’offrir de passer la nuit avec Sagard, qui était seul, parce que le chef craignait que le père soit importuné par les Iroquois, qui avaient envahi le pays huron, et aussi par les mauvais esprits. Sagard dit qu’il était « un bon vieillard, plein d’amitié et de bonne volonté ».

Au mois d’octobre 1623, Sagard accompagna Auoindaon à la baie Georgienne pour la campagne annuelle de pêche qui, cette fois-là, se poursuivit pendant plus d’un mois. Ils vécurent dans des cases du genre wigwam installées dans des îles. Les Indiens tendaient les filets la nuit et les rentraient à l’aube. Ils se servaient aussi de cordes de chanvre munies d’hameçons de bois ou d’os. Une partie du poisson était vidée et séchée sur des claies ; on en fumait une autre partie sur des perches avant de l’empaqueter dans des barillets, tandis qu’on faisait bouillir certains des plus gros pour en extraire l’huile. Quand la pêche était bonne, les réjouissances se poursuivaient sans interruption.

Les Indiens observaient les divers rites de la pêche. Ils ne jetaient pas les arêtes de poissons au feu, craignant que leurs esprits ne mettent les autres en garde ; ils croyaient aussi que les filets pouvaient voir, entendre, manger et communiquer avec les poissons. Tous les occupants de la case s’étant allongés sur le dos, un « prêcheur » s’adressait avec chaleur aux poissons pour les attirer dans les filets, pendant que d’autres jetaient du tabac sur le feu, en chantant sur un rythme incantatoire, pour assurer le succès de la pêche.

Lorsqu’il retourna chez les Hurons en 1634, Brébeuf logea, en compagnie de deux autres prêtres et d’un laïque, chez un certain Aouandoie, qui était peut-être un descendant ou un homonyme de Auoindaon. C’était un des plus riches Hurons ; autrefois, il avait habité Toanché, mais il était alors à Ihonatiria – ces deux villages sont situés près de Quieunonascaran, dans la péninsule de Penetanguishene. Toanché avait été deux fois incendié, et seule la case d’Aouandoie avait échappé aux flammes. Quelques résidents jaloux tentèrent d’y mettre le feu mais Aouandoie, homme généreux, prépara un festin et offrit aux moins fortunés une de ses deux huches de maïs, qui contenaient chacune 120 boisseaux.

Elsie McLeod Jury

JR (Thwaites).— Sagard, Long journey (Wrong and Langton).

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Elsie McLeod Jury, « AUOINDAON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/auoindaon_1F.html.

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Auteur de l'article:   Elsie McLeod Jury
Titre de l'article:   AUOINDAON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   2 octobre 2014