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Titre original :  Sir Thomas Sydney Beckwith

Provenance : Lien

BECKWITH, Sir THOMAS SYDNEY, officier, né en 1772, troisième fils de John Beckwith, officier ; il épousa Clementina Loughnan ; il eut un fils et au moins deux filles ; décédé le 15 janvier 1831 à Mahabaleshwar, Inde.

Thomas Sydney Beckwith fit d’abord du service actif de 1791 à 1798 comme officier subalterne en Inde. En 1800, il se joignit à l’Expérimental Corps of Riflemen, qui fut connu successivement, après 1802, sous le nom de 95th (Rifle) Régiment et de Rifle Brigade. Il se distingua d’abord par l’entraînement qu’il donna à cette unité, puis par le commandement qu’il y exerça à titre de lieutenant-colonel dès 1803. Il participa à des expéditions au Danemark en 1801 et en 1807 ainsi qu’au Hanovre en 1806, servit avec distinction en Espagne et au Portugal de 1808 à 1811, entra dans l’état-major comme sous-quartier-maître général en 1810 et, en 1812, devint adjoint au quartier-maître général. Le 29 mai 1812, il fut créé chevalier.

En janvier 1813, la Grande-Bretagne étant en guerre contre les États-Unis, Beckwith fut nommé adjoint au quartier-maître général en Amérique du Nord. En même temps, on lui confia le commandement des troupes de débarquement qui allaient participer à une opération amphibie destinée à ravager la région de la baie de Chesapeake et à réduire la pression des troupes américaines sur le Canada. Les débarquements ne se déroulèrent pas sans heurt et leur efficacité comme manœuvre de diversion était discutable, même si l’amiral sir John Borlase Warren prétendit qu’ils empêchèrent 25 000 hommes de marcher sur le Canada. L’expédition était d’autant moins efficace qu’elle était commandée à la fois par Beckwith et par les amiraux Warren et George Cockburn. Le capitaine Charles James Napier, commandant en second de Beckwith, attribua d’ailleurs l’échec d’une attaque contre l’île Craney, en Virginie, à cette « république de chefs ». Selon lui, Beckwith n’avait « manqué ni d’intelligence, ni de courage, ni d’habileté dans son travail, mais il n’était pas libre de faire ce qu’il estimait sage et se mettait à bouder quand on exigeait qu’il fît une chose qu’il trouvait idiote ». Pour Napier, c’était « sûrement un gars très brillant, mais un drôle de moineau ». L’expédition se rendit à Halifax en septembre 1813.

Plus tard dans l’année, Beckwith joignit l’état-major du Bas-Canada à titre de quartier-maître général, poste qui allait jouer un rôle décisif dans les dernières étapes de la guerre. Son service était responsable des campements, cantonnements et mouvements de l’armée, ce qui exigeait la collecte de renseignements topographiques et « secrets ». Dans l’armée européenne du marquis de Wellington, le quartier-maître général était devenu le principal officier et conseiller de l’état-major et, au Canada aussi, Beckwith était consulté sur une vaste gamme de problèmes.

À l’automne de 1814, Beckwith participa à l’attaque manquée de sir George Prévost* contre Plattsburgh, dans l’état de New York. La conduite de cette opération s’avéra un motif de tension entre l’état-major de Prévost et les officiers supérieurs qui venaient de quitter l’armée commandée par Wellington dans la péninsule Ibérique. En dépit de sa réputation, Beckwith n’échappa pas au blâme des nouveaux arrivants : le major général Frederick Philipse Robinson se montra particulièrement sévère envers lui parce qu’il n’avait pas obtenu tous les renseignements nécessaires au succès de l’attaque. Il faut dire que l’offensive de 1814 dépassait par son ampleur tout ce que les troupes canadiennes avaient connu jusque-là : tous les services de l’armée manquaient de personnel, et surtout d’officiers d’état-major qui connaissaient suffisamment le terrain. En outre, la responsabilité de la collecte des renseignements secrets n’était pas clairement assignée.

Thomas Sydney Beckwith ne fit plus de service actif après l’attaque de Plattsburgh, mais l’échec connu devant cette ville ne nuisit pas à sa réputation. Il devint même chevalier commandeur de l’ordre du Bain en janvier 1815. Nommé en 1827 colonel et commandant de son ancienne unité, alors connue sous le nom de Rifle Brigade, il devint commandant en chef à Bombay deux ans plus tard et obtint le grade de lieutenant général en 1830. Il mourut des fièvres en janvier 1831. Selon un contemporain, il fut l’« un des plus compétents des généraux servant dans les avantpostes, et peu d’officiers savaient aussi bien que lui tirer le meilleur parti d’une petite troupe ». Malheureusement, il semble qu’on ne lui permit pas de donner toute sa mesure en Amérique du Nord.

Glenn A. Steppler

Gentleman’s Magazine, juill.–déc. 1831 : 83.— Select British docs. of War of 1812 (Wood).— DNB. Hitsman, Incredible War of 1812.— Reginald Horsman, The War of 1812 (Londres, 1969). J. K. Mahon, The War of 1812 (Gainesville, Fla., 1972). William Napier, The life and opinions of General Sir Charles James Napier (4 vol., Londres, 1857), 1 : 221. G. A. Steppler, « A duty troublesome beyond measure : logistical considerations in the Canadian War of 1812 » (thèse de {{m.a}}., McGill univ., Montréal, 1974). S. G. P. Ward, Wellington’s headquarters : a study of the administrative problems in the Peninsula, 1809–1814 ([Londres], 1957).

Bibliographie générale

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Glenn A. Steppler, « BECKWITH, Sir THOMAS SYDNEY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/beckwith_thomas_sydney_6F.html.

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Auteur de l'article:   Glenn A. Steppler
Titre de l'article:   BECKWITH, Sir THOMAS SYDNEY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   1 septembre 2014