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BENJAMIN, ALFRED DAVID, homme d’affaires et philanthrope, né le 9 août 1848 à Melbourne (Australie), troisième fils de David Benjamin et d’Esther Solomon ; le 6 avril 1886, il épousa à Londres Rosetta Levy, et ils eurent un fils et deux filles ; décédé le 8 janvier 1900 à Toronto.

David Benjamin, marchand et banquier qui avait vu la chance lui sourire en participant à la ruée vers l’or en Australie, s’était probablement déjà retiré des affaires à l’époque où naquit son fils Alfred David Benjamin. En 1854, il retourna à Londres dans l’intention de consacrer tout son temps à servir sa communauté. Alfred David fréquenta l’école d’Alphonse Hartog à Camden Town (Londres), puis la University College School ; en 1867, à la University of London, il subit avec succès le premier examen en vue de la licence ès arts, et remporta même un prix de français, mais il interrompit ses études avant d’obtenir son diplôme.

Benjamin immigra à Montréal en 1873 ; il y vécut quelques années, séjourna ensuite à Londres un an et, finalement, s’établit à Toronto en 1878. Grâce à l’appui financier de son père, il devint l’un des associés de la M. and L. Samuel and Company, une entreprise qui exerçait le commerce de gros d’articles de quincaillerie, et quand Lewis Samuel* mourut en 1887, il prit la tête de la compagnie. Benjamin fit partie du Board of Trade et fut un membre respecté du milieu des affaires de Toronto. Une notice nécrologique allait le décrire comme un « homme affable et bienveillant [...] estimé pour son honnêteté en affaires ». En plus de diriger la M. and L. Samuel and Company, Benjamin assuma la présidence de la Metallic Roofing Company et de la Toronto Silver Plate Company. Libéral-conservateur, il fut membre de l’Albany Club et des Oddfellows.

Mais c’est surtout à la communauté juive que Benjamin porta son intérêt. Grâce à des investissements judicieux dans une mine des monts Cœur d’Alene, en Idaho, et dans d’autres entreprises, il eut les moyens et le loisir de s’adonner à la philanthropie. Juif orthodoxe, il enseigna à l’école de la synagogue qu’il fréquentait, Holy Blossom, et présida la congrégation presque sans interruption de 1882 jusqu’à sa mort. Il fit l’un des dons les plus importants au fonds de construction d’une nouvelle synagogue inaugurée en 1897, rue Bond : il versa avec son frère Frank D. la somme de 10 000 $. De plus, il réunit une grande partie des autres fonds nécessaires à la construction de l’édifice, et pour ce faire se rendit-en Angleterre, aux États-Unis et dans diverses régions du Canada. Benjamin fut aussi vice-président de la Hebrew Benevolent Society et de la société de charité des hommes de la congrégation Holy Blossom, ainsi que trésorier de la société sioniste locale et de la succursale torontoise de l’Anglo-Jewish Association, qui aidait les immigrants juifs désireux de s’établir dans l’ouest du Canada.

En 1897, Benjamin fut l’un des principaux opposants au projet qui visait à ajouter l’enseignement religieux chrétien au programme d’études des écoles publiques de Toronto. Avec le révérend Abraham Lazarus de la congrégation Holy Blossom et Edmund Scheuer, il soumit à la commission scolaire un exposé dans lequel sa congrégation déclarait que ce projet créerait une division inutile entre les citoyens de la ville.

Benjamin fut l’un des rares Juifs bien établis de Toronto qui essayèrent de créer des liens entre sa communauté, représentée par la congrégation Holy Blossom, et les Juifs originaires de l’Europe de l’Est qui avaient commencé à arriver au Canada dans les années 1880 et qui se fixaient dans le quartier St John. Il aida la congrégation autrichienne Shomrai Shabboth à acquérir l’immeuble qui devait lui servir de synagogue ; en 1899, il accepta de présider la Talmud Torah Association, organisme qui regroupait des Juifs de l’Europe de l’Est et dont le but était de fonder une école religieuse communautaire à Toronto ; tous les vendredis après-midi, enfin, Benjamin parcourait les rues à la recherche de crieurs de journaux d’origine juive et achetait tous leurs journaux pour qu’ils puissent participer, avec leur famille, à l’inauguration du sabbat.

En novembre 1899, Alfred David Benjamin, cycliste passionné, se blessa en tombant de sa bicyclette ; frappé d’incapacité pendant des semaines, il mourut d’un arrêt du cœur dans sa maison de la rue Sherbourne, en janvier 1900. Selon le Toronto Evening Star, ses obsèques donnèrent lieu à l’« un des plus grands rassemblements de personnes [...] que l’on n’ait jamais vus à Toronto pour un simple particulier ».

Stephen A. Speisman

Arch. privées, S. A. Speisman (Toronto), entrevue enregistrée avec Arthur Cohen, Toronto, 15, 20 déc. 1971.— GRO (Londres), Reg. of marriages in the registration district of Paddington (Londres), no 134 (6 avril 1886).— PRO, RG 9/11 : fos 86–87.— University College (Londres), Records of University College School, 1864–1865 ; Records of University College, 1865–1867.— Univ. of London Arch., Examination reg., 1866–1867.— Jewish Chronicle (Londres), 12 janv. 1900.— Canadian Jewish Times (Montréal), 18 août, 29 sept. 1899.— Daily Mail and Empire, 12 juin 1897, 9 janv. 1900.— Globe, 4 juin 1897, 9 janv. 1900.— Toronto Evening Star, 8, 10 janv. 1900.— Toronto World, 4 juin 1897, 10 janv. 1900.— The Jew in Canada : a complete record of Canadian Jewry from the days of the French régime to the present time, A. D. Hart, édit. (Toronto et Montréal, 1926).— Sigmund Samuel, In return : the autobiography of Sigmund Samuel ([Toronto], 1963).— S. A. Speisman, The Jews of Toronto : a history to 1937 (Toronto, 1979).

Bibliographie générale

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Stephen A. Speisman, « BENJAMIN, ALFRED DAVID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/benjamin_alfred_david_12F.html.

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Auteur de l'article:   Stephen A. Speisman
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   25 juillet 2014