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BOND, GEORGE, homme politique, propriétaire de moulins et ministre baptiste, né vers 1790 en Angleterre ; décédé le 8 janvier 1852 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

Né et élevé en Angleterre, George Bond arriva à Saint-Jean en 1819 pour exercer les fonctions de surintendant des Carleton Tidal Power Mills qui étaient situés dans le port de cette ville et appartenaient à William Black*. Il allait occuper ce poste durant 18 ans. Lorsque Black se retira en 1837, Bond prit la direction de l’ensemble des moulins et les exploita jusqu’à sa mort. C’était l’une des plus anciennes et des plus vastes installations du genre dans le sud du Nouveau-Brunswick, avec ses scies verticales, ses tours, un moulin à bardeaux et des moulins à farine. Pendant les années 1840, Bond serait devenu l’un des principaux bénéficiaires d’un marché qui se développait dans le secteur du madrier et du bois de sciage. Il resta pourtant un homme au revenu modeste. Comme la plupart des gens de son niveau social, il ne fut jamais en mesure de participer aux activités exportatrices de la ville et il ne passa pas de l’état de manufacturier à celui de commerçant ; il ne semble pas avoir possédé de navires et ne se lança pas dans le commerce transatlantique. Ses activités consistaient à acheter du bois, à le scier et à le vendre soit sur le marché intérieur, soit à des marchands de bois en vue de l’exportation. Dans les années 1850, toutefois, ces marchands avaient commencé à construire leurs propres moulins dans la région de Saint-Jean et ils faisaient une vive concurrence à Bond et aux autres propriétaires de moulins qui étaient dans sa situation.

À l’instar de Thomas Harding et de John McNeil Wilmot*, Bond était un des évangéliques, peu nombreux mais influents, qui exercèrent de l’ascendant sur la vie publique dans les centres urbains du Nouveau-Brunswick au milieu du xixe siècle. En 1825, Bond fut d’abord élu au conseil municipal de Saint-Jean, comme échevin du quartier Guys, et par la suite il remporta 21 élections annuelles. Il joua un rôle déterminant dans les affaires du conseil, surtout durant les années 1840, décennie critique pendant laquelle la ville fit faillite. Cette période fut marquée par les luttes que se livrèrent les divers quartiers afin d’obtenir du conseil un traitement de faveur. Les procès-verbaux du conseil municipal indiquent que Bond se montra un homme d’affaires prudent et soucieux avant tout de procurer des avantages aux gens qui demeuraient du côté du port où se trouvait Carleton, et de protéger les intérêts du milieu des affaires. En 1843, par exemple, il se prononça en faveur de l’imposition d’une taxe aux citoyens qui habitaient du côté du port où se trouvait Portland, pour venir en aide à la Saint John Water Company, mise sur pied par des hommes aussi importants que Ward Chipman, et il donna son assentiment afin que l’éminent marchand John Robertson* puisse louer à prix modique un nombre considérable de terrains municipaux. Malgré ce parti pris, l’attitude de Bond à l’égard de la plupart des questions municipales fut celle d’un réformateur modéré. Étant un représentant de la partie ouest de Saint-Jean, il apporta une certaine objectivité à l’étude des nombreux problèmes relatifs à la ville proprement dite. De plus, comme il était d’origine britannique, il n’éprouvait pas un respect très marqué pour de sacro-saintes institutions coloniales comme la charte municipale, que bien des gens révéraient comme un héritage des loyalistes fondateurs du Nouveau-Brunswick. Il préconisa constamment la réforme du système administratif de Saint-Jean, étant notamment en faveur de l’engagement de fonctionnaires permanents, et il appuya les efforts accomplis pour réviser la charte en vue de préserver la sécurité et l’ordre publics.

Au même titre que les scieries et la politique, la religion fut une préoccupation qui marqua l’existence de Bond. Il fut très actif dans ce domaine au cours des années qui virent naître la British and Foreign Bible Society et les sociétés de tempérance de Saint-Jean et de Carleton. Mais il se fit surtout connaître comme un des chefs laïques de la confession baptiste, comme prédicateur local et, après 1840, comme ministre. Propriétaire du terrain sur lequel fut édifié le temple baptiste de Carleton, il donna la plus grande partie de l’argent nécessaire à la construction de cet édifice, dans lequel il célébra les offices pendant les dernières années de sa vie. Ayant gardé les titres de propriété, il put léguer le terrain et l’édifice à sa belle-fille.

S’il n’eut jamais la fortune d’un marchand ni le prestige d’un député, George Bond fut un des bourgeois bien nantis qui eurent la haute main sur une large partie des affaires publiques de la ville. À l’intérieur de son quartier, il exerça une autorité qui, dans les domaines de la politique et de l’économie, fut pratiquement incontestée.

T. W. Acheson

APNB, RG 7, RS71, 1852, George Bond.— City Clerk’s Office (Saint-Jean, N.-B.), Common Council of Saint John, minutes, 14 oct. 1839, 8, 9 févr., 3 oct. 1843, 19 mai 1847.— New-Brunswick Courier, 10 janv. 1852.

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T. W. Acheson, « BOND, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bond_george_8F.html.

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Auteur de l'article:   T. W. Acheson
Titre de l'article:   BOND, GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   19 décembre 2014