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CAMERON, JAMES CHALMERS, médecin, professeur et administrateur d’hôpital, né le 18 janvier 1852 à Aultsville, Haut-Canada, fils du révérend James Yeo Cameron et de Charlotte Ann Ault ; le 2 septembre 1880, il épousa à Montréal Elizabeth Jane Dakers, et ils eurent un fils ; décédé dans cette ville le 16 mars 1912.

Descendant de loyalistes par son père et sa mère, James Chalmers Cameron étudia à l’Upper Canada College de Toronto avant d’entrer en 1871 à la faculté de médecine du McGill College à Montréal. Deux caractéristiques de sa formation contribueraient fortement à son succès comme praticien et professeur : une instruction vaste, diversifiée et approfondie en médecine et un vif intérêt pour les aspects cliniques de sa profession. En 1874, il obtint son doctorat et gagna un prix pour son examen final sur les « rapports cliniques ». La même année, il devint aide-interne en chirurgie au Montreal General Hospital. Nommé interne en chirurgie en 1875, il exerça cette fonction durant deux ans. En 1877, il entreprit en Europe des études post-doctorales dans le cadre desquelles il travailla près de deux ans à la célèbre maternité Rotunda à Dublin. Admis au Royal College of Physicians of Ireland pendant cette période, il étudia ensuite à Paris, à Berlin et à Vienne.

De retour au Canada, Cameron assuma en juin 1880 la chaire de médecine légale à la faculté de médecine du Bishop’s College, à Montréal. Même alors, il s’intéressait surtout à l’obstétrique : moins de deux mois plus tard, il mit sur pied, en collaboration avec le Women’s Hospital of Montreal (la maternité associée au Bishop’s College) un service externe d’obstétrique par l’intermédiaire duquel des équipes médicales soignaient les patientes chez elles. En 1881, il commença à donner des conférences sur les maladies infantiles. La chaire d’obstétrique et de maladies infantiles lui fut offerte en avril 1884, mais il ne l’occupa pas longtemps. Dès octobre 1885, il avait annoncé son intention de quitter cette chaire et le poste de registraire de la faculté de médecine (qu’il occupait depuis 1883). Il invoquait des ennuis de santé et voulait être libre de « faire dans un bref délai l’expérience d’un changement de climat ». Le changement qu’il souhaitait était peut-être plus politique que géographique. En février 1886, il exprima le désir de rompre tout à fait avec le Bishop’s College – toujours pour des raisons de santé et même s’il avait obtenu en décembre précédent le titre de professeur émérite – et, dès le mois de mai, il avait accepté la chaire d’obstétrique et de maladies infantiles au McGill College. Cet établissement avait meilleure réputation et présentait plus d’avantages pour un médecin ambitieux.

Cameron ferait des contributions importantes à la faculté de médecine de McGill, notamment un don de 5 000 $ ainsi que de précieux modèles et autres dispositifs pour l’enseignement de l’obstétrique. Il appartint à plusieurs comités permanents, dont ceux qui administraient la bibliothèque médicale et le muséum de la faculté. Toutefois, ce fut surtout en tant que professeur d’obstétrique et de médecin chef de l’University Maternity Hospital (le premier poste lui donnant droit, d’office, au second) qu’il exerça le plus d’influence. Au cours des années où il dirigea cet établissement, rebaptisé l’hospice de la maternité de Montréal en 1887, l’obstétrique se transforma. Naguère phénomène naturel dont l’accomplissement était guidé par une sage-femme, la naissance en vint à être considérée comme un événement médical qui exigeait un recours de plus en plus grand à des spécialistes et à un appareillage technique. Fait significatif, Cameron exerça des pressions pour que soit bâti un immeuble adapté à cette nouvelle vision des choses. Mettre en place des conditions optimales était si important pour lui que, en novembre 1886, il fit arrêter les travaux parce que des collègues de Washington avaient proposé d’apporter aux plans des modifications dont la réalisation était financièrement impossible à l’époque. Un édifice convenable fut achevé en 1905 ; Cameron donna 500 $ pour équiper l’une des salles d’opération.

Dès lors, tout était en place pour que l’hospice de la maternité de Montréal traite les accouchements de manière entièrement nouvelle. Les patientes privées étaient admises sous la responsabilité de leur propre médecin. On recourait de plus en plus aux forceps, à des interventions chirurgicales – symphysiotomie, pubiotomie, césarienne – et à l’anesthésie. La mortalité maternelle diminua, puis se stabilisa ; par contre, la mortalité périnatale resta, dans l’ensemble, plus élevée qu’avant la nomination de Cameron. L’attitude de Cameron se révèle particulièrement bien dans un avertissement tiré d’un manuel auquel il collabora en 1895 : « les obstétriciens ne pourront jamais faire du bon travail, du travail sûr, tant qu’ils n’apprendront pas à considérer tout accouchement comme un cas chirurgical susceptible de nombreuses possibilités pathologiques à éviter ou à surmonter, plutôt que comme la conclusion naturelle d’un processus physiologique ». En vertu de ses nouvelles directives, les leçons pratiques d’obstétrique en salles furent systématisées et le nombre d’accouchements auxquels les étudiants devaient assister avant d’obtenir leur diplôme, fixé autrefois à 6, augmenta au point d’atteindre 20 en 1911–1912. En outre, Cameron mit en œuvre un programme de formation pour élèves infirmières à l’hospice de la maternité selon un système de rotation avec d’autres hôpitaux.

Tout au long de sa carrière, Cameron conserva des relations avec le Montreal General Hospital (qui était étroitement lié à McGill). Entre le moment où il était revenu d’étudier à l’étranger et une date quelconque en 1883–1884, il avait figuré sur la liste de cet hôpital en tant que « médecin externe ». Il devint médecin adjoint en 1884–1885 et fit partie du personnel consultant de 1886–1887 à son décès. Le fait d’être associé au Montreal General Hospital fut sans doute très avantageux pour ce qui était du prestige et des possibilités cliniques. En plus, il fut nommé membre à vie du conseil d’administration de l’établissement en 1877.

Par ailleurs, James Chalmers Cameron fut nommé président honoraire de la section de pédiatrie au deuxième Congrès médical panaméricain (tenu à Mexico en 1896) et membre d’honneur de l’American Gynecological Society en 1910. Il appartint à la British Medical Association, à l’Edinburgh Obstetrical Society et à la Montreal Medico-Chirurgical Society. Il fut également examinateur médical en chef auprès de l’Equitable Life Assurance Company et adjoint au chirurgien du 6th Battalion of Infantry (Fusiliers). Son appartenance à la Société allemande de Montréal (à compter de 1889) et à une chorale et association amicale nommée Teutonia Glee Club (au moins à partir de 1900) témoigne qu’il continua de s’intéresser à la culture allemande après ses études à Berlin. Fait remarquable, l’armée allemande l’engagea à titre spécial comme médecin inspecteur. Membre du Club St James et du University Club, il était également franc-maçon. Il subit son initiation à la Royal Albert Lodge en 1874. En qualité d’ancien maître de cette loge, il contribua en 1911 à la formation de la University Lodge, dont il fut élu maître. Cependant, il mourut avant son intronisation. Il avait dessiné le joyau de cette loge, que l’on porta ensuite en mémoire de lui. Il fut aussi premier grand diacre de la Grand Lodge of Quebec. Sa réputation d’amateur de littérature – on sait qu’il donna des conférences sur Robert Louis Stevenson et Robert Burns – laisse deviner un autre aspect de sa personnalité. Il pratiquait également des activités physiques : dans les années 1890, il faisait ses visites médicales à bicyclette. Étant donné sa nombreuse clientèle privée, ses fonctions pédagogiques et hospitalières et ses multiples autres intérêts, il était bien connu à Montréal. Ses funérailles à l’église presbytérienne St Paul se déroulèrent selon le rite maçonnique. Comme le nota une nécrologie, « son décès [représentait] une perte pour des milliers de gens ».

Rhona Richman Kenneally

James Chalmers Cameron est l’auteur de nombreux articles qui ont paru dans plusieurs publications scientifiques ; le dossier Cameron, conservé au DBC, contient la liste de ces articles.

AN, MG 28, V 147, 1 ; 19.— Bishop’s Univ. Arch. and Special Coll. (Lennoxville, Québec), Minutes of the medical faculty, 1871–1900.— McGill Univ. Arch. (Montréal), RG 38 (Faculty of medicine), c.1, c.16, c.29.— McGill Univ. Libraries, Osler Library, Acc. 563/15–17, /21–22.— Gazette (Montréal), 18 mars 1912.— Montreal Daily Witness, 19 mars 1912.— Montreal Herald, 18 mars 1912.— W. H. Atherton, Montreal, 1534–1914 (3 vol., Montréal, 1914).— Bylaws of the University Lodge A.F. & A.M., No. 84, G.R.Q. (nouv. éd., Montréal, 1992).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898 et 1912).— R. R. Kenneally, « The Montreal Maternity, 18431926 : evolution of a hospital » (mémoire de {{m.a}}., McGill Univ., 1983).— D. S. Lewis, Royal Victoria Hospital, 1887–1947 (Montréal, 1969).— McGill Univ., Faculty of medicine, Calendar, 18741913.— Montreal General Hospital, Annual report, 18741913.

Bibliographie générale

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Rhona Richman Kenneally, « CAMERON, JAMES CHALMERS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cameron_james_chalmers_14F.html.

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Auteur de l'article:   Rhona Richman Kenneally
Titre de l'article:   CAMERON, JAMES CHALMERS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   31 octobre 2014