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CONEFROY, PIERRE, prêtre catholique, vicaire général et architecte, né le 28 décembre 1752 à Québec, fils de Robert Conefroy, négociant, et de Marie-Josette Métivier ; décédé le 20 décembre 1816 à Boucherville, Bas-Canada.

Pierre Conefroy grandit dans l’aisance à Québec, rue Buade, sur la place du Marché. Il fait ses études au séminaire de cette ville et est ordonné prêtre le 21 décembre 1776 par Mgr Briand*. En mai 1774, ses parents l’avaient doté d’une rente viagère de 150#, payable deux fois par année, à partir du moment où il deviendrait sous-diacre.

Après son ordination, Conefroy passe quatre années dans la paroisse des Saints-Anges, à Lachine. En 1781, il devient curé de Saint-Joachim, à Pointe-Claire. Trois ans plus tard, il y établit un couvent dirigé par des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame. C’est lui qui conduit les travaux de construction, qui seront terminés en 1787 ; de plus, il fait agrandir le presbytère, selon ses plans, en 1786. L’année suivante, Mgr Hubert*, coadjuteur de Mgr Louis-Philippe Mariauchau* d’Esgly, effectue sa visite pastorale dans la paroisse les 19, 20 et 21 mai, et le rapport qu’il en fait renseigne sur l’administration de Conefroy : les comptes sont approuvés, le coût des divers services religieux est établi et le revenu est réparti entre la fabrique et le curé. Après une description des affaires de la paroisse, Hubert note, à la fin de son rapport, quelques éléments de la vie privée de Conefroy : il possède dans sa bibliothèque l’Histoire philosophique et politique [...] de l’abbé Guillaume Raynal, la Morale des jésuites [...] et des œuvres de Diderot ; sa mère, ses deux sœurs et une jeune servante habitent avec lui. Dans l’ensemble, Conefroy jouit de la confiance de son évêque ; il a le pouvoir de confesser et d’absoudre des cas réservés dans tout le gouvernement de Montréal.

En septembre 1790, Conefroy quitte Pointe-Claire pour la paroisse de la Sainte-Famille, à Boucherville, où il succède à Charles-Marie-Madeleine d’Youville*. En plus d’être mieux rémunérée, cette cure menait habituellement son titulaire à la fonction de vicaire général. En 1801, Conefroy bâtit la troisième église de la paroisse, pour laquelle il avait lui-même tracé les plans, et entreprend de restaurer le presbytère. Fidèle à la tradition, Conefroy reprend pour cette église les grandes lignes de l’architecture religieuse des périodes précédentes, adoptant le plan en croix latine, terminée par une abside en hémicycle, tout en tenant compte des besoins nouveaux. S’ouvre alors pour lui une période fort active, puisqu’on commence à le consulter d’un peu partout au sujet de la construction ou de l’agrandissement des églises. En effet, la coutume veut qu’un prêtre préside les enquêtes qui précèdent légalement toute construction d’église ; Conefroy fait partie d’un groupe d’ecclésiastiques qui s’intéressent à l’architecture et à qui on demande fréquemment conseil. Il prépare un plan et un devis qui, sans être une création, assurent la codification de plusieurs données relatives à un genre de construction d’église adapté au climat, aux matériaux de construction et aux habitudes artisanales des maîtres d’œuvre. De cette consolidation d’une tradition architecturale naît l’uniformisation de l’architecture paroissiale, d’où l’épithète de prêtre architecte qui a été attribuée à Conefroy. Ainsi, jusque vers les années 1830, l’influence de ce plan de Conefroy se fera sentir dans la construction d’églises, notamment celle de Saint-Roch-de-l’Achigan, ainsi que les églises Saint-Antoine à Longueuil et Saint-Antoine-de-Padoue à Rivière-du-Loup (Louiseville).

Du 3 mai au 11 novembre 1803, Conefroy accompagne Mgr Denaut lors de sa visite dans les Maritimes. De nouveau, en 1805, l’évêque le désigne pour l’accompagner à la baie des Chaleurs dans un voyage qu’il se propose d’entreprendre à l’été de 1806. En 1808, Conefroy est nommé vicaire général par Mgr Plessis*, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. La correspondance qu’il entretient avec son évêque témoigne aussi bien d’une culture étendue que de l’attention qu’il porte à sa tâche et de l’intérêt soutenu qu’il accorde aux diverses constructions d’églises, en particulier à celle de Longueuil.

En décembre 1815, Pierre Conefroy est saisi d’une si mauvaise attaque de goutte qu’il se croit à l’article de la mort. Il s’en remettra difficilement et restera affaibli. Cependant, il continuera d’exercer son ministère jusqu’à sa mort survenue le 20 décembre 1816. Son ardeur à la tâche lui a mérité l’estime de son évêque de même que celle de ses paroissiens.

Claudette Lacelle

AAQ, 20 A, II : 101 ; 1 CB, II : 28–46 ; 303 CD, I : 2 ; 61 CD, Notre-Dame de Québec, I : 18 ; 69 CD, I : 104–106 ; IA : 15s. ; 60 CN, VI : 70.— MAC-CD, Fonds Morisset, 2, C747.3/P622.— Caron, « Inv. de la corr. de Mgr Denaut », ANQ Rapport, 1931–1932 ; « Inv. de la corr. de Mgr Hubert et de Mgr Bailly de Messein », 1930–1931 ; « Inv. de la corr. de Mgr Plessis », 1927–1928 ; 1932–1933.— Desrosiers, « Corr. de cinq vicaires généraux », 1947–1948.— Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle [...] (Montréal, 1900).— Tanguay, Répertoire (1893).— Désiré Girouard, Les anciennes côtes du lac Saint-Louis, avec un tableau complet des anciens et nouveaux propriétaires (Montréal, 1892).— Gosselin, L’Église du Canada après la Conquête, 1–2.— [Louis Lalande], Une vieille seigneurie, Boucherville ; chroniques, portraits et souvenirs (Montréal, 1890).— Morisset, Coup d’ail sur les arts. Luc Noppen, Notre-Dame de Québec, son architecture et son rayonnement (1647–1922) (Québec, 1974).— Gérard Morisset, « L’influence de l’abbé Conefroy sur notre architecture religieuse », Architecture, Bâtiment, Construction (Montréal), 8 (févr. 1953) : 36–39.

Bibliographie générale

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Claudette Lacelle, « CONEFROY, PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/conefroy_pierre_5F.html.

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Auteur de l'article:   Claudette Lacelle
Titre de l'article:   CONEFROY, PIERRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   1 novembre 2014