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DesBRISAY, MATHER BYLES, avocat, homme politique, fonctionnaire, juge et historien, né le 19 mars 1828 à Chester, Nouvelle-Écosse, fils de Thomas Belcher DesBrisay et de Lucretia Bourdette Woodward ; en septembre 1876, il épousa Ada A. Harley, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 8 avril 1900 à Bridgewater, Nouvelle-Écosse.

Mather Byles DesBrisay était l’arrière-petit-fils de Thomas DesBrisay*, lieutenant-gouverneur de l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard), et du pasteur loyaliste Mather Byles*. Après des études à Halifax et à Dartmouth, il reçut sa formation juridique au cabinet de George Augustus Blanchard et d’Alexander James, à Halifax. On l’admit au barreau en 1851. Trois ans plus tard, avec son collègue Howard D. Steele, il agit à titre de secrétaire de la première exposition industrielle de la Nouvelle-Écosse. DesBrisay exerça le droit à Halifax durant plusieurs années avant de s’installer à Chester puis, en 1865, à Bridgewater.

Après une tentative infructueuse dans l’arène politique en 1863, DesBrisay, un libéral, fut élu député de la circonscription de Lunenburg à la chambre d’Assemblée, et ce avec une forte majorité, au moment où la vague (libérale) d’opposition à la Confédération déferlait en 1867. Il était parmi les sept députés extrémistes dirigés par le docteur George Murray*, de la circonscription de Pictou, qui s’opposaient farouchement à l’« adhésion forcée » de la Nouvelle-Écosse à la Confédération. Selon DesBrisay, « le Canada n’avait pas davantage le droit de taxer la Nouvelle-Écosse sans le consentement de la population que la Grande-Bretagne ne l’avait de taxer les colonies américaines en 1776 ». Réélu en 1871 et en 1874, il avait compris dès 1871 que la révocation de la Confédération était impossible. Il avait également constaté que les libéraux, une fois au pouvoir, s’étaient montrés aussi cupides que les conservateurs. On avait récompensé de riches partisans par l’octroi de vastes terres propices à la spéculation forestière et minière. Dans les années 1870, DesBrisay exerça la fonction d’agent d’immigration pour la province : il estimait qu’on devait réserver les terres aux colons véritables, et il en combattit l’appropriation avec un certain succès en forçant le gouvernement à publier une liste des concessions. Dans le but d’écarter DesBrisay, le premier ministre William Annand* l’avait nommé commissaire responsable de la refonte et de l’unification des lois de la province. Élu président de l’Assemblée en mai 1875, il démissionna l’année suivante pour devenir juge de la Cour des comtés de Lunenburg, de Queens et de Shelburne, poste qu’il conserva jusqu’en 1897.

Si Mather Byles DesBrisay a laissé sa marque, c’est bien plus à titre d’historien que comme juge ou homme politique. Une version augmentée de l’essai sur l’histoire du comté de Lunenburg qu’il présenta en 1868 pour l’Akins Historical Prize [V. Thomas Beamish Akins], au King’s College, fut publiée deux ans plus tard à Halifax. En 1895, à Toronto, on procéda à une deuxième édition, considérablement augmentée, de History of the County of Lunenburg. L’ouvrage, qui s’appuie sur des documents très divers et des entrevues avec de nombreux colons d’un âge avancé, constitue une tentative sincère de recréer l’atmosphère de l’ancien Lunenburg et de décrire l’évolution de la colonie. On y trouve, certes, les erreurs inévitables dans une œuvre nourrie de réminiscences, et on y fait souvent l’éloge des vaillants pionniers du comté sur un ton moralisateur. Mais, à l’instar de George Patterson dans History of the county of Pictou, Nova Scotia publié à Montréal en 1877, DesBrisay s’élève bien au-dessus des méandres généalogiques propres à la plupart des historiques de comté de la Nouvelle-Écosse. Winthrop Pickard Bell a rendu hommage au travail de DesBrisay et s’en est souvent inspiré dans sa monumentale étude intitulée The « foreign Protestants » and the settlement of Nova Scotia [...].

A. A. MacKenzie

Mather Byles DesBrisay se classa deuxième au concours Akins de 1868 avec son essai intitulé : « History of the county of Lunenburg » ; le manuscrit est conservé dans la collection des Akins Hist. Prize Essays à la Univ. of King’s College Library (Halifax). L’édition de 1895 a été réimprimée (Belleville, Ontario, 1980).

PANS, MG 100, 115, no 20.— N.-É., House of Assembly, Debates and proc., 1869–1872 ; Journal and proc., 1874–1875.— Acadian Recorder, 9–10 avril 1900.— Morning Chronicle (Halifax), 1868, 1872.— Canadian biog. dict.— Legislative Assembly of N.S. (Elliott).— W. P. Bell, The « foreign Protestants » and the settlement of Nova Scotia [...] (Toronto, 1961).— K. G. Pryke, Nova Scotia and confederation, 1864–74 (Toronto, 1979).— M. B. Taylor, « Nova Scotia’s nineteenth-century county histories », Acadiensis (Fredericton), 10 (1980–1981), no 2 : 159–167.

Bibliographie générale

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A. A. MacKenzie, « DesBRISAY, MATHER BYLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/desbrisay_mather_byles_12F.html.

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Auteur de l'article:   A. A. MacKenzie
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   25 octobre 2014