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DÉSILETS, AIMÉ, avocat, rédacteur en chef et traducteur, né le 2 août 1826 à Bécancour, Bas-Canada, fils d’Isidore Désilets, cultivateur, et de Marie Morasse (Pérenne de Moras) ; décédé le 4 mars 1860 à Québec.

Aimé Désilets fit ses études classiques au séminaire de Nicolet de 1839 à 1844. En 1842, il participa à cet endroit à la création d’une société littéraire dont l’abbé Jean-Baptiste-Antoine Ferland* avait été l’instigateur et qui fut connue plus tard sous le nom d’Académie. Après avoir fait des études de droit sous la direction de Pierre-Benjamin Dumoulin et de Joseph-Georges-Antoine Frigon, avocats de Trois-Rivières, il était admis au barreau le 13 septembre 1848. Il exerça le droit en société avec Joseph-Édouard Turcotte* jusqu’en janvier 1853.

Le 9 décembre 1852 parut à Trois-Rivières le premier numéro de l’Ère nouvelle dont les rédacteurs en chef étaient Désilets et Napoléon Bureau. Dans leur éditorial, ceux-ci envisageaient « avec beaucoup d’orgueil la position actuelle de [leur] district en la comparant à son passé » et constataient « qu’une ère nouvelle venait de s’ouvrir » pour la région. « Une activité et un esprit d’entreprise qui ne s’y étaient jamais vus » se manifestaient, et les rédacteurs entendaient s’intéresser particulièrement au développement industriel et commercial. De plus, ils projetaient de donner une tendance réformiste au journal et de traiter de l’abolition de la tenure seigneuriale, de l’indemnité à accorder aux jurés, de l’augmentation de la représentation parlementaire, du Conseil législatif électif et de la colonisation des cantons.

Désilets collabora à l’Ère nouvelle jusqu’au 20 janvier 1853, date à laquelle il démissionna de son poste de rédacteur en chef à cause de « circonstances graves et imprévues ». Attaqué dans un article paru dans l’Ère nouvelle, Joseph-Édouard Turcotte, propriétaire du Journal des Trois-Rivières, réclamait des rédacteurs et de l’imprimeur du journal concurrent des dommages-intérêts de £500. Cette poursuite, en plus de marquer la fin de l’association de Turcotte et de Désilets comme avocats, serait à l’origine de la démission de ce dernier qui se remit à la pratique du droit et s’installa dans le cabinet occupé auparavant par l’avocat Louis-Eusèbe Désilets, rue Saint-Joseph. Le 16 août 1854, Désilets accepta de reprendre son poste à l’Ère nouvelle, non sans avoir hésité, car selon lui il s’agissait d’une lourde tâche dont personne ne pouvait connaître le poids à moins de l’avoir déjà remplie.

      L’Ère nouvelle plaida constamment en faveur de la construction d’un chemin de fer sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec, afin que la région de Trois-Rivières ne soit pas isolée et défavorisée face aux autres régions du pays. En 1853, Désilets fut secrétaire du comité local du chemin de fer de la rive nord, ainsi que l’un de ceux qui demandèrent la reconnaissance juridique d’une compagnie qui s’occuperait de la construction de ce chemin de fer [V. Joseph-Édouard Cauchon*].

En mai 1855, Désilets quitta l’Ère nouvelle et Trois-Rivières afin de se consacrer à la pratique du droit dans les Bois-Francs. C’est d’ailleurs à cette époque que se situe son mariage avec Élize Dumont, célébré à Yamachiche le 31 mai 1855. De cette union naîtra une fille. Au cours de l’été, Désilets ouvrit un bureau à Stanfold (Princeville) et un autre à Saint-Christophe-d’Arthabaska, où il s’établit. Le 4 août suivant, il devenait le premier secrétaire-trésorier de cette municipalité et, le 10 octobre, le premier secrétaire-trésorier du conseil de comté d’Arthabaska.

En 1856, Aimé Désilets se rendit à Toronto pour exercer ses nouvelles fonctions de traducteur à l’Assemblée législative du Canada. Le 4 mars 1860, l’Assemblée siégeant alors à Québec, Désilets mourait peu après l’ouverture de la session des suites d’« une courte maladie », à l’âge de 33 ans. Il fut inhumé à Trois-Rivières où il possédait une résidence. Peu de temps après, les avocats du district d’Arthabaska se réunirent afin de rendre hommage à celui qui avait fait œuvre de pionnier en étant le premier avocat à résider et à pratiquer dans les Bois-Francs.

Jean-Marie Lebel

ANQ-MBF, CE1-4, 2 août 1826 ; CE1-52, 31 mai 1855 ; CN1-11, 30 mai 1855 ; CN1-19, 29 sept. 1849 ; CN1-47, 21 août 1849, 23 mars 1860 ; CN1-62, 6 avril 1850, 19 avril 1851, 26 août 1852.— APC, MG 30, D1, 10 : 621-622.— Le Courrier du Canada, 5 mars 1860.— L’Ère nouvelle, 1852-1855, 5 mars 1860.— Douville, Hist. du collège séminaire de Nicolet, 1 : 299 ; 2 : 160.— Alcide Fleury, Arthabaska, capitale des Bois-Francs (Arthabaska, Québec, 1961), 12, 191, 224, 228.— Albert Tessier, Trois-Rivières : quatre siècles d’histoire, 1535-1935 (2e éd., [Trois-Rivières], 1935).— Nive Voisine, Louis-François Laflèche, deuxième évêque de Trois-Rivières (1 vol. paru, Saint-Hyacinthe, Québec, 1980-  ), 1 : 68.— « Quelques journaux trifluviens », BRH, 42 (1936) : 723-725.— Lion Trépanier, « l’Ère nouvelle des Trois-Rivières », la Patrie, 4 févr. 1951 : 100.

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Jean-Marie Lebel, « DÉSILETS, AIMÉ », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/desilets_aime_8F.html.

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Auteur de l'article:   Jean-Marie Lebel
Titre de l'article:   DÉSILETS, AIMÉ
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   2 septembre 2014