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DEVLIN, BERNARD, avocat et homme politique, né le 15 décembre 1824 à Roscommon, en Irlande, fils d’Owen Devlin, riche propriétaire terrien, et de Catherine Mellany, décédé à Denver, au Colorado, le 8 février 1880.

Bernard Devlin commença ses études de médecine sous la direction de son oncle, le docteur Charles Devlin, célèbre praticien de Ballina, comté de Mayo, et il alla les compléter à Dublin. En 1844, il arriva à Québec avec son père qui émigrait à la suite de malheurs financiers. Le Bureau médical de Québec lui ayant refusé de pratiquer la médecine parce qu’il n’était pas majeur, il fonda un hebdomadaire d’opinion libérale, The Freeman’s Journal and Commercial Advertiser, qui vécut de 1844 à 1847, et qu’il dirigea jusqu’au moment où il se rendit à Montréal pour y poursuivre son activité de journaliste et y étudier le droit dans l’étude d’Edward Carter. Il fut admis au Barreau du Bas-Canada en octobre 1847. Bernard Devlin se tailla rapidement une clientèle considérable, surtout comme criminaliste. Il fut aussi pendant quelques années un des avocats de la corporation municipale de Montréal et, de 1863 à 1870, conseiller et échevin ; il contribua par ses démarches à la création du parc du Mont-Royal. En 1868 il était admis au Barreau de l’Ontario.

En 1864, le gouvernement des États-Unis retint ses services dans la poursuite prise à Montréal contre les confédérés qui avaient participé au raid de St Albans. Officier de milice pendant 15 ans, Bernard Devlin commanda le 1er régiment des Prince of Wales Rifles contre les Féniens en juin 1866. Très actif dans le milieu irlandais, ainsi qu’en témoigne sa participation à une assemblée en faveur du rappel de l’union de l’Angleterre et de l’Irlande en 1848, il fut à quelques reprises président de la Société Saint-Patrice de Montréal qui était le foyer patriotique d’un élément devenu très puissant.

En 1867, Bernard Devlin se présenta sans succès aux élections fédérales comme candidat libéral contre Thomas D’Arcy McGee* dans la circonscription de Montréal-Ouest. La lutte fut très violente entre Irlandais. McGee et ses partisans représentaient les modérés qui craignaient les Féniens alors qu’on accusait Devlin de leur être secrètement favorable. Celui-ci réussit à réduire à quelques voix la majorité de son adversaire. Il fut défait dans Montréal-Centre en 1874 par Michael Patrick Ryan*, mais ce dernier ayant vu son élection annulée, Devlin fut élu sans concurrent en 1875. Il siégea à la chambre des Communes jusqu’aux élections de 1878 alors qu’il fut défait par son ancien adversaire Ryan. Excellent orateur, aimé des foules, il prit à quelques reprises la parole à la chambre des Communes. Son premier discours, le 12 février 1875, fut prononcé en faveur de l’amnistie de Louis Riel* et d’Ambroise-Dydime Lépine*. Le 8 mars 1875, il prit une part considérable au débat sur la motion de John Costigan* en faveur des écoles séparées du Nouveau-Brunswick et il en fut spécialement remercié par l’évêque catholique de Saint-Jean, Mgr John Sweeney*. Un de ses discours les plus célèbres est celui qu’il prononça le 19 mars 1877 pour proposer qu’on étudie la possibilité de mieux représenter les minorités en transformant le système électoral. Il mourut le 8 février 1880, à Denver au Colorado, où il faisait un séjour à cause de sa santé chancelante.

Bernard Devlin avait épousé en 1848 Anna Eliza Hickey, de Brooklyn, New York. Il laissait à sa mort deux filles et un fils. Ses funérailles qui se déroulèrent à Montréal attirèrent des milliers de personnes et l’inhumation eut lieu au cimetière de la Côte-des-Neiges le 16 février 1880.

J.-C. Bonenfant

[Brute et Grey], Collection Elgin-Grey (Doughty), I : 163s.— Débats de la chambre des Communes du Canada, 1875, 108–111 ; 1877, 814–834.— Documents de la session (Canada), 1867–1868, 7, no 41 ; 1873, 6, no 60 ; 1874, 6, no 59 ; 1879, 9, no 88.— True Witness and Catholic Chronicle (Montréal), 11 févr., 18 févr. 1880.— Can. parl. comp., 1875, 207s.— Dom. ann. reg., 1880–81, 405s.— T. P. Slattery, The assassination of D’Arcy McGee (Toronto et New York, 1968), passim.

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J.-C. Bonenfant, « DEVLIN, BERNARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/devlin_bernard_10F.html.

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Auteur de l'article:   J.-C. Bonenfant
Titre de l'article:   DEVLIN, BERNARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   20 août 2014