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DRACHART, CHRISTIAN LARSEN (Lorenz, Lauritsen), missionnaire morave au Labrador, né le 23 juin 1711 à Skælskpr, Sjælland, Danemark, décédé le 8 septembre 1778 à Nain, Labrador.

Christian Larsen Drachart, fils de marchand, fut élevé, après la mort de son père, par son oncle qui était pasteur luthérien. Il obtint un diplôme en théologie à Copenhague et entra ensuite au Seminarium Groenlandicum, institution luthérienne fondée en 1737 dans le but de former des missionnaires éventuels pour le Groenland. En 1739, il reçut les ordres puis fut envoyé à la mission de Godthaab.

Drachart avait témoigné de l’intérêt pour le piétisme quand il était étudiant ; il prit bientôt contact avec les frères moraves qui étaient installés à New Herrnhut, dans le voisinage immédiat de Godthaab. Ils eurent sur lui une profonde influence, et il se mit à adopter certaines de leurs règles, ce qui provoqua des heurts avec ses supérieurs de la mission luthérienne. En effet, ceux-ci n’avaient jamais approuvé les tactiques missionnaires des moraves qui, selon eux, jouaient trop sur les émotions. En 1745, il épousa une morave et fut accepté dans la congrégation de New Herrnhut. Il quitta le Groenland après la mort de sa femme en 1751 et vécut dans le village de Herrnhut en Saxe (République démocratique allemande). Il y travailla comme peintre sur porcelaine jusqu’en 1765, date à laquelle il se porta volontaire pour aider à fonder une mission chez les Inuit du Labrador.

Cet été-là, Drachart se joignit à Jens Haven et à deux autres frères moraves lors d’un voyage au Labrador afin de trouver un endroit où s’établir et « tâter l’humeur des Esquimaux ». Haven remonta la côte vers le nord mais Hugh Palliser, gouverneur de Terre-Neuve, retint Drachart à la baie des Châteaux, dans le sud du Labrador. Il avait besoin d’un interprète pour persuader les Inuit de ne plus commercer avec les Français et de ne plus harceler les Britanniques qu’il encourageait à établir une pêcherie sur la côte méridionale du Labrador [V. Nicholas Darby]. Pendant trois semaines, au mois d’août, Drachart fut à la fois agent du gouvernement et missionnaire, situation qui lui répugna. En outre, sa position devint plus difficile du fait qu’il ne parlait pas l’anglais et devait compter sur l’aide d’un morave anglais, John Hill. Néanmoins, Drachart réussit à se gagner la confiance des Inuit de la région, dont certains avaient rencontré Haven l’année précédente, et les persuada de rencontrer Palliser. Le 21 août, une sorte de pacte fut conclu : les Inuit acceptaient de considérer le drapeau britannique comme symbole d’amitié et de se tenir à distance des pêcheurs britanniques. Dès que Palliser eut quitté le Labrador au début de septembre, Drachart, que Haven avait rejoint, reprit son rôle d’évangéliste qui lui convenait davantage.

Après le voyage de 1765, les moraves refusèrent de retourner au Labrador à moins de recevoir une concession, requête que Palliser et le Board of Trade rejetèrent. Drachart alla demeurer dans l’établissement morave de Fulneck (près de Pudsey, West Yorkshire, Angleterre). Ce fut là que, de juin à octobre 1769, il s’occupa de Karpik, un garçon inuit qui avait été capturé par un détachement du fort York (Labrador) en novembre 1767 [V. Francis Lucas*]. Sous l’influence de Drachart, Karpik se convertit au christianisme, mais la mort de ce garçon, des suites de la variole, lui causa une vive déception. Cet événement incita Drachart à modifier sa décision de ne pas retourner au Labrador.

En 1770, une fois la concession obtenue, Drachart se joignit à Haven pour faire un autre voyage d’exploration. Suivant les comptes rendus de l’expédition, Drachart prêchait en toute occasion avec la dernière opiniâtreté ; d’autre part, il entama les négociations au terme desquelles les Inuit « vendirent » une étendue-de terre aux moraves. L’année suivante, il fit voile à destination du Labrador pour la dernière fois, en tant que membre d’un groupe de missionnaires qui devaient fonder un établissement à Nain. Trop âgé pour se déplacer, Drachart participa néanmoins activement à l’œuvre spirituelle de la mission. Il mourut à Nain en 1778 ; on exposa son corps pour que les Inuit lui rendent visite et puissent ainsi voir son « air amical et souriant » et apprendre à ne pas craindre la mort. Cette fin illustrait bien une vie consacrée à la conversion des Inuit.

J. K. Hiller

APC, MG 17, D1.— PRO, CO 194/16.— L. T. A. Bobé, Hans Egede, colonizer and missionary of Greenland(Copenhague, 1952), 187s.— J. W. Davey, The fall of Torngak, or the Moravian mission on the coast of Labrador (Londres, 1905), 104–106.— Finn Gad, The history of Greenland (2 vol., Londres et Montréal, 1970–1973), II : 254–260.— Hiller, Foundation of Moravian mission, 47–54.— Grpnlandsmissionæren Christian Drachart, Atuagagdlitit/Groenlandsposten (Godthaab, Groenland), 1963, no 13 : 17.

Bibliographie générale

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J. K. Hiller, « DRACHART, CHRISTIAN LARSEN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/drachart_christian_larsen_4F.html.

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Auteur de l'article:   J. K. Hiller
Titre de l'article:   DRACHART, CHRISTIAN LARSEN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   28 juillet 2014