DCB/DBC Mobile beta
+

DUPUIS, NAZAIRE, fondateur de l’une des grandes entreprises commerciales de Montréal, né à Saint-Jacques-de-l’Achigan (Saint-Jacques, comté de Montcalm) en 1843, du mariage de Joseph Dupuis, marchand, et d’Euphrasie Richard, d’ascendance acadienne, décédé à Montréal le 24 août 1876.

À la mort de son père en 1864, Nazaire Dupuis vint à Montréal avec sa famille afin d’y tenter fortune et de subvenir aux besoins des siens. Après un apprentissage du commerce comme employé pendant quatre années, il lançait, dès 1868, un magasin de nouveautés rues Sainte-Catherine et Montcalm, dans l’est de la ville. L’entreprise, modeste, occupait un immeuble de 25 pieds par 50. Deux années plus tard, le succès l’obligeait à agrandir son commerce qu’il installait rues Sainte-Catherine et Amherst.

À cette époque la population de Montréal atteignait 100 000 âmes. Plein d’initiative, Nazaire Dupuis franchit l’Atlantique pas moins de cinq fois dans l’intérêt de ses affaires et établit des contacts profitables avec des industriels européens, notamment avec ceux du Lancashire, Angleterre. Dès ce temps, il y avait intéressé ses nombreux frères. Malgré la crise économique qui s’abattit sur le continent aux lendemains de 1872, sa maison continua de prospérer. Mais, en août 1876, Nazaire Dupais s’éteignait prématurément. Il n’avait que 32 ans.

Les procédures nécessitées par son décès indiquent tout de même que déjà, grâce à sa sagacité, Nazaire Dupais avait accumulé des biens considérables, estimés à plus de $215 000. Heureusement, sa succession, bien administrée, assura la perpétuation de l’entreprise. Reconstituée peu après en société anonyme, elle devait s’installer, en 1882, à l’endroit qu’occupe aujourd’hui le grand magasin connu sous le nom de Dupais Frères Ltée. Avec des fortunes diverses, la société resta sous la direction des frères, des neveux et d’un arrière-neveu du fondateur jusqu’à 1961.

Nazaire Dupais avait épousé à Montréal en 1870 Alphonsine Saint-Onge. Elle lui survécut 40 ans. Il laissait à son décès plusieurs enfants mineurs, dont l’aîné, Joseph-Nazaire-Odilon* Dupais, qui fut curé de Saint-Eusèbe-de-Verceil et une personnalité éminente de la vie montréalaise au premier tiers du xxe siècle.

Nazaire Dupais s’inscrit dans la liste des créateurs qui surgissent à chaque génération dans l’histoire économique et sociale du Canada.

Jean-Jacques Lefebvre

AJM, Greffe de J.-L. Coudée, succession Nazaire Dupais, 7 sept., 16 sept. 1876 ; Procédures non-contentieuses, sept.–déc. 1876 ; Registre d’état civil.— Guy Courteau et François Lanoue, Une nouvelle Acadie, Saint-Jacques de l’Achigan, 1772–1947 (Montréal, 1947), 321–324.— Roger Duhamel, Une grande aventure commerciale (Montréal, [1963]).— Canadian Chamber’s executive faces year of surging growth and activity, Canadian Business (Montréal), XXIX (1956), n° 11 : 18s.— Noella Desjardins, Dupais et Frères un centenaire canadien-français, Le Magazine de La Presse (Montréal), 24 févr. 1968.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Jean-Jacques Lefebvre, « DUPUIS, NAZAIRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dupuis_nazaire_10F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/dupuis_nazaire_10F.html
Auteur de l'article:   Jean-Jacques Lefebvre
Titre de l'article:   DUPUIS, NAZAIRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   31 octobre 2014