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GOESSMAN, JOHN (baptisé Johann Gohsmann), arpenteur, fonctionnaire et agent de colonisation, né en 1786 à Gronloh, Hanovre (République fédérale d’Allemagne), et baptisé le 22 mars 1786 dans la paroisse de Badbergen (République fédérale d’Allemagne), fils de Johann Henrich Gohsmann et de Catharina Maria Schulte ; décédé célibataire le 20 janvier 1841 dans le canton de Mono, Haut-Canada.

John Goessman étudia la topographie et le dessin technique à l’académie militaire de la ville de Hanovre. Une fois diplômé, il travailla quelque temps au service municipal du génie. Immigré aux États-Unis en 1818, il s’installa dans le comté haut-canadien d’York en octobre de l’année suivante. Le 19 novembre, il demanda un permis d’arpenteur au lieutenant-gouverneur sir Peregrine Maitland*. L’arpenteur général Thomas Ridout* lui fit alors passer un examen et lui imposa un stage dans le canton de Vespra, sous la surveillance de son adjoint William Chewett. Goessman obtint son permis le 9 mars 1821. Par la suite, pour le compte du gouvernement, de la Canada Company ou d’intérêts privés, il fit des levés sur la plage de Burlington, sur les terres des Sauteux du groupe des Mississagués à la rivière Credit ainsi que dans les cantons de Tiny, de Tay, de Flos et de Wilmot. En 1830, il se porta candidat à un poste de commis au bureau de l’arpenteur général, mais sans succès. En étudiant son cas, Chewett nota : « il aurait l’avantage sur presque tous les sous-arpenteurs de la province [... s’]il manifestait un peu plus de régularité dans sa conduite ».

Goessman était alcoolique, et c’est probablement ce à quoi Chewett faisait allusion. Souvent, boire le rendait violent. En 1821, à l’embouchure de la rivière Nottawasaga, il se colleta avec des soldats du 68th Foot cantonnés à Penetanguishene. En une autre occasion, dix ans plus tard, il se présenta au greffe de la paix, à York (Toronto), « dans un état d’ébriété avancée et manifestement inconscient de ses actes ». On ne lui retira jamais son permis, mais en 1825, après moins d’un an de service, on le renvoya du poste d’inspecteur de la voirie du district de Home pour absentéisme relié à l’abus d’alcool. Lui-même semblait convaincu d’être au-dessus de tout reproche : aux élections générales de 1824, il affronta l’opinion publique en faisant temporairement campagne pour le siège de député d’York and Simcoe.

Pendant les périodes, évidemment prolongées par l’alcoolisme, où il ne travaillait pas à titre d’arpenteur, Goessman résidait dans le canton de Markham et cherchait d’autres moyens de subsistance. En 1829, il demanda au gouvernement de subventionner la publication d’un almanach en allemand et la fabrication d’un essoucheur de son invention. Deux ans auparavant, il avait tenté sa chance dans la spéculation foncière en achetant de la Canada Company un lot dans le canton de Flos. À l’époque, il négligea de mentionner qu’il y avait là des constructions militaires, et la compagnie refusa de s’en soucier. Au bout du compte, on le blâma du fait que la compagnie avait pu entrer en possession du terrain, parce qu’il avait omis d’identifier les bâtiments sur son levé du canton. La couronne confisqua le lot et il perdit le montant de l’achat, soit £33.

Par ailleurs, Goessman servait de représentant aux colons germanophones du Haut-Canada : il rédigeait les requêtes de concession, obtenait des prolongations du délai alloué pour le défrichement et faisait d’autres travaux reliés à l’occupation et à la mise en valeur des terres. Il agit entre autres pour des luthériens et des anglicans du comté d’York, dont les révérends Johann Dietrich Peterson et Vincent Philip Mayerhoffer*. Sa plus longue correspondance à titre d’agent, qui dura de 1828 à 1830, fut écrite pour le compte des colons amish et mennonites du « bloc allemand », dans le canton de Wilmot, qu’il avait arpenté. Ces gens occupaient le terrain en vertu d’une entente conclue entre le gouvernement et leurs porte-parole, Christian Nafziger et Jacob Erb, mais ils n’avaient aucune autorisation écrite, sous forme de billet de localisation par exemple. Quand on concéda le terrain au King’s College, en 1828, leurs droits furent « totalement oubliés ». Goessman, c’est tout à son honneur, aida à négocier des conditions d’achat pour ses clients. Il eut cependant moins de succès dans la promotion de l’immigration allemande. Apparemment, ses efforts dans ce sens ne donnèrent qu’un seul résultat : de 1828 à 1837, quelques compatriotes s’installèrent dans le canton de Puslinch, ce qui allait donner naissance à une petite communauté allemande dont le foyer serait le village de Morriston. En décembre 1828, le lieutenant-gouverneur sir John Colborne* avait accordé son « agréable parrainage » aux efforts de Goessman, mais en mars 1830, comme le gouvernement avait été échaudé par l’affaire du canton de Wilmot, il dissuada Goessman de publier dans les journaux de Buffalo, New York, des annonces à l’intention des immigrants allemands.

John Goessman mourut en 1841 dans le canton de Mono, chez Seneca Ketchum. Sa modeste succession alla à son neveu John Gerhard Goessman, imprimeur à Toronto. Il laissait aussi une volumineuse correspondance qui apporte un éclairage intéressant sur l’immigration allemande et les mouvements de peuplement du Haut-Canada, particulièrement en ce qui a trait à la politique gouvernementale. Sa notice nécrologique dans Der Deutsche Canadier und Neuigkeitsbote disait que ceux de ses compatriotes auxquels il avait servi d’agent se souviendraient de lui « avec gratitude ».

E. Reginald Good

AO, MU 2114, 1861, no 15 ; RG 1, A-I-1, 29 ; 45 : 251–254, 263–266, 432 ; A-I-2, 4 : 75, 136, 175–176, 180, 473, 491 ; C-IV, Wilmot Township, lot 5, North Erb Street ; RG 22, sér. 155.— APC, RG 1, L1, 32 : 430–431, 450–451 ; 33 : 198–199, 311 ; L3, 207 : G13/31 ; 208A : G15/42 ; 213 : G21/13 ; 531 : W16/26, 35 ; RG 5, A1 : 22103–22104, 26689–26693, 27486, 27678, 27697–27720, 27894–27897, 37260–37263, 45679–45682, 46021–46024, 46103–46104, 46164–46166, 46356–46357, 46405–46407, 49872–49876, 49958–49960, 50555–50560, 52140–52142, 52557–52560, 52834–52855, 52926–52969, 53378–53381, 53498–53501, 53949–53954, 54183–54186, 54223–54226, 54605–54607, 54651–54659, 54903–54905, 55003–55005, 55029–55030, 55165–55174, 55289–55295, 55658–55660, 55728–55729, 55736–55738, 55889–55891, 55935–55938, 56389–56392, 56714–56716, 56723–56725, 57079–57083, 57287–57295, 58277–58279, 60473–60480, 61342–61352, 61509–61513, 83677–83678, 88115–88116, 93632–93635, 132391–132392.— Evangelisch-Lutherisch Pfarrgemeinde (Badbergen, République fédérale d’Allemagne), Kirchenbuch, 22 mars 1786.— Canadian Freeman, 22 nov. 1832.— Colonial Advocate, 3 avril 1828.— Der Deutsche Canadier und Neuigkeitsbote (Berlin [Kitchener, Ontario]), 12 févr. 1841.— Scadding, Toronto of old (Armstrong ; 1966).

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E. Reginald Good, « GOESSMAN, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/goessman_john_7F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   17 avril 2014