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HANINGTON, WILLIAM, homme d’affaires, juge de paix et fonctionnaire, né vers 1759 en Angleterre ; en 1792, il épousa à St Eleanors, île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard), Mary Derby, fille du loyaliste Benjamin Derby (Darby), et ils eurent cinq fils et sept filles ; décédé le 14 septembre 1838 à Shediac Cape, Nouveau-Brunswick.

William Hanington compte parmi les premiers colons anglais qui s’établirent dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, plus précisément, dans son cas, dans la baie de Shédiac. Homme d’affaires dynamique et polyvalent, Hanington constitue une figure importante sur le plan régional, puisqu’il y a monopolisé pendant près de 40 ans la direction du développement économique et cumulé les principales charges publiques.

On ne connaît presque rien de la jeunesse de Hanington en Angleterre. Avant son arrivée au Nouveau-Brunswick, il aurait été, comme son père, marchand de poisson à Londres. En 1784, il se procura, pour la somme de £500 (cours d’Angleterre), une parcelle de 5 000 acres originellement octroyée en 1768 au capitaine Joseph Williams et à d’autres par Michael Francklin*, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Cette terre se trouvait dans la grande région que les Acadiens désignaient sous le nom de Gédaïc et où plusieurs familles acadiennes vivaient déjà. En 1785, Hanington prit possession de son domaine qui comprenait ce que l’on appela plus tard Shediac Cape et Gilberts Corner. Tandis que certains squatters acadiens partaient probablement vers ce qui deviendra Grande-Digue, d’autres seraient devenus métayers sur les terres de Hanington.

Hanington était avant tout un homme d’affaires. Il s’intéressa aux entreprises les plus diverses et ne tarda pas à être reconnu comme l’homme le plus influent de sa communauté et à jouir d’un prestige important au delà de la baie de Shédiac, dont le pôle économique se situait alors à Shediac Cape. Ses intérêts économiques comprenaient, entre autres, la traite des fourrures, le commerce du poisson et du bois, la construction navale, l’agriculture, l’importation, la vente en gros et au détail et la spéculation foncière. William, son fils aîné, suivit ses traces : il fut entrepreneur forestier, propriétaire de moulin et propriétaire foncier dans la région de Cocagne.

Hanington occupa des postes dans diverses sphères de l’activité gouvernementale et peu d’aspects de la vie économique et sociale de la région de Shédiac échappèrent à son influence, puisqu’il fut pendant de longues années le seul fonctionnaire à plusieurs milles à la ronde. Vers 1805, il devint juge de paix et remplit cette fonction pendant plus d’un quart de siècle. Quelque cinq ans plus tard, on le nomma percepteur des impôts à Shédiac, avec des tâches multiples et plus larges que celles de receveur des douanes : il délivrait des permis aux colporteurs, inspectait les navires pour s’assurer de la santé des marins et percevait la taxe sur le tonnage destinée au fonds d’aide aux marins malades et infirmes. Pendant plusieurs années, il fut aussi inspecteur des grands chemins et des ponts, chargé de faire entretenir les chemins qui menaient de Shédiac aux villages de Dorchester et de Petitcodiac (Dieppe) et de distribuer les fonds qu’allouait le gouvernement pour les matériaux et la main-d’œuvre. Il ne prit sa retraite comme fonctionnaire qu’à un âge avancé, vers 1833. Hanington favorisait le peuplement et il intervint à plusieurs reprises en faveur de pétitionnaires de la région en appuyant leurs demandes pour des terres. En 1814, par exemple, il se fit auprès de l’arpenteur général George Sproule* le défenseur de colons acadiens de la région de Barachois afin que l’on n’octroie pas à d’autres les terres basses sur lesquelles ils étaient installés.

En 1825, Hanington était de très loin le plus grand propriétaire foncier de la baie de Shédiac ; on évaluait ses biens à plus de £4 000, dans une communauté où les autres propriétés valaient en moyenne £300. Presque toutes les activités maritimes importantes de la région se déroulaient sur ses propriétés, où l’on avait construit des quais, des entrepôts, des magasins et un chantier naval. À son décès en 1838, ses propriétés s’étendaient sur environ 7 500 acres, dans la région immédiate de Shediac Cape mais aussi à Grande-Digue, Tidiche (Dupuis Corner), Wellington, Bouctouche (Buctouche), Cocagne, Shemogue et Sussex. Propriétaire de moulins, Hanington était également prêteur et détenait plusieurs hypothèques sur des terres autour de Shediac Cape, Cocagne et Bas-Cap-Pelé, ainsi que des reconnaissances de dette d’emprunteurs de Bouctouche jusqu’au cap Tourmentin (cap Tormentine) ; le missionnaire catholique Antoine Gagnon, de Grande-Digue, lui devait notamment £54, empruntées pour dix ans en 1833. Certaines dettes étaient remboursables en nature, sous forme de denrées agricoles, de bois ou de poisson.

La position de Hanington dans le comté de Westmorland contribua à propulser quelques membres de sa famille sur la scène politique. Son troisième fils, Daniel, d’abord fermier et propriétaire de moulin, devint juge de paix et commandant de milice. Élu pour la première fois à la chambre d’Assemblée en 1834, il fit partie du Conseil exécutif et, plus tard, fut appelé au Conseil législatif. Daniel Lionel*, fils de Daniel, occupa le poste de premier ministre du Nouveau-Brunswick en 1882 et 1883.

La tradition a fait de William Hanington le fondateur de ce qui est devenu la ville de Shédiac. Il serait plus juste de dire qu’il fut le premier et le principal promoteur de l’activité économique dans la région et à l’origine de la paroisse anglicane St Martin’s-in-the-Woods, à Shediac Cape, dont il fut l’un des premiers marguilliers. Autour de lui se rassemblèrent des familles anglaises et loyalistes, qui formèrent le noyau de la classe dirigeante anglophone de la région.

Jean-Roch Cyr

APNB, MC 1156, X : 65–68 ; RG 3, RS538, I1, resignation of Hanington et al., vers 1831–1832 ; P1 : 4 ; RS561, A1, 15 mars 1816 ; RG 4, RS24, account of duties collected at Shediac, 1810–1833 ; S36-P22, S36-R8.28–29, S40-P10, S40–R31.19, S41–R9.31, S43–R12.11 ; RG 7, RS74, A, 1838, William Hanington ; 1849, William Hanington ; RG 10, RS108, William Hanington Sr et Jr, 24 juin 1810 ; William Hanington Jr, 1818 ; John Hanington et al., 1824 ; RS663A, William Hanington, 14 juill. 1818, 1819 ; William Hanington Jr, 1818.— Centre d’études acadiennes, univ. de Moncton (Moncton, N.-B.), A1-4-4 ; A3-1-8 (copies).— Mount Allison Univ. Arch. (Sackville, N.-B.), Parks Canada Webster Chipnecto coll., 7001–70 (William Milne papers), William Hanington, account of men belonging to the brigantine St. Nicholas of Aberdeen, 18 juin 1812 ; 7001–205 (Shediac papers), D. L. Hanington, « Shediac » (1904) ; William Hanington, memorial to Thomas Carleton, 23 janv. 1789 (copie) ; 7001–226 (Westmorland County, justices of the peace), item 2 ; 7001–261 (Westmorland County, land grants), nº 2393 ; 7001–345 (William Hanington, « Day book No.4, commenced May 21st, 1827 »).— Musée du N.-B., J. C. Webster papers, indenture, 9 oct. 1784 (copie).— St Martin’s (Anglican) Church (Shediac), St Martin’s-in-the-Woods, vestry records (mfm aux APNB).— Royal Gazette (Saint-Jean, N.-B. ; Fredericton), 1785–1838.— Marilyn Bateman Dumaresq, Hanington family tree ([éd. rév., Wabush, T.-N.], 1980).— A. W. Crouch, Some descendants of Joseph Crouch of Lambourne, Berkshire, William Hanington of London, England, Capt. Archibald MacLean of New Brunswick and related families (Nashville, Tenn., 1971).— F. C. Bell, A history of old Shediac, New Brunswick (Moncton, 1937).— F. R. K. Sayer, A history of Shediac Cape (copie miméographiée, [Moncton], 1966 ; copie au Musée du N.-B.).— J. C. Webster, A history of Shediac, New Brunswick ([Shediac], 1928).— Clément Cormier, « Petite chronologie de Shédiac », Soc. hist. acadienne, Cahiers (Moncton), 3 (1968–1971) : 237–250.

Bibliographie générale

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Jean-Roch Cyr, « HANINGTON, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hanington_william_7F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   23 août 2014