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HARRIS, ALEXANDER, écrivain, né le 7 février 1805 à Londres, en Angleterre, aîné des onze enfants du révérend William Harris et de Mary Redford, décédé le 1er février 1874 à Copetown, Ont.

Alexander Harris reçut des cours privés à Windsor et à Wallingford. En 1823, il s’installa à Londres et y occupa un emploi de correcteur d’épreuves ; il s’engagea ensuite dans les Horse Guards, déserta et s’embarqua pour l’Australie en 1825. Pendant les 16 années qui suivirent son arrivée, on l’y retrouve, scieur, charpentier et commis, sillonnant les routes du district de Goulburn-Taralga-Crookwell en Nouvelle-Galles du Sud. Il retourna en Angleterre à la fin de 1840 et épousa Elizabeth Atkinson qui mourut cinq semaines après leur mariage ; en 1842, il épousa en secondes noces Ursula Sarah Carr dont il eut trois fils. Harris quitta sa femme en 1847 et quatre ans plus tard il émigra aux États-Unis, où il finit par s’installer à Sturgeon Bay, dans le Wisconsin. Professeur et pigiste, il passa presque tout son temps, de 1854 à 1872, dans cette région. En 1858, sa famille le rejoignit à Sturgeon Bay, mais quand la guerre de Sécession éclata en 1861, sa femme et ses enfants allèrent s’installer à Berlin (Kitchener), au Canada-Ouest. Harris y fit des séjours plus ou moins longs entre 1861 et 1863, alors que, toute reprise de vie conjugale ayant échouée, Ursula partit avec les enfants pour la Nouvelle-Écosse tandis qu’Harris retourna aux États-Unis et devint citoyen américain en 1870. Au mois de juillet 1872, il écrivait à sa femme de Copetown, une petite colonie proche de Hamilton, sur la ligne du Great Western Railway. Il mourut deux ans plus tard et fut enterré à Copetown.

      Settlers and convicts, or recollections of sixteen years’ labour in the Australian backwoods est l’œuvre de Harris la plus connue. Elle fut publiée sans nom d’auteur en 1847 mais, dans A guide to Port Stephens in New South Wales, paru en 1849, « Alexander Harris » est cité comme l’auteur du précédent ouvrage. Ses œuvres, parmi lesquelles figurent également Testimony to the truth (1848), les trois tomes d’un roman intitulé The emigrant family (1849) et un certain nombre de brochures, font abondamment appel à ses aventures en Australie, et sont presque exclusivement autobiographiques. Il est cependant évident que Harris ne faisait pas de distinction très nette entre la réalité et la fiction, donnant, de sa vie et de lui-même, une image différente selon son humeur aux diverses époques de sa carrière. Travailleur social à Londres dans les années 40 et non-conformiste fervent jusqu’à la fin de ses jours, son œuvre est marquée par la préoccupation évangélique du salut de l’âme : il est poursuivi par le « lévrier du ciel ». La nature idéale de la femme, les méfaits de la boisson, l’injustice de la flagellation sont des thèmes secondaires. Harris est au nombre de ceux qui ont beaucoup voyagé à travers l’Empire au xixe siècle, avec sir George Arthur*, William Dunlop* et Samuel Butler*. Extrêmement doué pour la description, Harris est devenu un classique australien avec son Settlers and convicts.

En 1953, une édition australienne de Settlers and convicts fut publiée avec un avant-propos de l’historien australien C. M. H. Clark. Celui-ci mettait en doute l’existence de Harris, vu que des recherches approfondies dans des sources primaires, d’origine australienne pour la plupart, n’en avaient fourni aucune preuve. Dans l’édition de 1958 de The Australian encyclopaedia, la biographie de Harris faisait allusion à la controverse et le petit-fils de Harris, Grant Carr-Harris, d’Ottawa, en prit connaissance ; il publia en 1961 The secrets of Alexander Harris, un ouvrage basé sur une série d’articles écrits par son grand-père dans le Saturday Evening Post de Philadelphie en 1858, sous le titre de « Religio Christi ». Cet ouvrage présente en introduction de nombreux renseignements biographiques sur Harris. En 1964, dans une troisième édition de Settlers and convicts, le professeur Clark fit état de ce nouveau témoignage.

Robert L. McDougall

Alexander Harris, The emigrant family (3 vol., Londres, 1849 ; nouv. éd., introd. par W. S. Ramson, Canberra, Aust., 1967) ; A guide to Port Stephens in New South Wales (Londres, 1849 ; nouv. éd., introd. par Grant Carr-Harris, Sydney, Aust., 1961) ; [——], The secrets of Alexander Harris, a frank autobiography [...], Grant Carr-Harris, édit. ([Sydney, Aust.], 1961) ; Settlers and convicts, or recollections of sixteen years’ labour in the Australian backwoods (Londres, 1847 ; Carlton, Aust., 1953 ; 1954 ; Parkville, Aust., 1964) ; Testimony to the truth (Londres, 1848).— La liste des œuvres de Harris, qui signa aussi sous les pseudonymes « An emigrant mechanic » et « A working hand », se trouve dans le British Museum catalogue ; on y trouve le pseudonyme de Harris dans l’édition de 1963, mais on corrigea son nom dans celle de 1968.— ADB.— The Australian encyclopaedia (10 vol., Sydney, Aust., [1958]).

Bibliographie générale

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Robert L. McDougall, « HARRIS, ALEXANDER », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/harris_alexander_10F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   23 avril 2014