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HENRY, ANTHONY (il porta aussi le nom d’Anton Heinrich ou Henrich), imprimeur et éditeur de journaux, né en 1734 près de Montbéliard, France, de parents allemands, décédé le 1er décembre 1800 à Halifax.

L’on sait peu de chose sur les jeunes années d’Anthony Henry, mais il fit probablement un apprentissage normal dans l’imprimerie en Europe. Il connaissait bien l’anglais, l’allemand et le français. En 1758, il servit dans les troupes britanniques comme fifre de régiment à la prise de Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton). Certains pensent qu’après son licenciement de l’armée, Henry travailla dans une imprimerie du New Jersey pendant deux ans. Puis il entra dans l’atelier de John Bushell* à Halifax. Il en devint l’associé le 23 septembre 1760 et assuma la direction de l’entreprise après la mort de Bushell en 1761.

Henry continua la publication de la Halifax Gazette tout en s’occupant surtout d’imprimerie et de fournitures de papeterie pour le gouvernement. Il travailla étroitement avec le secrétaire de la province, Richard Bulkeley, qui dirigeait la Gazette depuis 1758 ; avec l’appui financier du gouvernement, il arriva progressivement à améliorer ses installations et à agrandir son entreprise. À l’automne de 1765, Henry engagea un jeune apprenti du nom d’Isaiah Thomas ; le 21 novembre, celui-ci, sans doute au su de son employeur, fit paraître dans la Gazette un paragraphe selon lequel les habitants de la Nouvelle-Écosse étaient hostiles à la loi du Timbre. Les fonctionnaires furent courroucés et, alors que la Gazette continuait à critiquer la loi, Bulkeley lui retira tout appui du gouvernement. La publication du journal prit fin entre mars et août 1766.

Henry eut pour successeur au poste d’imprimeur du gouvernement Robert Fletcher qui lança l’hebdomadaire semi-officiel Nova-Scotia Gazette. Trois ans plus tard, Henry créait le Nova-Scotia Chronicle and Weekly Advertiser, premier journal canadien qui ne dépendait pas de l’appui gouvernemental. Le Chronicle présentait toutes sortes de « renseignements tout nouveaux de l’étranger et du pays », ainsi que des articles extraits de publications américaines et européennes. Henry s’arrangea pour obtenir les débats de la chambre d’Assemblée, qu’il imprima en feuilleton ; cette rubrique devait plaire à une société consciente de la vie politique. Le Chronicle contenait peu d’annonces ; il dut peut-être en partie sa survie au fait qu’il soutint résolument la position des whigs, et il se peut fort bien que Henry reçût l’aide financière de sympathisants de ce parti.

En 1770, la publication de Fletcher fut absorbée par le journal de Henry, plus populaire, et qui devint la Nova-Scotia Gazette and the Weekly Chronicle. La même année, sans doute parce qu’il était l’unique expert en imprimerie à posséder des presses à Halifax, Henry reprit la publication des documents gouvernementaux. Son journal, rebaptisé la Royal Gazette and Nova-Scotia Advertiser en 1789, dura 30 ans et recueillit davantage de nouvelles officielles à mesure que déclinait sa préférence politique pour les whigs. En 1788, Henry fut désigné officiellement imprimeur du roi, et se trouva ainsi quelque peu soulagé de l’incertitude relativement à son contrat avec le gouvernement. Cet acte de nomination est un des premiers et des plus importants documents dans l’histoire de l’édition canadienne. Henry devint par la suite plus circonspect et évita toute controverse susceptible de compromettre son poste officiel.

Outre de nombreux documents gouvernementaux et les statuts de la Nouvelle-Ecosse, Henry publia quelques-unes des œuvres religieuses de l’évangéliste renommé Henry Alline ainsi que des almanachs comme The Nova-Scotia calender [...] et Der Neuschottländische calender [...]. The Nova-Scotia calender [...] de 1776, avec l’estampe du port de Halifax imprimée avec une matrice de bois, est le premier livre canadien à contenir une illustration. La Bibliography of Canadian imprints de Marie Tremaine donne la liste de quelque 200 publications, mis à part les journaux, qui portent le nom de Henry ou qui lui sont attribuées. À sa mort, son travail soutenu avait conféré au poste d’imprimeur du roi une stabilité et une autorité dignes de mention. Sa compétence technique s’améliora avec les années mais ses œuvres n’égalèrent jamais, quant à l’impression et à la disposition typographique, le niveau uniforme de qualité dont firent preuve celles de Fletcher ou de John Howe*, son successeur au poste d’imprimeur du roi.

L’on dit – en se fondant surtout sur le témoignage d’Isaiah Thomas dont on considère généralement le récit de son séjour à Halifax sujet à caution – qu’aux alentours de 1761, Henry épousa une pâtissière noire qui possédait quelques biens et que grâce à l’aide financière de cette dernière, il fut à même d’acheter la presse de Bushell et également de construire une maison où ils vécurent jusqu’à ce qu’elle meure deux ou trois ans plus tard. Le 23 février 1773, Henry se maria avec Barbara Spring, veuve de 15 ans son aînée. En 1780, Margaret Greese, dont le nom de jeune fille était peut-être Miller, devint sa troisième femme ; elle lui survécut 26 ans. Une fille naquit de ce mariage. Sur le plan social, Henry se mêla à l’élément allemand de Halifax ; il fut même marguillier de la petite église allemande (St George). Il fut parrain d’Anthony Henry Holland* qui devint un éditeur de journaux important à Halifax.

Douglas G. Lochhead

Nous trouvons un portrait au crayon d’Anthony Henry aux PANS.

N.S. Legislative Library (Halifax), Lieutenant Governor (Parr), commission appointing Anthony Henry king’s printer of the province of Nova Scotia dated at Halifax, 8 avril 1788.— Tremaine, Bibliography of Canadian imprints. Bell, Foreign Protestants. Brebner, Neutral Yankees. Æ Fauteux, Introduction of printing into Canada. H. P. Gundy, Canada (Amsterdam, 1972).— Isaiah Thomas, The history of printing in America, with a biography of printers, and an account of newspapers [...] (2e éd., 2 vol., Albany, N. Y., 1874 ; réimpr., New York, 1972).-J. J. Stewart, Early journalism in Nova Scotia, N. S. Hist. Soc., Coll., VI (1888) : 91–122.

Bibliographie générale

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Douglas G. Lochhead, « HENRY, ANTHONY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/henry_anthony_4F.html.

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Auteur de l'article:   Douglas G. Lochhead
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   31 octobre 2014