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HODGSON, ROBERT, charpentier, marchand, homme politique, officier, fonctionnaire et avocat, né vers 1765 en Angleterre ; le 8 juin 1797, il épousa à Charlottetown Rebecca Robinson, et ils eurent au moins un fils ; décédé le 5 janvier 1811 au même endroit.

Parti de Sandwich, en Angleterre, Robert Hodgson se rendit à Port Roseway (Shelburne, Nouvelle-Écosse) en 1782. Quelque temps agrès, il s’installa dans l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) où, bien qu’il ne fût pas un loyaliste, il reçut du lieutenant-gouverneur Edmund Fanning une grande concession de terre à même la donation des propriétaires de l’île aux réfugiés américains [V. Walter Patterson*]. Jusqu’en 1790, il travailla comme charpentier. Peu après avoir dirigé son propre atelier, il débuta dans les affaires avec John Brecken à la tête d’un grand magasin à Charlottetown. L’association fut dissoute en 1795, et il semble que par la suite Hodgson ait gagné sa vie et celle de sa famille en s’adonnant à cette pratique si commune dans l’île, le cumul d’occupations. Pour ses ennemis, le fait de passer à une vitesse aussi fulgurante du métier de charpentier à un titre de « gentleman terrien » fut toujours considéré à la fois comme une preuve de favoritisme abusif, pratiqué par Fanning et ses partisans, qui comptaient en grande partie des membres de la famille et des relations du juge en chef Peter Stewart, et comme l’illustration de la façon dont ce favoritisme permettait à des hommes de s’élever au-dessus de leurs conditions sociales.

Hodgson était entré dans la vie politique en 1790. Il fut alors élu député à la chambre d’Assemblée et devint un des juges de paix de Charlottetown en 1795. L’année suivante, il aida son futur beau-père, le colonel Joseph Robinson, à distribuer parmi la population la brochure si controversée de ce dernier, To the farmers in the Island of StJohn, in the Gulf of StLawrence, qui prônait l’établissement d’un tribunal d’escheat dans le but de reprendre les terres non cultivées aux propriétaires inactifs. Hodgson parcourut également l’île en vue de recueillir des signatures appuyant une pétition en faveur de l’escheat. Les opposants au lieutenant-gouverneur, en particulier le capitaine John MacDonald of Glenaladale et James Douglas, étaient persuadés que la question des terres avait été soulevée à l’instigation de la faction Fanning-Stewart dans le but de servir leurs infâmes objectifs politiques et ils virent cette opinion en partie confirmée par le fait que peu après la parution de la brochure, en 1796, Fanning nomma Hodgson officier d’un des corps de la garde territoriale de l’île.

Le mouvement en faveur de l’escheat prit de l’essor l’année suivante. Un comité de l’Assemblée, dont Hodgson était membre, rédigea une série de résolutions affirmant que la plupart des propriétaires de l’île n’avaient pas rempli les conditions initiales de concession et demandant que le gouvernement britannique obligeât les propriétaires à agir ou qu’il prît les dispositions nécessaires pour confisquer leurs terres. Ces résolutions, approuvées par l’Assemblée, furent transmises à Whitehall par Fanning. La même année, un autre comité, présidé par Hodgson, approuva un certain nombre de résolutions critiquant le capitaine MacDonald. Le comité prétendit que les accusations portées par le capitaine contre Fanning, selon lesquelles ce dernier aurait encouragé la promulgation de principes « niveleurs » dans l’île, n’étaient qu’un « tissu de mensonges ». Lorsque MacDonald voulut faire parvenir, par l’entremise de Fanning, un mémoire au prince Edward Augustus, alors à Halifax, afin de protester contre la présidence de Hodgson, le lieutenant-gouverneur remit le mémoire à Hodgson et lui recommanda d’intenter un procès en diffamation. Cependant, le procureur général Joseph Aplin, qui s’était joint dans l’intervalle aux opposants de Fanning, dissuada Hodgson d’entreprendre des poursuites judiciaires. Peu après, Aplin fut destitué de ses fonctions à cause de son attitude hostile envers le gouvernement. Quant à Hodgson, de concert avec Robinson, il remit la brochure To the farmers en circulation en 1798, continuant ainsi à rendre publique la question de l’escheat.

En 1800, Robert Hodgson fut nommé greffier adjoint de la Cour suprême, en remplacement de Charles Stewart, et, la même année, il ajouta le poste de coroner à ses nombreuses fonctions. En 1801, il fit office de shérif et fut à maintes reprises percepteur des douanes pendant les absences fréquentes et prolongées de William Townshend. Malgré une grave attaque de paralysie en 1802, Hodgson continua de s’occuper activement des affaires de l’île. Les élections de 1803 démontrèrent sa popularité : élu simultanément à l’Assemblée comme député de trois circonscriptions, celles de Georgetown, de Prince et de Queens, il remporta toutes les voix dans la première circonscription électorale, mais choisit de représenter la seconde. Une série d’incidents survenus en 1805 illustra par ailleurs son impopularité dans d’autres milieux ; ainsi, les fenêtres de sa demeure furent mystérieusement brisées, sans qu’on pût retrouver le coupable. En 1806, Hodgson fut président de l’Assemblée, et, deux ans plus tard, on l’inscrivit sur la liste des attorneys qui exerçaient le droit dans l’île. Cependant, après 1802, il ne recouvra jamais complètement la santé et mourut en 1811. La plupart des gens pleurèrent la perte de celui que l’on considérait comme l’un des premiers défenseurs de leurs droits. Son fils Robert* connut une remarquable carrière dans l’île et devint finalement le premier lieutenant-gouverneur originaire de l’endroit.

J. M. Bumsted

PAPEI, Benjamin Chappell, diary, 19 nov. 1805 ; RG 3, House of Assembly, Journals, 15, 17, 19, 22 juill. 1797 ; RG 6, Supreme Court records ; RG 9, Customs, shipping reg., 1 (1787–1824).— PRO, CO 226/17 : 438s. ; 226/18.— SRO, GD 293/2/19/6, 10.— [Joseph Robinson], To the farmers in the Island of StJohn, in the Gulf of StLawrence (s.l.n.d.).— Stewart, Account of P.E.I., 220–225. MacNutt, « Fanning’s régime on P.E.I. », Acadiensis (Fredericton), 1, no 1 : 50.

Bibliographie générale

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J. M. Bumsted, « HODGSON, ROBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hodgson_robert_5F.html.

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Auteur de l'article:   J. M. Bumsted
Titre de l'article:   HODGSON, ROBERT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   28 août 2014