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HORTON, EDWARD ELIJAH, journaliste, sténographe judiciaire et inventeur, né le 6 août 1847 dans l’île Wolfe, Haut-Canada, aîné des enfants d’Orin Horton et de Sarah Ross ; le 25 juin 1878, il épousa à Oakville, Ontario, Emily Wardroper Smart (décédée en 1908), et ils eurent quatre fils et une fille ; décédé le 27 juin 1916 à Toronto.

Jusque dans son adolescence, Edward Elijah Horton vécut dans l’île Wolfe, près de Kingston. Au plus tard en 1865, son père abandonna son commerce de nouveautés et d’alimentation pour s’installer à Kingston comme manœuvre. Moins de cinq ans plus tard, la famille se fixa à Toronto, et Edward Elijah obtint un emploi de reporter au Globe. En 1873, il y devint chef des nouvelles locales. Il travaillait pour le Mail en 1876 lorsqu’il fut chargé d’accompagner le gouverneur général, lord Dufferin [Blackwood*], à l’occasion d’un voyage en Colombie-Britannique. Ses reportages, fort ordinaires d’ailleurs, parurent dans le Mail d’août à octobre. Comme le groupe vice-royal revint par Chicago, c’est peut-être dans cette ville, plus précisément à l’Interstate Industrial Exposition Building, que Horton vit et acheta sa première machine à écrire. Il s’agissait de l’un des premiers modèles Remington ; les caractères ne se voyaient pas, car ils s’imprimaient sur le dessous du rouleau. (Des machines à écrire produites en série se vendaient depuis 1874.)

Dès 1879, Horton travaillait comme sténographe à la Cour d’appel provinciale à Toronto. Bricoleur mais non mécanicien, il était assez intrigué par l’utilisation possible de la dactylographie dans sa profession pour tenter de concevoir une machine qui permettrait de voir ce que l’on tapait. En 1883 (il était toujours sténographe judiciaire), il obtint aux États-Unis les premiers brevets d’une machine à frappe visible dont les marteaux, disposés obliquement, frappaient le rouleau par devant. Ensuite, il raffina son modèle et fit fabriquer une machine de conception audacieuse, aux pièces bien accessibles. En 1885, après avoir obtenu le brevet canadien, Horton et son frère Albert, lui aussi sténographe, constituèrent juridiquement la première société canadienne de fabrication de machines à écrire, la Horton Type-writer Company. Elle avait son siège social et une usine à Toronto de même qu’une usine à Buffalo, dans l’État de New York. À l’époque, on voyait de plus en plus de machines à écrire dans les bureaux ; en 1884, la sœur des Horton, Elizabeth, était dactylographe au cabinet d’avocats d’Oliver Mowat* à Toronto.

Pour l’entreprise des Horton, trouver assez de capitaux pour entrer sur le marché américain et profiter de son bref avantage sur la concurrence s’avéra extrêmement difficile. En mai 1887, la compagnie se réorganisa : la machine originale fut remodelée, une brochure fut mise en circulation, de la réclame parut dans une publication de Toronto et de Boston, le Cosmopolitan Shorthander de Thomas Bengough, et la société fut constituée juridiquement au New Jersey. Inexplicablement, les frères Horton se laissèrent convaincre de vendre leurs brevets américains en août à un négociant en brevets, William Henry Cox. Le seul commentaire digne de foi sur l’échec de l’entreprise figure dans la nécrologie d’Edward Elijah, qui était peut-être fondée sur des renseignements provenant d’Albert : « mais, faute de capitaux, elle ne fut pas un succès commercial ». Les coûts de production élevés rognaient les marges bénéficiaires, et il y avait peut-être aussi des défauts de fabrication : le châssis de l’une des six machines Horton que l’on a pu retracer est fendu.

Pourtant, les frères Horton continuèrent de concevoir des plans et de bricoler. En 1891, ils firent breveter en Angleterre leur machine originale et certains perfectionnements, dont un mécanisme « pour dégager le ruban encré de la surface d’écriture afin d’inspecter les caractères masqués par ledit ruban encré ». En outre, quatre ans plus tard, Edward Elijah décrocha l’un des premiers brevets pour un pneu radial à renforcement d’acier. Il travaillait encore à améliorer ses machines à écrire en 1898 puisque, cette année-là, il obtint aux États-Unis un brevet pour une clochette indiquant les fins de page. Durant tout ce temps, il avait poursuivi une belle carrière de sténographe dans les tribunaux ontariens. Membre de l’Ancient Order United Workmen et fervent anglican, il fréquenta l’église St Peter de Toronto au moins de 1890 à 1916, année où il mourut après une intervention chirurgicale.

Edward Elijah Horton inventa et fabriqua la première machine à écrire canadienne – et la seule machine à écrire entièrement canadienne. De plus, il fut le premier à obtenir des brevets pour une machine à frappe avant dont on pouvait lire les caractères en tapant. Son influence fut durable en ceci qu’il mit sur le marché des machines que d’autres purent voir et essayer d’égaler. Son modèle à marteaux obliques et à frappe avant encouragea la mise au point de ce qui deviendrait le modèle de machine à écrire le plus populaire du xxe siècle. On peut déplorer que ce novateur n’ait eu ni les capitaux ni la vision nécessaires à la réussite commerciale.

Alexander G. Sellers

On trouve aujourd’hui très peu de machines à écrire Horton ; à notre connaissance, il n’en existe que six. Il y en a deux au Onondaga Hist. Assoc. Museum, Syracuse, N.Y. (accession nos 1987.21.260 et 1987.21.365), une autre dans la IBM Coll. au siège social de l’International Business Machines Corporation, Armonk, N.Y., et les trois autres font partie de collections privées.

Mme Betty McFarlane, de Belleville, Ontario, petite-fille d’Edward Elijah Horton, possède des photographies du sujet ainsi que d’autres souvenirs et papiers de famille.  [a. s.]

AN, RG 31, C1, Toronto, 1891, St David’s Ward, subdist. 22 : 20 ; 1901, Ward 2, div. 33 : 17.— AO, RG 22-305, no 32002 ; RG 55-17-63, no 3533 CP ; RG 80-5-0-72, no 3546 ; RG 80-8-0-582, no 4332.— Bureau canadien des brevets (Hull, Québec), Brevets nos 22833 (11 nov. 1885), 48280 (22 févr. 1895).— G.-B., Patent Office (Newport, Wales), Patent no 17957–91 (20 oct. 1891).— National Arch. (Washington), RG 241 (Records of the Patent Office), patent transfer, liber N-37 : 132–134.— N.J., State Dept., Commercial recordings div. (Trenton), Folder A4744 (Horton Typewriter Company).— United States Patent and Trademark Office (Washington), Patent nos 285265 (18 sept. 1883), 286824 (16 oct. 1883), 605877 (21 juin 1898).— Globe, 28 juin 1916.— Mail (Toronto), 2, 15 août, 4, 11, 29 sept., 4, 7 oct. 1876.— M. H. Adler, The writing machine (Londres, 1973).— Annuaire, Toronto, 1870–1916.— Canadian Patent Office Record (Montréal ; Ottawa), 13 (1885), no 22833 ; 23 (1895), no 48280.— Cosmopolitan Shorthander (Toronto et Boston), 8 (1887) : 103, 122, 204, 208, 235 (exemplaires conservés à la Boston Public Library) ; endos du numéro de mars 1887 (8, no 3), où figure une annonce de la machine à écrire Horton, exemplaire conservé à la Library of Congress, Washington (cette source est le seul document de l’époque qui indique que la machine à écrire Horton a été commercialisée aux États-Unis  [a. g. s.]).— Paul Lippman, American typewriters : a collectors’ encyclopedia (Hoboken, N.J., 1992).— Ed Musgrave, « Unriddling the Horton typewriter », Typewriter Times : Journal of the Anglo-American Typewriter Collectors’ Society (Hoboken et Beaconsfield, Angleterre), no 17 (automne 1989) : 15–18 (à notre connaissance, ce document ne se trouve pas dans les bibliothèques publiques, mais nous en avons un exemplaire en notre possession ; il s’agit de la seule biographie connue de Horton et, malgré son style un peu romancé, ce texte est précieux à cause de la comparaison des particularités techniques des premiers et derniers modèles de machines Horton  [a. g. s.]).— « Preliminary circular : a new and great invention ; the Horton typewriter, the most perfect writing machine in the world » (opuscule imprimé de quatre pages et publié par la Horton Typewriter Company, Toronto et Buffalo, N.Y., [c. 1887] ; exemplaire en possession de Mme Betty McFarlane).

Bibliographie générale

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Alexander G. Sellers, « HORTON, EDWARD ELIJAH », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/horton_edward_elijah_14F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   30 septembre 2014