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JACSON, ANTOINE, soldat et sculpteur, né entre 1720 et 1730 dans la paroisse Sainte-Marguerite à Paris, fils de Louis Jacson et de Madeleine Fleury ; décédé le 6 décembre 1803 à Québec.

Antoine Jacson arriva à Québec probablement en 1750 ; il était alors militaire dans une compagnie des troupes de la Marine. Le 18 mars 1752, il témoigna à titre de soldat de la compagnie de Saint-Pierre dans une affaire de meurtre. Le 14 février 1757, il épousa à Québec Marie-Marguerite Chamberland, et ils eurent huit enfants. Son acte de mariage le désignait comme « soldat de la colonie, compagnie de Boishébert [Charles Deschamps* de Boishébert et de Raffetot] », tandis que son contrat de mariage, paraphé quelques jours plus tôt, mentionnait qu’il était « sculteur natif de l’ancienne france ».

Peu après son mariage, Jacson demeura sans doute à Trois-Rivières, car il y fit baptiser un fils du nom d’Antoine-Joseph le 28 décembre 1760 ; l’acte de baptême le qualifiait cette fois de « maître sculpteur ». En 1770, Jacson effectua des travaux de sculpture pour la décoration de l’église Saint-Charles à Lachenaie ; il s’agit de son premier contrat de sculpture connu. Il vécut à cet endroit quelques mois et y fit baptiser un enfant le 20 septembre 1771. Un mois plus tard, de retour à Québec où il habitait rue du Cap, il signa un contrat d’un an avec le maître menuisier Jean Baillairgé. Jacson s’engageait à faire tous les ouvrages de sculpture et autres que Baillairgé lui demanderait ; de plus, il devait enseigner au fils du menuisier, François*, « ce qu’il [savait] de la sculpture ». Pour ce faire, Baillairgé le payait 604#. À partir de ce moment, François Baillairgé considéra Jacson comme le compagnon de son père.

Entre 1781 et 1784, Jacson travailla à la décoration de l’église Saint-Pierre à l’île d’Orléans. Là, comme à Lachenaie, il est impossible d’évaluer les résultats de ses travaux qui sont perdus dans un enchevêtrement de décors exécutés par plusieurs sculpteurs. Peu après la fin de ce contrat, Jacson entra à l’atelier que son ancien élève, François Baillairgé, revenu de France depuis 1781, venait d’ouvrir à Québec.

Connaissant bien la maîtrise de Jacson, Baillairgé lui confia des travaux de haute précision entre 1784 et 1787. Il exécuta notamment des encadrements et la porte du tabernacle de l’église Saint-Louis à Kamouraska en octobre 1784, la sculpture des gradins de l’église de Saint-Henri-de-Lauzon (Saint-Henri), le piédestal, les consoles et le tabernacle de l’église Notre-Dame-de-Bonsecours à L’Islet en février et en mars 1785, les pieds des chandeliers de l’église Saint-Joachim en juillet 1786, le banc d’œuvre de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption à Berthier (Berthier-sur-Mer), et la frise de l’escalier du château Saint-Louis, à Québec, en mars 1787. De plus, à cette époque, il collabora avec Pierre Émond à la décoration de la chapelle de Mgr Briand*. De 1787 à 1793, le livre de comptes de François Baillairgé ne porte aucune mention concernant Jacson. Cependant, les deux hommes restèrent en bons termes, puisqu’un fils de Jacson effectua divers travaux mineurs pour Baillairgé.

Le 25 janvier 1793, François Baillairgé mentionnait : « Mr Antoine Jacson a commencey Ce matin a travaillé pour moi, à l’essai. » Cette note peut-elle s’expliquer par la précarité de la santé de Jacson ou par d’autres difficultés ? Quoi qu’il en soit, Baillairgé qui décorait alors la cathédrale Notre-Dame de Québec eut besoin d’aide ; il confia à son vieux maître la sculpture des « frises, rosaces et cadres du grand autel du retable ». En avril, Jacson réalisa, toujours pour le compte de Baillairgé, la sculpture de l’encadrement du tableau de la paroisse Saint-Pierre-du-Sud.

Le nom d’Antoine Jacson apparaît pour la dernière fois au livre de comptes de Baillairgé le 2 avril 1796. Vraisemblablement, Jacson se retira à ce moment. Il mourut à Québec en 1803, laissant tous ses biens à l’un de ses fils, Louis. L’œuvre de Jacson, du moins à travers les bribes que l’on connaît, semble avoir été celle d’un sculpteur spécialisé dans la décoration. On le voit réaliser des chandeliers, des consoles, des frises, des rosaces, mais nulle part il n’est fait mention de statuaire.

Michel Cauchon

ANQ-Q, CE1-1, 7 déc. 1803 ; CN1-11, 27 janv. 1757 ; CN1-26, 19 sept., 4 oct. 1800 ; CN1-83, 12 juin 1783 ; CN1-248, 16 oct. 1771.— AP, Saint-Charles (Lachenaie), Livre de comptes, II : 47 ; Saint-Pierre (île d’Orléans), Livre de comptes, I.— Tanguay, Dictionnaire, 4 : 570.— « Un conseil de guerre à Québec en 1752 », BRH, 45 (1939) : 355.

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Michel Cauchon, « JACSON, ANTOINE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/jacson_antoine_5F.html.

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Auteur de l'article:   Michel Cauchon
Titre de l'article:   JACSON, ANTOINE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   21 septembre 2014