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KAUFMAN, JACOB, menuisier et manufacturier, né le 15 juillet 1847 dans le canton de North Easthope, Haut-Canada, fils de Joseph Kauffman et d’Anna Stroh ; le 5 mars 1877, il épousa à cet endroit Mary Ratz, et ils eurent sept enfants parmi lesquels deux garçons et deux filles parvinrent à l’âge adulte ; décédé le 20 avril 1920 à Kitchener, Ontario.

Né en Bavière (Allemagne), le père de Jacob Kaufman émigra aux États-Unis en 1827. Après avoir été boulanger à New York, il s’installa dans le Haut-Canada et acquit une terre de la Canada Company dans le canton de North Easthope, à l’ouest de Hamburg (New Hamburg). La mère de Jacob, originaire d’Alsace, épousa Joseph Kauffman en 1842. Troisième de dix enfants, le jeune Jacob travaillait à la ferme familiale. L’hiver seulement, il pouvait fréquenter l’école, où il montrait de « remarquables dons intellectuels ». Toujours à la ferme en 1871 mais identifié comme menuisier, il partit pour une localité voisine, Gads Hill, afin de devenir scieur à la scierie de Henry Ratz. En mars 1877, il épousa la fille de Ratz, Mary. Un mois après, le couple s’établit dans un village aux forts antécédents allemands, Berlin (Kitchener).

Associé à son beau-père, dont il achèterait la part, Kaufman obtint en décembre 1877 une exemption de taxes municipales et ouvrit bientôt une usine de planage et une manufacture de portes et châssis. Favorisée également par un accès au chemin de fer du Grand Tronc, la Ratz and Kaufman prit de l’expansion et eut droit en 1881 à une prolongation de son exemption de taxes. Elle construisit une briqueterie en 1888. Comme les réserves de bois de la région commençaient à diminuer, Kaufman acheta une grande concession forestière dans le district de Muskoka. À compter de 1902, des billes furent taillées dans ses usines à Rosseau Falls et à Trout Creek, plus au nord, où il produisait aussi de l’alcool de bois et du charbon de bois. Au début du siècle, quand Nelson et Milton Good se mirent à fabriquer des automobiles à Berlin, l’usine de Kaufman produisit une vingtaine de carrosseries en bois, mais, apparemment, elles ne servirent jamais. Jusqu’en 1909, un chariot tiré par des chevaux livra les marchandises de Kaufman dans la région, après quoi le transport se fit au moyen d’une automobile transformée en camion. En 1916, l’entreprise fut constituée juridiquement sous le nom de Jacob Kaufman Limited.

Berlin avait déjà une industrie de cuir et de feutre et, tout en exploitant son entreprise forestière, Kaufman contribua à l’implantation d’une industrie de chaussures et de bottes en caoutchouc. Avec A. L. Breithaupt et Louis Weber, il s’associa à l’entrepreneur de construction George Schlee, qui avait inspecté des manufactures dans l’Ohio. En mai 1899, les quatre hommes organisèrent la Berlin Rubber Manufacturing Company Limited. Cette société prospéra, mais Kaufman se brouilla avec ses associés parce qu’il aurait voulu augmenter le salaire de son ambitieux teneur de livres, Talmon Henry Rieder. Au printemps de 1903, Kaufman et Rieder lancèrent donc une autre entreprise, la Merchants Rubber ; elle fabriquait non seulement des bottes et des chaussures, mais aussi des vêtements de caoutchouc pour les pêcheurs et les mineurs. En 1907, après l’absorption de la Berlin Rubber et de la Merchants Rubber par la Canadian Consolidated Rubber de Montréal, Kaufman et son fils Alvin Ratz formèrent la Kaufman Rubber Company Limited, qui allait devenir l’un des plus gros producteurs au Canada. C’est maintenant la division Kaufman Footwear de la William H. Kaufman Incorporated.

Kaufman ne souhaitait pas faire de la politique, mais il se consacrait au développement de Berlin. À titre de membre de la commission de l’éclairage d’avril 1905 à janvier 1910, il approuva les dépenses engagées par la municipalité pour obtenir de l’électricité par l’entremise de la Commission d’énergie hydroélectrique de l’Ontario. Également membre de la commission des eaux, il appartint au comité qui mit en place le premier système d’évacuation des eaux d’égout de la ville. Un vif débat aux accents germanophobes éclipsa ces progrès. C’était la guerre. Ne fallait-il pas rayer le nom de Berlin et le remplacer par celui de Kitchener ? Kaufman appuya d’abord ce changement, puis s’y opposa. Parlant en tant qu’homme d’affaires à une assemblée de l’Employers’ Association locale en mars 1916, il fit observer que ses entreprises n’avaient guère eu de mal à vendre des marchandises même si elles provenaient d’un endroit appelé Berlin. Le changement de toponyme, adopté de justesse à la suite d’un référendum municipal tenu en mai, n’atténua sûrement pas son attachement envers sa localité. En 1917, il finança la construction d’une résidence d’infirmières près de l’hôpital général.

Les Kaufman appartinrent toute leur vie à l’église évangélique Zion. Membre du conseil d’administration durant 35 ans, Jacob assistait régulièrement aux conférences canadiennes de l’Evangelical Association ; Mary dirigea la société féminine de la congrégation. En outre, elle fut présidente de la section locale de la Children’s Aid Society et de la Young Women’s Christian Association, et appartint au National Council of Women of Canada, à la Women’s Hospital Aid Association of Ontario et à l’Union chrétienne de tempérance des femmes. Inspirée par son exemple, sa fille Emma Ratz ferait carrière dans le YWCA au Japon et au Canada.

À la mort de Jacob Kaufman en 1920, le Kitchener Daily Record parla de lui comme du « génie de l’industrie de Kitchener » et déclara : « [sa] carrière est tout à fait unique même dans notre collectivité, où abondent les hommes qui accomplissent des choses [...] Il savait oser. » C’était aussi un « homme sociable qui avait son franc-parler ». De 1909 à 1919, il avait donné plus de 602 000 $ à sa femme et à leurs quatre enfants survivants. À sa mort, il leur laissa une succession de près de 279 000 $. Par la suite, Milton Ratz Kaufman prit la direction des usines de planage et de sciage tandis qu’Alvin Ratz, qui se ferait connaître comme promoteur de la régulation des naissances et de l’eugénisme, reprit la Kaufman Rubber.

Lynn E. Richardson

AN, RG 31, C1, North Easthope Township, [Ontario], 1861, Ward 1 : 7 ; 1871, div. 2 : 12 (mfm aux AO).— AO, RG 22-214, no 7694 ; RG 80-5-0-68, no 8940.— Perth Land Registry Office (Stratford, Ontario), North Easthope Township, Deeds, nos 1590–1592, 2488, 2500, 2503, 4311, 4313 (mfm aux AO).— Kitchener Daily Telegraph (Kitchener, Ontario), 21 avril 1920.— Berlin, Ontario (Berlin [Kitchener], 1912).— W. R. Chadwick, The battle for Berlin, Ontario : an historical drama (Waterloo, Ontario, 1992).— John English et Kenneth McLaughlin, Kitchener : an illustrated history (Waterloo, 1983).— Industrial Canada (Toronto), 21 (1920–1921) : 158.— J. E. Middleton et Fred Landon, The province of Ontario : a history, 1615–1927 (5 vol., Toronto, 1927–[1928]), 3 : 185–187.— W. V. Uttley, A history of Kitchener, Ontario (Kitchener, 1937 ; réimpr., [Waterloo, 1975]).

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Lynn E. Richardson, « KAUFMAN, JACOB », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/kaufman_jacob_14F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
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