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LAING, MARJORY (McLaren (MacLaren)), présidente de société missionnaire, née en 1830 ou en 1831 en Écosse, troisième fille d’Isabella Thomson et de James R. Laing, régisseur et fermier ; le 20 février 1854, elle épousa William McLaren (MacLaren), et ils eurent un fils et une fille qui parvinrent à l’âge adulte ; décédée le 15 mars 1910 à Elmira, New York.

Marjory Laing immigra au Canada en 1843 avec sa famille ; en 1851, les Laing étaient agriculteurs à Melbourne, dans le Bas-Canada. En 1854, elle épousa le ministre presbytérien William McLaren, ancien condisciple de son frère John au Knox College de Toronto. William exerça son ministère en divers endroits, soit Amherstburg, Boston, Belleville et Ottawa, puis fut chargé de cours pendant un trimestre au collège presbytérien de Montréal avant de devenir professeur au Knox College en 1873.

Ensemble, les McLaren exercèrent une influence notable sur l’activité missionnaire des presbytériens du Canada à l’époque où les missions étrangères suscitaient le plus de zèle. En 1868, à Belleville, Marjory avait organisé un groupe de femmes pour soutenir ces missions. Puis, lorsque les diverses confessions presbytériennes se réunirent pour former l’Église presbytérienne au Canada, en 1875, William devint convocateur du Foreign Missions Committee (division de l’Ouest). Sans tarder, il prit des mesures en vue de la création d’un organisme missionnaire féminin du genre de ceux qui existaient chez les presbytériens américains. En février 1876, au cours d’une assemblée qu’il avait convoquée, Marjory McLaren et 13 autres presbytériennes influentes de Toronto furent désignées pour rédiger une constitution en comité. Un mois plus tard naissait la Woman’s Foreign Missionary Society (division de l’Ouest), société auxiliaire du Foreign Missions Committee qui, lui, était entièrement composé d’hommes. Mme McLaren fut choisie présidente de la société ; elle exerça cette fonction jusqu’en 1881, puis de nouveau de 1897 à 1899. À la suite de chacun de ses mandats, elle resta au comité de gestion de la société à titre de première vice-présidente.

Sous la direction de Marjory McLaren, la société demeura volontiers soumise à l’autorité du Foreign Missions Committee et refusa de s’adonner à toute activité ou de se lier à toute organisation dont les buts auraient pu être interprétés comme féministes ou étrangers au travail missionnaire. Par prudence également, on exhortait les membres à amasser des fonds en faisant elles-mêmes des sacrifices plutôt qu’en organisant des soirées de bienfaisance ou en puisant dans les fonds d’autres œuvres religieuses. Même si Marjory McLaren n’avait pas été portée elle-même à manifester un tel conservatisme dans son administration, son mari et son frère l’y auraient poussée : William McLaren était connu pour son orthodoxie en matière de théologie et de pratique presbytériennes, et John Laing se révéla un adversaire du suffrage féminin.

La Woman’s Foreign Missionary Society devint quand même une organisation puissante. Elle faisait connaître et soutenait les activités éducatives, médicales et évangélisatrices des femmes célibataires qui œuvraient dans les missions du centre de l’Inde et d’Extrême-Orient. De plus, elle finançait presque tout le travail de l’Église presbytérienne auprès des autochtones de la Colombie-Britannique et une bonne partie de celui qui se faisait au Manitoba et dans le Nord-Ouest. Au début du xxe siècle, la société commença à parrainer de modestes efforts missionnaires auprès des immigrants chinois et juifs. Elle en vint à jouer un rôle important dans la sélection et la formation des femmes missionnaires, surtout à compter de l’établissement, en 1897, du Ewart Missionary Training Home, foyer nommé en l’honneur de Catherine Seaton Ewart [Skirving*], deuxième présidente de la société.

À la veille du xxe siècle, comme l’Église presbytérienne s’efforçait de répondre aux besoins engendrés par l’immigration massive et la colonisation de l’Ouest, la Woman’s Foreign Missionary Society fut fortement incitée à prendre en charge des missions intérieures et non seulement étrangères (les missions qu’elle soutenait déjà au Canada étaient alors considérées comme faisant partie de cette dernière catégorie). Avec d’autres membres de la vieille garde des missions étrangères, Marjory et William McLaren résistèrent en invoquant que toute réaffectation des ressources nuirait à l’efficacité de la société à l’étranger, où le travail qu’elle soutenait était essentiel puisque seules des femmes pouvaient le faire. La création de la Women’s Home Missionary Society, en 1903, ne mit pas fin aux pressions. Après la mort de William en 1909 et celle de Marjory l’année suivante, et parce que des changements dans l’organisation de l’Église avaient modifié les méthodes de collecte des fonds, le Foreign Missions Committee cessa d’appuyer la position de la Woman’s Foreign Missionary Society et pressa celle-ci de fusionner avec la Women’s Home Missionary Society. La fusion se réalisa en 1914 et donna naissance à la Women’s Missionary Society de l’Église presbytérienne au Canada.

Marjory McLaren était décédée à Elmira, dans l’État de New York, où elle s’était rendue « pour une période de repos ». En lui rendant hommage, les dirigeantes de la Woman’s Foreign Missionary Society signalèrent que, depuis la fondation de l’organisme, elle n’avait manqué que deux ou trois assemblées annuelles et rappelèrent surtout son « offrande de prières » pour les œuvres de la société. Elles réimprimèrent un poème qu’elle avait composé en 1907 à l’occasion du décès de la missionnaire Agnes Maria Turnbull, suggérant ainsi que sa contribution à l’évangélisation et au soutien des non-chrétiennes n’avait pas été moindre que celle de cette femme médecin morte à l’étranger.

Ruth Compton Brouwer

La notice nécrologique de Marjory McLaren parue dans Foreign Missionary Tidings ([Toronto]), 26 (1909–1910) : 194, reproduit le poème qu’elle avait composé en 1907 à la mort d’Agnes Maria Turnbull.

AN, RG 31, C1, 1851, Melbourne (Sherbrooke).— AO, F 1003, MU 7110, no 5 (exemplaire aux Arch. de l’Église presbytérienne au Canada, Toronto) ; RG 22, Ser. 305, no 22198.— EUC-C, 127, box 4, 1877 : 1 ; Biog. files, John Laing, William McLaren ; Church records, Toronto Conference, St Andrew’s United Church (Toronto), records, Old St Andrew’s Presbyterian Church, Woman’s Foreign Missionary Soc. Auxiliary, minutes, 22 févr. 1887.— Ruth Compton Brouwer, New women for God : Canadian Presbyterian women and India missions, 1876–1914 (Toronto, 1990).— Église presbytérienne au Canada, Woman’s Foreign Missionary Soc. (div. de l’Ouest), Annual report (Toronto), 1877 : 7 ; Women’s Missionary Soc. (div. de l’Est), Our jubilee story, 1864–1924 ([Toronto, 1924]), 37.— Foreign Missionary Tidings ([Toronto]), 26 (1909–1910) : 193s. ; 27 (1910–1911) : 19–21.— E. L. Macdonnell, « The Woman’s Foreign Missionary Society », Knox College Monthly and Presbyterian Magazine (Toronto), 15 (nov. 1891–avril 1892) : 175–182.— Presbyterian (Toronto), nouv. sér., 9 (juill.–déc. 1909) : 123s., 128.

Bibliographie générale

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Ruth Compton Brouwer, « LAING, MARJORY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/laing_marjory_13F.html.

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Auteur de l'article:   Ruth Compton Brouwer
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   22 novembre 2014