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LAMBERT, AUGUSTINE EMMANUEL, journalier et soldat, né le 26 novembre 1894 à Londres, fils de George Lambert ; célibataire ; tué le 9 ou le 10 avril 1917 près de Vimy, France.

Invité, comme tant d’autres jeunes hommes, à chercher fortune dans l’Ouest canadien, Augustine Emmanuel Lambert arriva à Arelee, en Saskatchewan, au début de mai 1913. Avec son frère Tony, il élut domicile non loin de là et se mit à travailler pour des fermiers des environs. Il laboura le sol des Prairies avec une paire de bœufs, conduisit un attelage de chevaux au temps des moissons, fit partie d’une équipe de voirie pendant l’été. Correspondant prolifique et artiste doué, Lambert illustrait ses fréquentes lettres à sa famille. Ses dessins de ses activités quotidiennes font partie des rares documents iconographiques que l’on possède sur les débuts de l’agriculture en Saskatchewan.

Lambert avait servi dans l’armée territoriale à Londres et était impatient de s’enrôler quand la guerre éclata en août 1914. Il se rendit en octobre au bureau de recrutement le plus proche, à Saskatoon, mais constata que toutes les unités du Corps expéditionnaire canadien étaient au complet et qu’elles n’acceptaient plus personne. Cependant, il y retourna et put s’inscrire dans le 9th Canadian Mounted Rifles Regiment le 21 décembre 1914. L’aisance avec laquelle il reprit la vie de soldat, de même que la qualité de sa tenue et de sa conduite, témoignaient de ses états de service chez les territoriaux. Les heures de cheval et l’entraînement exigeaient des efforts physiques qui lui plaisaient. Quant aux petits inconvénients de la vie militaire, il les acceptait avec bonne humeur, mais il se plaignait, comme la plupart de ses collègues, des tracasseries qui lui faisaient perdre du temps ou le privaient inutilement de confort.

À l’automne de 1915, le 9th Canadian Mounted Rifles Regiment était toujours à l’entraînement. Résigné, Lambert s’apprêtait à passer l’hiver sous la tente. Puis soudain, le régiment s’embarqua. Le 8 décembre 1915, il arriva au camp de Bramshott, en Angleterre. Peu après, on décida qu’il servirait d’unité de renfort à l’infanterie. Le 29 février 1916, Lambert fut affecté en France au 1 st Canadian Mounted Rifles Battalion, qui faisait partie de la 3e division, récemment organisée [V. Malcolm Smith Mercer]. En février et en mars, des unités de la 3e division relevèrent des unités de la 1re et de la 2e division sur le saillant d’Ypres (Ieper, Belgique), afin d’enseigner aux troupes inexpérimentées comment se comporter au front. À la fin de mars, la 3e division prit en charge le secteur défensif du saillant qui pénétrait le plus à l’est en territoire ennemi. Le 2 juin, les Allemands lancèrent un assaut furieux. Le 1 st et le 4th Canadian Mounted Rifles Battalions, surtout, écopèrent : les pertes de chacun dépassèrent 75 %. Lambert survécut à cette brutale entrée dans la guerre et fut promu caporal suppléant le 12 juin.

Au début de septembre, le Corps d’armée canadien quitta Ypres pour le front de la Somme. Ypres avait été assez calme après la bataille de juin, mais la guerre des tranchées avait usé les hommes. Lambert passa deux semaines à l’arrière parce qu’il avait le typhus récurrent. De retour dans son bataillon, il fut promu caporal le 23 septembre et participa, à compter du 28, aux combats de la tranchée Regina, au cours desquels il fut blessé au visage. Il rejoignit son unité le 9 octobre, mais retourna tout de suite à l’hôpital à cause d’une grippe. Il quitta l’hôpital vers la fin du mois et apprit que son bataillon se trouvait sur le front d’Arras. Les combats étaient peu nombreux dans ce secteur, mais chaque camp lançait quand même des offensives contre les tranchées du camp ennemi. Dans la nuit du 20 décembre, 400 soldats du lst Canadian Mounted Rifles Regiment firent un raid qui s’avéra très fructueux. Lambert fut promu sergent le lendemain.

Au début de 1917, Lambert eut un autre accès de grippe mais s’empressa de regagner son unité, désormais habituée au combat, pour prendre part aux derniers préparatifs de l’attaque de la crête de Vimy. Tôt le matin du lundi de Pâques, le 9 avril, le lst Canadian Mounted Rifles Regiment monta à l’assaut de la pente de Vimy ; dès neuf heures du matin, il se regroupait sur son objectif, l’extrémité est du bois de la Folie, au centre de la crête. Avant que la journée du lendemain ne se termine, Lambert était mort. À cause de l’intensité de la bataille, ses camarades ignoraient où et quand il avait été tué.

Augustine Emmanuel Lambert représente un groupe singulier de Canadiens, composé de tous ces jeunes immigrants du Royaume-Uni qui s’enrôlèrent dans le Corps expéditionnaire canadien peu après le début des hostilités. Bon nombre d’entre eux avaient des antécédents militaires. Tandis que les bataillons canadiens, formés de profanes, s’initiaient au dur métier de combattant, ils constituèrent donc, en leur sein, un élément stable et discipliné. Le Canada atteignit sa maturité quand le Corps d’armée canadien prit d’assaut la crête de Vimy. Des milliers d’immigrants tel Gus Lambert aidèrent leur pays d’adoption à entrer dans le cercle des nations.

Jack L. Summers

AN, MG 30, E172 (mfm) ; RG 150, Acc. 1992–93/166, dossier 114600.— Nicholson, CEC.

Bibliographie générale

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Jack L. Summers, « LAMBERT, AUGUSTINE EMMANUEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lambert_augustine_emmanuel_14F.html.

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Auteur de l'article:   Jack L. Summers
Titre de l'article:   LAMBERT, AUGUSTINE EMMANUEL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   1 novembre 2014