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MACALLUM, JOHN, instituteur, administrateur scolaire, ministre de l’Église d’Angleterre, homme politique et fonctionnaire, né en 1806 à Fortrose, Écosse ; en février 1836, il épousa dans la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba) Elizabeth Charles, et ils eurent deux filles ; décédé le 3 octobre 1849 au même endroit.

John Macallum fréquenta le King’s College d’Aberdeen de 1820 à 1824 et y reçut une maîtrise ès arts en avril 1832. En septembre 1833, âgé de 27 ans et avec quelque expérience de l’enseignement, il arrivait à la Rivière-Rouge. Il devait, contre un salaire annuel de £100, enseigner à l’école qu’avait fondée le révérend David Thomas Jones à l’intention des « fils des gentlemen engagés dans la traite des fourrures ». Le calibre de ses élèves ne l’impressionna pas. Peu après son arrivée, il nota dans une lettre à James Hargrave*, principal fonctionnaire de la Hudson’s Bay Company à York Factory : « l’esprit des jeunes d’ici est d’une attristante vacuité [...] sans rien de cette masse d’informations générales qu’un petit Anglais, proprement éduqué, assimile avant d’arriver en quatrième année ». Macallum était résolu à améliorer l’instruction de ces jeunes.

En 1835, l’institutrice de la Red River Academy, Mme Mary Lowman, quitta son poste pour épouser l’agent principal James Bird*, et Macallum prit alors en charge l’éducation des filles aussi bien que des garçons. Apparemment, il obtint quelques résultats positifs avec les premières car bien des parents, dont John Dugald Cameron*, se dirent heureux qu’elles apprennent enfin autre chose que la couture et la cuisine. En 1836, il épousa l’une de ses élèves, Elizabeth Charles, fille sang-mêlé de l’agent principal John Charles ; deux ans plus tard, ce dernier se mariait avec la sœur de Macallum, Margaret. Les liens ainsi noués entre Macallum et Charles causèrent un émoi parmi les dames distinguées de la colonie.

Macallum succéda à Jones comme directeur de l’école en 1837. Au début, il loua les bâtiments de la Hudson’s Bay Company, qui en était propriétaire, mais en 1841 il acheta l’école pour la somme de £350. Tout au long de son mandat, il bénéficia de l’appui du gouverneur de la Hudson’s Bay Company, George Simpson*, et du conseil du département du Nord, qui lui alloua £100 par an pour assurer la bonne marche de l’établissement.

L’école se maintint à un haut niveau d’excellence sous la direction de Macallum. On y donnait des cours de grec, de latin, de géographie, d’études bibliques, d’histoire, d’algèbre, de rédaction et d’élocution. En 1840, Macallum affirmait avec satisfaction à Hargrave : « les écoles jouissent d’appuis solides, et nous donnent à tous autant de travail que nous sommes capables d’en exécuter ». Deux ans plus tard, il notait à propos de ses élèves : « les progrès sont encourageants, leur comportement correct et leur docilité, leur attention et leur application fort louables ». L’un d’eux, le révérend Benjamin McKenzie, petit-fils de Roderick McKenzie*, rappelait en 1928 que Macallum avait « formé un bon nombre de chefs d’avant-poste, de commis et de futurs chefs de poste et agents principaux » de la Hudson’s Bay Company et qu’il était un « travailleur consciencieux et dévoué », même s’il « surestimait peut-être les vertus de la férule ». Les lettres de Letitia Hargrave [Mactavish*] suggèrent aussi qu’il était strict en matière de discipline et doté d’un sens moral aigu. Ainsi elle le blâmait en 1843 de défendre aux mères indiennes ou sang-mêlé non officiellement mariées de rendre visite à leurs enfants, interdiction qu’elle trouvait « terriblement cruelle, car les pauvres mères ne savaient pas qu’il existait une distinction ». Cependant, Macallum était imperméable à la critique et la direction de la Hudson’s Bay Company ne semblait guère se préoccuper de ces questions.

En juin 1844, Macallum fut ordonné prêtre par l’évêque George Jehoshaphat Mountain*, en visite dans la colonie. On l’affecta à la paroisse St John, à la Rivière-Rouge, puis il devint en mars 1845 aumônier auxiliaire de la Hudson’s Bay Company. Il n’en continua pas moins de se consacrer à ses élèves. « L’école était pour lui son œuvre, sa raison de vivre », rapporta en 1850 David Anderson*, premier évêque de Rupert’s Land. Il était l’un des résidents les plus en vue de la région, et en mars 1836 on l’avait nommé au premier gouvernement de la colonie, le Conseil d’Assiniboia. Il en fut le greffier en 1839, fit partie de son comité d’économie en 1845 et agit à titre de coroner de la Rivière-Rouge de 1839 à 1849.

John Macallum eut au cours de l’été de 1849 un accès de jaunisse dont il ne se remit pas. Il mourut le 3 octobre. L’année suivante, Elizabeth Macallum quitta la Rivière-Rouge avec ses filles pour aller vivre avec son père, qui s’était établi à Édimbourg en 1845. La mort de son mari l’avait tant bouleversée qu’elle tenta de se suicider en 1852 et on l’interna dans un asile pendant un an. Macallum avait stipulé dans son testament que la Red River Academy devait être offerte à l’évêque Anderson. Ce dernier accepta et la paya £300. Les élèves de la Rivière-Rouge demeureraient donc en bonnes mains.

Allan Levine

APC, MG 19, A21, sér. 1, 3, 5–6, 8–9, 11, 15–16, 22, 24. — PABC, Add. mss 635, folder 93, Ross à Macallum, 15 mars 1848 (photocopie).— PAM, HBCA, B.135/c/2 : fo 96 ; B.239/k/2 : fos 158, 169, 173, 184, 189d, 196, 199, 207, 210, 219d, 225, 232d, 233, 236 ; D.4/23 : fos 60d–61 ; D.4/58 : fo 62 ; D.5/4 : fo 370–371 ; D.5/23 : fos 357–357d ; D.5/26 : fos 160, 558–558d, 698–698d ; MG 2, C23, no 96.— Canadian North-West (Oliver), 1 : 63, 85, 275–278, 283–284, 317–327, 355.— Hargrave, Hargrave corr. (Glazebrook).— Letitia [Mactavish] Hargrave, The letters of Letitia Hargrave, Margaret Amett MacLeod, édit. (Toronto, 1947).— Boon, Anglican Church.— T. F. Bredin, « The Red River Academy », Beaver, outfit 305 (hiver 1974) : 10–17.— « Living pupil of 92 recalls Red River academy of 40’s : Rev. Benjamin McKenzie [...] describes Red River settlement school attended by H.B. officers’ sons 85 years ago », Manitoba Free Press (Winnipeg), 3 mars 1928 : 9.

Bibliographie générale

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Allan Levine, « MACALLUM, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/macallum_john_7F.html.

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Auteur de l'article:   Allan Levine
Titre de l'article:   MACALLUM, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   21 octobre 2014