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MACKAY, ANGUS (McKay), agriculteur, fonctionnaire et agronome, né le 3 janvier 1840 près de Pickering, Haut-Canada, deuxième enfant et fils aîné de Donald McKay et de Margaret Broadfoot ; le 7 janvier 1874, il épousa à Whitby, Ontario, Elizabeth Arthur Gunn, et ils eurent deux fils et deux filles, dont l’une mourut avant lui ; décédé le 10 juin 1931 à Indian Head, Saskatchewan.
À l’instar de nombreuses personnes qui s’établirent dans les Prairies au cours des années 1880, Angus Mackay, fils d’immigrants écossais presbytériens, grandit dans le Haut-Canada. Il étudia dans des écoles de Pickering et de Whitby, et travailla à la ferme familiale. Il reçut aussi une formation pour entrer dans la milice à la School of Military Instruction de Toronto, où il obtint un certificat de deuxième classe à l’âge de 24 ans. Plus tard, on lui décerna la médaille du Service général du Canada pour sa participation aux raids fenians. Son père mourut avant 1871, et Angus devint chef de la ferme familiale. Il épousa Elizabeth Arthur Gunn en 1874 ; ils élevèrent leur famille près de Pickering.
Par sa stature, Mackay impressionnait ses contemporains. Le journaliste Norman Platt Lambert* la qualifierait de « massive » et la décrirait comme celle d’un « Écossais de type efflanqué ». Mackay avait les yeux bleus et un menton fort ; selon Lambert, la forme de son visage laissait deviner une « puissance intellectuelle et physique ». En 1881, ayant vendu la ferme de son père avec un « bon profit », il se lança à son compte, et travailla comme fermier avec sa femme et ses enfants. En 1923, partageant ses souvenirs avec le bibliothécaire du Parlement de la Saskatchewan, John Hawkes, Mackay dit que le « grand boum [de l’immigration] » concomitant à l’expansion du chemin de fer canadien du Pacifique avait retenu son attention. Les Territoires du Nord-Ouest apparaissaient comme une « terre de grandes possibilités », et il décida avec sa famille de s’installer dans l’Ouest. Mackay et trois autres hommes, avec qui il comptait pratiquer l’agriculture en commun, fondèrent la Pickering Company et partirent pour les Prairies en 1882. Ils se rendirent à St Paul, au Minnesota, mais, lorsqu’ils bifurquèrent vers le nord, ils durent interrompre leur traversée du Manitoba à cause de la crue exceptionnelle de la rivière Rouge cette année-là. À un certain moment, ils rendirent visite à un ami, et Mackay raconta : « Il vint nous chercher en canot […] Il vivait dans la partie supérieure de sa maison, la partie basse étant inondée. La porte était ouverte, alors nous entrâmes directement […] et accostâmes dans l’escalier. »
Attirés par les récits sur la fertilité de la région d’Indian Head, dans ce qui deviendrait la Saskatchewan en 1905, Mackay et ses associés achetèrent quatre lots (de 640 acres chacun) à la compagnie des agents Edmund Boyd Osler*, Herbert Carlyle Hammond et Augustus Meredith Nanton*. Ils achetèrent ensuite un quart de lot supplémentaire et deux concessions résiliées près de l’immense ferme de William Robert Bell*. La terre donnait un bon rendement et, trois ans après son arrivée, Mackay avait planté plus de 600 acres en avoine et en blé.
Proclamé « grand homme de l’agriculture de la Saskatchewan » par le Globe en 1913, Mackay acquit la réputation de père de la jachère d’été. La pratique consiste à laisser une terre en jachère pendant un an afin d’en maintenir l’humidité pour les cultures de l’année suivante. La brièveté de la saison de croissance dans les Prairies, combinée aux conditions arides, présentait des difficultés particulières pour les premiers agriculteurs. La jachère traditionnelle permet de conserver les nutriments du sol ; cependant, comme le Globe l’expliquerait en 1902, la jachère d’été vise principalement à préserver l’humidité « et par la suite à l’attirer vers la surface, où les racines des cultures pourront la capter ». Idéalement, un fermier laboure sa terre tôt au printemps, « si possible, avant le milieu de juin, afin que les premières pluies puissent y pénétrer […] Après le labour, la terre est hersée par intervalles pendant la saison, aucune semence n’y est plantée, et la surface est ainsi gardée lisse et sans fissures, comme une couverture couvrant l’humidité qui s’accumule en dessous. » La technique ne protégeait pas les cultures des gelées hâtives (Mackay perdit toute sa récolte de blé en 1884 à cause du gel), mais elle aidait les agriculteurs à neutraliser la sécheresse saisonnière. En 1940, Lawrence Eldred Kirk, doyen de la faculté d’agriculture de la University of Saskatchewan à Saskatoon, décrirait la « découverte capitale » de Mackay pendant la sécheresse de 1886 de la façon suivante : « comme une oasis dans un vaste désert », la terre labourée et hersée « exhibait un champ ondulant de grain doré » qui avait poussé grâce à l’humidité de la jachère d’été.
Le Qu’Appelle Progress rapporta en 1888 que l’on considérait Mackay, membre des sociétés agricoles d’Indian Head et de la vallée de la Qu’Appelle, comme « l’un des meilleurs agriculteurs des Territoires ». En décembre 1886, William Saunders*, directeur du réseau des fermes expérimentales du dominion, l’invita, ainsi que Spencer Argyle Bedford, à se joindre à lui afin de chercher des emplacements pour implanter les fermes expérimentales de l’Ouest proposées. Mackay et Bedford se rendirent ensuite à Ottawa au printemps de 1887 pour aider à la mise sur pied de la ferme expérimentale centrale. Au retour de Mackay, le Manitoba Free Press mentionna que Saunders et lui avaient mené une deuxième inspection sur les 180 milles « de Moosomin à Moose Jaw » avant de finalement choisir 675 acres près d’Indian Head comme emplacement pour la nouvelle ferme expérimentale des Territoires du Nord-Ouest. À la subdivision des fermes de l’Ouest après 1906, celle-ci deviendrait la ferme expérimentale du sud de la Saskatchewan (Indian Head).
Nommé surintendant de la ferme en 1888, Mackay mit légalement fin à la Pickering Company pour se concentrer sur sa nouvelle fonction. Sous sa direction, la ferme réalisa une variété d’expériences. Les recherches portèrent sur la jachère d’été, le blé Marquis (testé pour la première fois à Indian Head grâce aux travaux du fils de Saunders, l’agronome Charles Edward Saunders) et l’utilisation des arbres comme brise-vent. Mackay et son équipe diffusèrent leurs découvertes dans de longues lettres, des conférences, des journaux et des rapports annuels. Mackay prit sa retraite en 1913, à l’âge de 73 ans, pour accepter un poste consultatif d’inspecteur dans des fermes expérimentales de l’Ouest, rôle qu’il assuma jusqu’à sa mort, 18 ans plus tard. Créée pour évaluer des pratiques agricoles, l’élevage des animaux et des souches de plantes, de graines et d’arbres adaptés au climat des Prairies, la ferme expérimentale d’Indian Head eut une profonde influence sur l’agriculture de l’Ouest canadien.
Mackay se révéla un défenseur infatigable de l’agriculture de l’Ouest. Il organisa et installa la présentation des Territoires du Nord-Ouest à l’Exposition universelle de Chicago en 1893 ; cet exploit lui valut sa nomination à la présidence du comité de référence pour la Canadian North-West Territorial Exhibition de 1895 à Regina. Pour ce travail, il obtint une médaille d’or du lieutenant-gouverneur Charles Herbert Mackintosh. Mackay fut l’un des directeurs de la Dominion Short-horn Breeders’ Association ; il exerça aussi les fonctions de juge de paix à Indian Head et présida le conseil de l’hôpital local.
En reconnaissance de ses années d’engagement et de services rendus à l’agriculture de l’Ouest, Angus Mackay reçut un doctorat honorifique en droit, en mai 1922, de la University of Saskatchewan [V. James Clinkskill]. Le récipiendaire préconisait depuis longtemps la création d’un collège d’agriculture à l’université, et son soutien lui valut la présidence du conseil consultatif du Saskatchewan Agricultural College de Saskatoon. En 1923, âgé de 83 ans et près de ses noces d’or, il profita de son discours au congrès de l’Association of Saskatchewan Agricultural Societies pour recommander l’inclusion, à la formation des étudiants en agriculture, « de conseils sur la manière de choisir une épouse, car une bonne épouse était essentielle à une vie agricole heureuse et prospère ». En 1973, on intronisa Angus MacKay au Saskatchewan Agricultural Hall of Fame.
À titre de surintendant de la ferme expérimentale à Indian Head, Angus Mackay a produit des rapports détaillés pour le directeur du Service des fermes expérimentales. Ceux-ci ont ensuite paru en annexe dans les rapports annuels du ministre de l’Agriculture. BAC conserve dans le fonds du ministère de l’Agriculture, Service des fermes expérimentales (R194-114-6), des documents relatifs au travail de Mackay.
L’article de John Hawkes, « Dr. Angus McKay : the man who taught us how to grow wheat », qui figure dans son livre intitulé Story of Saskatchewan and its people (3 vol., Regina, 1924), 2 : 1035–1044, demeure le portrait le plus détaillé de Mackay ; il contient quantité de souvenirs de ce dernier sur ses premières années dans le Nord-Ouest et sur son poste de surintendant de la ferme expérimentale à Indian Head. La dernière partie s’inspire beaucoup d’un texte de Norman Lambert paru dans le Globe pour marquer le départ à la retraite de Mackay en 1913 : « The grand old man of Saskatchewan » (9 août 1913 : A2).
AO, RG 80-5-0-44, no 006548.— BAC, RG 9 IIA5 (Canada General Service Medal, 34th Battalion Whitby, Invasion des Fenians (1866)), Angus Mackay ; R233-30-3, vol. 49–157, Canada Ouest, dist. Ontario (26), sous-dist. Pickering (245) : 11 ; vol. 271–462, Canada Ouest, dist. Ontario, sous-dist. Pickering : 73 ; R233-34-0, Ontario, dist. Ontario Sud (48), sous-dist. Pickering (A), div. 2 : 11 ; R233-35-2, Ontario, dist. Ontario Sud (132), sous-dist. Pickering (A), div. 1 : 16 ; R233-36-4, Territoires du Nord-Ouest, dist. Assiniboia Est (198), sous-dist. Qu’Appelle (B), div. 3 : 17–18 ; R233-37-6, Les Territoires, dist. Assiniboia Est (203), sous-dist. Indian Head (B2), div. 1 : 4.— Globe, 25 avril 1902, 13 août 1909, 7 août 1924, 31 janv. 1931.— Manitoba Free Press, 13 oct. 1887.— Qu’Appelle Progress (Qu’Appelle, Saskatchewan), 9 déc. 1886 ; 1er mars, 4 oct. 1888.— Qu’Appelle Vidette (Indian Head, Saskatchewan), 27 août, 22 oct. 1885 ; 19 mai 1887.— Regina Leader, 14 févr. 1888, 26 déc. 1901.— Winnipeg Tribune, 11 juin 1931.— Canada, Parl., Doc. de la session, 1990 (rapport du surintendant des fermes expérimentales pour les Territoires du Nord-Ouest, 1889) ; Service des fermes expérimentales, les Fermes expérimentales fédérales : un demi-siècle de progrès, 1886–1936 (Ottawa, 1939).— Canadian Plains Research Center, Encyclopedia of Saskatchewan : a living legacy (Regina, 2005).— Canadian Territorial Exhibition (Ottawa, 1895 ; programme officiel).— H. R. Clark, Historical review of the Saskatchewan Agricultural Societies’ Association and the agricultural societies of Saskatchewan (Saskatoon, 1980).— Lyle Dick, Farmers « making good » : the development of Abernethy District, Saskatchewan, 1880–1920 (2e éd., Calgary, 2008).— John Hawkes, The story of Saskatchewan and its people (3 vol., Regina, 1924), 3.— E. A. Heaman, The inglorious arts of peace : exhibitions in Canadian society during the nineteenth century (Toronto et Buffalo, N.Y., 1999).— Historica Canada, « l’Encyclopédie canadienne ».— W. E. Johnson et A. E. Smith, Indian Head Experimental Farm, 1886–1986 ([Ottawa], 1986).— L. E. Kirk, « Dr. Angus MacKay (1840–1931) », dans Canadian portraits : C.B.C. broadcasts, R. G. Riddell, édit. (Toronto, 1940), 131–136.— Amy McInnis, « The development of better farming practices in Saskatchewan » (doc. de recherche, s.l., 2004 ; exemplaire au Western Development Museum, George Shepherd Library, Saskatoon).— Ordinances of the North-West Territories passed in the third session of the fifth legislative assembly […] (Regina, 1904).— Pioneers and prominent people of Saskatchewan (Winnipeg et Toronto, 1924).— B. J. Porter, « Angus MacKay (1840–1931) », dans Saskatchewan agriculture : lives past and present, Lisa Dale-Burnett, édit. (Regina, 2006), 106–107.— University of Saskatchewan, Saskatoon : president’s report for the years 1911–12 ([Saskatoon], s.d.).
Merle Massie, « MACKAY, ANGUS (McKay) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 7 janv. 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/mackay_angus_16F.html.
| Permalien: | https://www.biographi.ca/fr/bio/mackay_angus_16F.html |
| Auteur de l'article: | Merle Massie |
| Titre de l'article: | MACKAY, ANGUS (McKay) |
| Titre de la publication: | Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16 |
| Éditeur: | Université Laval/University of Toronto |
| Année de la publication: | 2026 |
| Année de la révision: | 2026 |
| Date de consultation: | 7 janv. 2026 |