DCB/DBC Mobile beta
+
Titre original :  Photograph Mr. Joseph MacKay, Montreal, QC, 1871 William Notman (1826-1891) 1871, 19th century Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process 13.7 x 10 cm Purchase from Associated Screen News Ltd. I-62642.1 © McCord Museum Keywords:  male (26812) , Photograph (77678) , portrait (53878)

Provenance : Lien

MACKAY (MacKay, McKay), JOSEPH, homme d’affaires et philanthrope, né le 18 septembre 1810 à Kildonan (région de Highland, Écosse), fils de William McKay et d’Ann Matheson, décédé le 6 juin 1881 à Montréal.

Joseph Mackay fit ses études en Écosse. En 1832, il immigra à Montréal où il ouvrit, rue Saint-Paul, un commerce en gros de « marchandises sèches ». Son frère Edward (né le 13 mars 1813 à Kildonan) quitta l’Écosse en 1840 ; il s’établit d’abord à Kingston, Haut-Canada, mais, après six mois, il déménagea à Montréal et devint commis dans l’entreprise de Joseph, lequel en fit son associé en 1850. Cette même année, leur neveu Hugh Mackay (né en 1832 dans le Caithnesshire), récemment arrivé d’Écosse, se joignit à l’entreprise ; en 1856, il devint associé à son tour. Le commerce prospéra et, en 1860, la Mackay Brothers emménagea dans un grand édifice neuf rue McGill.

Les Mackay inspiraient le respect par leur habileté, leur honnêteté et leur assiduité au travail. Edward Mackay se révéla une personnalité marquante dans le monde des affaires : membre des conseils d’administration de la Banque de Montréal, de la London and Lancashire Life and Fire Assurance Company, de la Montreal Rolling Mills et de l’entreprise de transports de John Shedden*, il agit également à titre de président de la Canada Cotton Manufacturing Company et de la Colonial Building and Investment Association. En 1875, Joseph et Edward Mackay se retirèrent, laissant l’entreprise aux mains de leur neveu qui fut aidé par ses frères Robert* et James Mackay. Hugh fut l’un des membres fondateurs de la Canadian Telephone Company en 1880, et fit partie de son conseil d’administration ; il compta aussi au nombre des administrateurs de la Compagnie d’assurance royale canadienne.

La famille Mackay était bien connue dans les cercles libéraux, et Edward fut pressenti plusieurs fois pour être candidat libéral dans la circonscription provinciale de Montréal-Ouest. Il refusa chaque fois, mais travailla activement pour les candidats libéraux durant les élections. Le 4 juin 1888, Honoré Mercier* nomma Hugh Mackay au Conseil législatif. Celui-ci remit sa démission neuf jours plus tard, car la maladie l’empêchait d’occuper immédiatement son siège, et il était essentiel pour Mercier de pouvoir compter sur la présence du plus grand nombre possible de partisans à la chambre haute. Ce dernier ne jouissant pas de la majorité au conseil, chaque vote devenait important, surtout en raison de l’intention du gouvernement de faire adopter une loi tranchant la question controversée des biens des jésuites. La santé de Hugh Mackay ne s’étant pas améliorée, il partit pour la Géorgie en 1890, sur le conseil de son médecin, et il mourut en cours de route à St Louis, Missouri, le 2 avril.

Les Mackay étaient presbytériens. En 1864, Joseph avait assisté à une réunion convoquée afin de discuter du manque de ministres pour desservir les églises des Cantons de l’Est et de la vallée de l’Outaouais. En conséquence, il participa au projet de fondation du Presbyterian College de Montréal (inauguré en 1867). En plus d’un don initial de $2 000, il fit plusieurs autres dons généreux, travailla activement à solliciter des souscriptions pour le collège et, pendant plusieurs années, il fut membre du conseil d’administration. Après sa retraite des affaires en 1875, il commença de s’intéresser aux œuvres missionnaires de son Église et, lorsqu’il voyageait au Canada ou à l’étranger, il se faisait un devoir de visiter les missionnaires. En 1879, il fut ordonné conseiller presbytéral de l’église St Gabriel Street. Peu avant sa mort en 1881, il contribua à l’établissement d’une nouvelle mission en France. Les ministres et missionnaires de passage étaient souvent accueillis à Kildonan Hall, résidence de Joseph et d’Edward Mackay, rue Sherbrooke, à Montréal. Joseph légua $10 000 au Presbyterian College et Edward donna une somme additionnelle de $40 000 à l’époque de la mort de son frère afin de doter la chaire de théologie dogmatique Joseph Mackay. Edward aussi s’intéressait vivement à l’Église ; il fit des legs de $70 000 à des institutions religieuses et charitables. De cette somme, $44 000 servirent à différentes œuvres religieuses. Peu après la mort d’Edward, le 6 mai 1883, ses héritiers donnèrent également $40 000 au Presbyterian College pour doter la chaire Edward Mackay.

Les Mackay étaient encore mieux connus pour l’aide qu’ils apportaient aux enfants handicapés. En 1869, lors de la fondation de l’Institution protestante pour les sourds-muets et les aveugles à Montréal, les Mackay ne furent pas engagés dans les phases premières de la réalisation de ce projet, mais Joseph commença de s’en occuper en 1874 lorsque l’école connut des difficultés financières, et il fut élu membre du conseil d’administration la même année. En 1876, l’établissement avait un besoin pressant de locaux plus grands ; Joseph offrit un terrain sur le boulevard Décarie et fit construire un édifice de quatre étages à ses propres frais. Il assuma la présidence et, en 1878, on donna un nouveau nom à l’école en son honneur : l’Institution Mackay pour les sourds-muets protestants. À la mort de Joseph, la présidence revint à Edward puis, en 1883, à Hugh. Ces derniers apportèrent leur contribution financière, mais ils participèrent moins que Joseph aux activités quotidiennes de l’école ; Joseph avait été un visiteur assidu et bienvenu. L’école existe encore aujourd’hui sous le nom de Mackay Centre for Deaf and Crippled Children.

Les Mackay eurent beaucoup de succès dans les affaires et ils se révélèrent d’importants membres de la communauté presbytérienne écossaise de Montréal. Ils participèrent à la vie de la ville et crurent de leur devoir de consacrer d’importantes sommes d’argent aux œuvres charitables et religieuses. Au cours des années, ils amassèrent une fortune considérable, et on estime que Joseph, Edward et Hugh laissèrent chacun une succession d’environ un million de dollars. Ils ne se marièrent pas, et leur succession passa de Joseph à Edward, puis à Hugh, et finalement à Robert, frère de Hugh.

D. Suzanne Cross

Arch, of the Presbyterian College (Montréal), N. A. Macleod, « A brief history of the Presbyterian College, Montreal, 1867–1917 » (texte dactylographié, 1917) ; Minute books of the board of management, I (1864–1879) ; II (1880–1895).— Scottish Record Office (Édimbourg), Kildonan parish register, 1810.— Mackay Institution for Protestant Deaf-Mutes and the Blind, Annual report (Montréal), 1871–1907.— La Minerve, 4, 16 juin 1888.— Montreal Daily Witness, 2, 21 juin 1881, 1er, 5 mai 1883, 1er, 16 avril 1890.— Borthwick, Hist. and biog. gazetteer, 146.— Dominion annual register, 1880–1881 ; 1883.— Campbell, Hist. of Scotch Presbyterian Church.— L. H. Haworth, « A history of Mackay School for the deaf » (thèse de {{m.a}}., McGill Univ., Montréal, 1960).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

D. Suzanne Cross, « MACKAY, JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mackay_joseph_11F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/mackay_joseph_11F.html
Auteur de l'article:   D. Suzanne Cross
Titre de l'article:   MACKAY, JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   2013
Date de consultation:   20 août 2014