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McCLEARN, MATTHEW (parfois orthographié McLearn ou McLarn, mais il signait McClearn), capitaine, négociant, armateur et député à l’Assemblée législative, né le 8 avril 1802 à Port Mouton (on écrivait souvent Port Matoon à l’époque), Nouvelle-Écosse, dernier des dix enfants de Robert McClearn, fermier, et de Sarah West, décédé à Tobago, dans les Antilles, le 18 janvier 1865.

Il n’existe aucun document sur l’enfance de Matthew McClearn et sur l’éducation qu’il reçut. En 1828, à l’âge de 26 ans, il pilotait des navires qui commerçaient avec les Antilles pour son oncle Joseph Freeman* de Liverpool, Nouvelle-Écosse. Le 9 décembre 1830, il épousa, à Liverpool, Sophia Darrow, sœur d’un éminent capitaine et armateur, John L. Darrow et leur unique enfant, né en 1839, reçut le prénom de l’oncle. En 1831, McClearn acquit de ses parents une propriété donnant sur la mer à Liverpool. La même année, à la mort de son père, il hérita d’une grande partie du patrimoine et prit à sa charge sa mère et une de ses sœurs célibataire.

Pendant 12 ans encore, il navigua sur des bateaux qui commerçaient avec les Antilles. Au cours de cette période, il acquit une réputation de « sang-froid et d’intrépidité face au danger ». Il étendit considérablement sa propriété sur front de mer et amassa une fortune suffisante pour acheter, en 1843, un schooner de 57 tonneaux, le Dolphin. Il assura le premier service régulier de paquebot entre Liverpool et Halifax avec ce navire dont il était le capitaine. En 1848, un schooner de 78 tonneaux, le Liverpool, remplaça le Dolphin. En 1854, McClearn s’associa à John Day qui le remplaça comme capitaine. Il semble qu’il abandonna son entreprise de transport par paquebot lorsque l’association fut dissoute en 1856.

Lorsque ses affaires lui permirent de passer plus de temps à Liverpool, McClearn fit son entrée dans la vie publique et sociale de l’endroit ; il fréquenta la salle de quilles de Liverpool et participa à des comités visant à la reconstruction du palais de justice et à l’organisation du stand de la ville à l’exposition industrielle de Halifax, qui eut lieu en 1854 ; à Halifax, il s’occupa des nombreuses missions que lui confièrent des organismes de Liverpool ; il fut membre actif de la congrégation wesleyenne et adhéra au mouvement de tempérance.

En 1855, McClearn fut élu sans concurrent député conservateur à la chambre d’Assemblée, « démontrant ainsi », au dire des rédacteurs du Liverpool Transcript, « à quel point il était estimé de tous, sans distinction d’appartenance religieuse ou politique, au moment où l’esprit partisan faisait rage et où les luttes politiques étaient particulièrement âpres ». Il fit également sienne l’opinion populaire dans le débat sur la tempérance bien qu’il n’y prit jamais part en chambre. Assidu à l’Assemblée, il s’occupa activement des affaires de sa circonscription mais ne prit jamais part à des discussions portant sur des questions plus générales. Sans doute n’apprécia-t-il pas particulièrement l’atmosphère, pour le moins agitée et orageuse, puisqu’il ne se représenta pas aux élections de 1859.

À l’époque où il possédait une entreprise de transport par paquebot, McClearn expédiait également du poisson et du bois aux Antilles et en importait de la farine, de la bisaille, de la mélasse, du sel et d’autres denrées alimentaires pour son commerce de gros et de détail de Liverpool. En 1857, il était associé à son beau-frère pour créer la compagnie Darrow and McClearn, General Commission Merchants and Ship Agents. Au moment où le commerce avec les Antilles prit de l’essor, dans les années 50 et au début des années 60, il se lança également dans la construction de navires. Avec quelques autres, il construisit l’Oxford, de 154 tonneaux (1856), le Volcan, 163 tonneaux (1859), l’Undine, 260 tonneaux (1863), pour. des financiers des Bermudes, et l’Annie, 267 tonneaux (1864). Le Church Times de Halifax et le Liverpool Transcript firent tous deux mention des « lignes pures, du gabarit superbe et du travail de maître » que l’on retrouvait dans tous les navires construits sous sa surveillance.

En 1864, McClearn décida d’appareiller vers le sud avec l’Annie pour son voyage d’inauguration. Pendant la traversée, il fut atteint de la fièvre jaune et mourut à Tobago en janvier 1865. Le portrait de McClearn se trouve dans la maison qu’il avait fait construire à Liverpool, aux côtés d’une reproduction de l’Annie.

Catherine Pross

Différents documents tirés de collections privées ont été utilisés pour écrire cette biographie : R. J. Long, The annals of Liverpool and Queen’s County, 1760–1867 (1926), document conservé par Seth Bartling, Liverpool, N.-É. (copie dactylographiée conservée à la Dalhousie University Library, Halifax ; mfm aux PANS) ; Liverpool Gauger’s Book, 1821–1840, document conservé par Hector MacLeod, Liverpool, N.-É. ; McClearn family bible, en possession de John D. McClearn, Liverpool, N.-É.

PANS, MG 1, 827, 848 ; MG 4, n° 80, Grand Jury Records, Queens County, N.S., 12 ; RG 14, 56 (Queens County), 1849.— Queens County Registry of Deeds (Liverpool, N.-É.), Matthew McClearn from Robert and Sarah McClearn, 1831 ; Matthew McClearn from Robert McClearn, 1831 ; Matthew McClearn from John L. Darrow, 1841.— N.-É., House of Assembly, Debates and proc., 1856–1869.— Liverpool Transcript (Liverpool, N.-É.), 1854–1865.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Catherine Pross, « McCLEARN, MATTHEW », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcclearn_matthew_9F.html.

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Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/mcclearn_matthew_9F.html
Auteur de l'article:   Catherine Pross
Titre de l'article:   McCLEARN, MATTHEW
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   23 juillet 2014