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McDONELL (Collachie), ALEXANDER, officier dans l’armée et dans la milice, fonctionnaire, homme politique et agent foncier, né le 16 avril 1762 à Fort Augustus, Écosse, deuxième fils d’Allan McDonell of Collachie et de Helen MacNab, et frère d’Angus* ; au début de 1805, il épousa à York (Toronto) Anne Smith, sœur de Samuel Smith*, et ils eurent cinq fils, dont Allan Macdonell*, et deux filles ; décédé le 18 mars 1842 à Toronto.

Dans les années 1770, à l’instar d’autres familles de tacksmen des Highlands d’Écosse, surtout celles qui étaient de foi catholique, les McDonell of Collachie décidèrent d’émigrer en Amérique du Nord pour échapper aux étouffantes exigences économiques de leur chef de clan. En compagnie d’autres familles de MacDonald et de MacDonell, ils débarquèrent à New York en 1773 et s’établirent, sous le parrainage de sir William Johnson*, au cœur de la vallée de la Mohawk. Dès le début de la Révolution américaine, Allan McDonell se porta à la défense de la couronne avec les membres de son clan. Emprisonné par les rebelles en 1776, et détenu jusqu’en 1779, il s’enfuit dans la province de Québec et devint pensionné loyaliste. Son fils Alexander s’enrôla en 1776 comme volontaire dans le 1er bataillon des Royal Highland Emigrants, avec lequel il fit campagne dans les états du Centre et participa à l’occupation de Philadelphie. Après l’évacuation de cette ville, il se rendit à Québec et reçut une commission de lieutenant dans les Butler’s Rangers. Pendant les dernières années de la guerre, il mena plusieurs raids dans la vallée de la Mohawk. Officier à la demi-solde, Alexander rejoignit sa famille à Québec puis l’accompagna à Kingston en 1790. Pendant les hostilités, il s’était lié d’amitié avec John Graves Simcoe*, qui lui donna en 1792 un poste important dans le Haut-Canada, celui de shérif du district de Home ; cinq ans plus tard, il élut domicile à York. En 1793, il organisa et fit, sous la direction de Simcoe, une expédition au lac Simcoe et dans la baie Géorgienne ; sa connaissance du français, de l’anglais, du gaélique et des langues indiennes se révéla alors utile, comme elle allait l’être en d’autres occasions tout au long de sa carrière.

Demeuré dans les bonnes grâces des autorités haut-canadiennes après le départ de Simcoe en 1796, McDonell fut élu, en 1800, député de la circonscription de Glengarry and Prescott. Il allait siéger à l’Assemblée par intermittence durant plus de 20 ans. Sans aucun doute, les électeurs highlanders de Glengarry le choisissaient comme représentant à cause de ses liens familiaux et parce qu’il résidait à York. À la session de 1804, il appuya sans succès une motion qui visait à remplacer le nom d’York par celui de Toronto et ne réussit pas non plus à convaincre la majorité de soutenir un projet de loi qui exigeait l’ouverture d’une école dans tous les districts de la province. Un fragment de son journal de 1799 indique que, à l’instar des quelques autres membres de l’élite et célibataires qui habitaient la petite capitale provinciale, il dînait au mess, buvait du thé et du vin en abondance et passait ses soirées à jouer au whist. Au début de 1800, il servit de témoin à John Small* à l’occasion du célèbre duel où le procureur général John White* fut blessé à mort. Quelques années plus tôt, il avait lui-même été provoqué en duel par William Jarvis*.

En 1804, McDonell devint l’agent du comte de Selkirk [Douglas*] dans le Haut-Canada. Selkirk avait fait sa connaissance à la fin de l’année précédente, au cours de sa tournée éclair de l’Amérique du Nord, et McDonell l’avait impressionné. Le comte préféra toujours prendre des Highlanders catholiques comme subalternes, et McDonell, en raison de ses relations politiques et sociales, semblait tout désigné pour superviser le domaine personnel de Selkirk et l’établissement que ce dernier envisageait de fonder près du lac Saint-Clair. Le lieutenant-gouverneur Peter Hunter* tenta bien de le prévenir des faiblesses de McDonell, mais en vain. Hélas ! Baldoon (tel était le nom de l’établissement) ne fut pas une réussite, non plus que la gérance que McDonell y exerça. Selkirk et son agent n’avaient pas prévu combien il serait difficile et coûteux de fonder une colonie de peuplement dans un coin perdu, loin des voies de communication et de commerce. Le comte voulait préserver de l’assimilation ses colons highlanders, et il avait passablement raison de croire que l’emplacement serait idéal pour l’élevage du mouton, surtout à cause des marais avoisinants. Toutefois, ces marais abritaient des moustiques porteurs de malaria, et l’endroit risquait d’être ravagé par les Américains en cas de guerre.

Ce qu’il fallait à Selkirk, même avant la mort de son administrateur résidant, William Burn*, en septembre 1804, c’était un superviseur digne de confiance qui demeurerait sur les lieux. McDonell avait bien accepté, en juin 1804, de s’installer tout près, à Sandwich (Windsor), et de se vouer aux affaires de Selkirk. Tenu par lui d’abandonner toutes ses autres charges, il avait convenu, notait Selkirk, « qu’en acceptant de devenir [son] agent, il prenait un poste permanent et renonçait tout à fait à demander une promotion au gouvernement, soit de lui-même ou par l’intermédiaire de ses amis ». Mais McDonell oublia vite ses promesses. À cause de ses obligations politiques (il fut président de l’Assemblée de 1805 à 1807) et de son ambition d’obtenir des places, tout comme de son mariage en 1805, il s’enracina à York et passa de moins en moins de temps à Baldoon, où les problèmes abondaient.

Plutôt qu’un superviseur résidant, McDonell devint vite un trésorier absentéiste qui n’arrivait ni à comprimer les dépenses ni à maîtriser les rétifs Highlanders arrivés à Baldoon en 1804. Des lacunes comptables et la conversion des monnaies empêchent d’évaluer avec précision combien Baldoon coûta à Selkirk, mais il est sûr que la somme dépassa les £10 000 (cours d’Angleterre) – tout cela pour n’aboutir pratiquement qu’à des milliers d’acres en friche. En toute justice, il faut noter que McDonell exposa souvent à Selkirk les difficultés de l’emplacement et de l’entreprise. Par contre, il ne l’écouta pas lorsque celui-ci lui enjoignit, après la première épidémie de malaria, d’installer ses colons dans un lieu plus sain. Les administrateurs résidants qui se succédèrent à Baldoon ne parvinrent pas à résoudre les nombreux problèmes créés par le lieu, mais de 1807 à 1809 le docteur John Sims se débrouilla peut-être mieux que McDonell ne le reconnaissait.

Dès 1807, McDonell laissa entendre à Selkirk qu’il souhaitait être relevé de son poste d’agent si une fonction plus intéressante, par exemple celle de receveur général de la province, devenait vacante. Selkirk répondit : « Il me semble depuis quelque temps déjà que vos occupations sont devenues si nombreuses qu’il vous est impossible de consacrer une attention personnelle à mes affaires, étant donné que résider en permanence à Baldoon vous obligerait à sacrifier des objectifs plus importants pour vous. » Mais aucun poste plus intéressant ne se présenta, et McDonell se mit à trouver plus d’attraits à celui qu’il occupait, au moment même où Selkirk, atterré par le montant des factures et par la faiblesse du système comptable, s’apprêtait à le remplacer. Au fil des ans, McDonell avait à maintes reprises négligé les instructions et les ordres de Selkirk, comme il n’avait pas écouté Sims, qui le pressait de trouver un endroit où le millier de moutons de la ferme personnelle de Selkirk seraient à l’abri en cas de guerre contre les Américains. Dès les premiers jours du conflit, prévoyait Sims, « quelque détachement ennemi tenter[ait] de mettre la main sur les moutons de Baldoon » – ce qui allait effectivement survenir en 1812 et détruire l’entreprise d’élevage. Selkirk remplaça McDonell en 1809 par Thomas Clark*, de Sandwich, mais il était trop tard. Après examen des comptes, Clark rapporta qu’il n’y avait pas eu fraude mais négligence dans la conduite des affaires.

Contrairement à son homologue James Williams*, de l’Île-du-Prince-Édouard, McDonell se rendit en Angleterre lorsque Selkirk l’y convoqua pour avoir un état détaillé de son administration et de ses comptes. Parti du Haut-Canada le 29 juin 1811, il revint en 1812, juste à temps pour qu’on le nomme trésorier-payeur général adjoint de la milice, avec le grade de colonel. Fait prisonnier par les Américains à Niagara (Niagara-on-the-Lake) en mai 1813, il fut incarcéré à Lancaster, en Pennsylvanie, dans la prison même où l’on avait détenu son père une trentaine d’années plus tôt. Même si, apparemment, il avait été libéré sur parole et se trouvait à York au début de 1814, il ne fut échangé officiellement et ne put reprendre ses fonctions militaires que le 25 mai 1814. La perte de revenu qu’il avait subie l’éprouva durement.

Une fois les hostilités terminées, McDonell accepta en juillet 1815 la surintendance de l’établissement de Perth, que le gouvernement britannique fonda, trop tard, pour encourager l’immigration écossaise et peupler le Haut-Canada d’hommes aptes au service militaire. Il était extrêmement populaire auprès des immigrants, peut-être parce que le crédit gouvernemental lui permettait des largesses et parce qu’il résida à Perth même, quoique pendant peu de temps. Après avoir passé l’été de 1816 à installer les colons, il devint secrétaire adjoint du département des Affaires indiennes et s’établit temporairement à Niagara, où les dépenses et désavantages que lui imposait l’éloignement d’York furent pour lui un constant sujet de récriminations. En 1818, il construisait à York une vaste résidence qui allait être pendant de nombreuses années un haut lieu mondain. Pour financer ces travaux et subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il pouvait compter sur sa pension militaire, le revenu de ses diverses fonctions et le produit des 10 000 acres de terre de première qualité dont il avait fait l’acquisition dans la province, mais il était toujours à court d’argent et inquiet de sa situation financière. C’est donc avec soulagement qu’il apprit en 1828 sa nomination au poste lucratif d’inspecteur des licences du district de Home ; il devait conserver ce poste jusqu’en 1841. Membre depuis longtemps du family compact et de son aile catholique, il fut nommé en 1831 au Conseil législatif, qu’il servit fidèlement jusqu’à son abolition en 1841. En 1835, il entra au conseil d’administration de la Bank of Upper Canada.

À compter de son premier séjour à York, McDonell fut l’un des catholiques les plus en vue de l’endroit ; d’ailleurs, pendant la majeure partie de son existence, il servit comme responsable laïque auprès de ses coreligionnaires. Ami intime de son homonyme l’évêque Alexander McDonell, il participa à l’érection de l’église de St Paul d’York en 1821 ; à compter de 1806, il avait été l’un des administrateurs laïques du terrain sur lequel devait s’élever cette église. Trésorier de la paroisse St Paul en 1830, il appuya Mgr McDonell lorsque celui-ci suspendit l’abbé William John O’Grady pour avoir résisté à l’autorité ecclésiastique. Dans les années 1830, il prit plusieurs fois la direction des catholiques yorkais pour soutenir le gouvernement contre les réformistes, et il fut l’un de ceux qui permirent à ses coreligionnaires d’obtenir une position spéciale et des privilèges dans une province en apparence protestante.

La carrière d’Alexander McDonell coïncide avec la transition qui mena le Haut-Canada de la période des loyalistes à celle du family compact et, bien qu’elle offre des arguments à ceux qui voient un lien entre ces deux groupes, elle rappelle que ni l’un ni l’autre n’était le monopole des partisans de l’Église d’Angleterre. Comme nombre des membres de son clan établis en Amérique du Nord, McDonell était aussi à l’aise dans les salons qu’en forêt, et il vécut toujours conformément à l’injonction que sa mère lui avait faite jadis de « ne jamais oublier que tout le sang qui coulait dans ses veines était celui d’un gentleman des Highlands ». McDonell était un homme d’honneur et, si son jugement a pu être mis en doute, jamais son intégrité ne l’a été.

J. M. Bumsted

Deux courts journaux tenus par Alexander McDonell (Collachie) ont été publiés, l’un sous le titre de « Diary of Gov. Simcoe’s journey from Humber Bay to Matchetache Bay, 1793 », Canadian Institute, Trans. (Toronto), sér. 4, 1 (1889–1890) : 128–139, et l’autre, un fragment d’un journal daté de 1799, sous le titre de « A journal by Sheriff Alexander Macdonell […] », dans J. E. Middleton et Fred Landon, The province of Ontario : a history, 1615–1927 (5 vol., Toronto, [1927–1928]), 2 : 1246–1250.

APC, MG 19, E1, sér. 1 : 14540–14555, 14601–14604, 14843–14845 ; MG 24, I8, 1–36.— Arch. of the Roman Catholic Archdiocese of Toronto, M (Macdonell papers), AB35, particulièrement 35.08.— Corr. of Lieut. Governor Simcoe (Cruikshank), 4 : 10–11.— [Thomas Douglas, 5e comte de] Selkirk, Lord Selkirk’s diary, 1803–1804 ; a journal of his travels in British North America and the northeastern United States, P. C. T. White, édit. (Toronto, 1958 ; réimpr., New York, 1969), 147, 326, 341.— Examiner (Toronto), 23 mars 1842.— Chadwick, Ontarian families, 1 : 10–14.— [A. J. Dooner] Brother Alfred, Catholic pioneers in Upper Canada (Toronto, 1947), 4, 7–9, 21–23, 25–31.— I. C. C. Graham, Colonists from Scotland : emigration to North America, 1707–1783 (Ithaca, N.Y., 1956 ; réimpr., Port Washington, N.Y., et Londres, 1972), 81 et suivantes.— Norman Macdonald, Canada, 1763–1841, immigration and settlement ; the administration of the imperial land regulations (Londres et Toronto, 1939), 240–245.— J. A. Macdonell, Sketches illustrating the early settlement and history of Glengarry in Canada, relating principally to the Revolutionary War of 1775–83, the War of 1812–14 and the rebellion of 1837–8 […] (Montréal, 1893).— A. E. D. MacKenzie, Baldoon : Lord Selkirk’s settlement in Upper Canada, George Kerr, édit. (London, Ontario, 1978).— Hazel [Chisholm] Mathews, The mark of honour (Toronto, 1965), 37–40.— W. L. Scott, « The Macdonells of Leek, Collachie and Aberchalder », SCHEC Report, 2 (1934–1935) : 22–32.

Bibliographie générale

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J. M. Bumsted, « McDONELL (Collachie), ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 11 déc. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcdonnell_alexander_7F.html.

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Auteur de l'article:   J. M. Bumsted
Titre de l'article:   McDONELL (Collachie), ALEXANDER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   2016
Date de consultation:   11 décembre 2017