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MACDONELL (Collachie), ANGUS, fonctionnaire, avocat et homme politique, né dans l’Invernessshire, Écosse, fils d’Allan McDonell of Collachie et de Helen MacNab ; décédé célibataire le 7 octobre 1804 au cours du naufrage du Speedy, dans le lac Ontario.

En 1773, la famille Collachie était au nombre des quelque 600 Highlanders qui émigrèrent des terres du clan MacDonell of Glengarry pour s’installer dans le domaine de sir William Johnson*, situé dans la vallée de la Mohawk, New York. Après qu’eut éclaté la Révolution américaine, les Highlanders restèrent loyaux à la couronne, et, en janvier 1776, le major général Philip John Schuyler prit en otage Allan McDonell et cinq autres hommes parmi les principaux Highlanders pour s’assurer la neutralité de sir John Johnson* et de ses fermiers à bail des Highlands. Craignant d’être arrêté par les rebelles, Johnson partit pour Montréal au début de l’été, avec environ 130 Highlanders et 120 autres personnes. Le vieux Collachie s’échappa en mai 1779 ; en août, il avait atteint la province de Québec, où il résida par la suite, d’abord à Yamachiche, puis à Québec, jusqu’à sa mort en 1792.

Au contraire de son frère Alexander*, Angus Macdonell ne semble avoir servi dans aucune unité loyaliste pendant la Révolution américaine. Il ne vivait pas non plus avec son père dans la province de Québec, à la fin de la guerre, bien qu’à cette époque il passât quelques années à Montréal et à Québec, où il fréquenta un séminaire et acquit une solide connaissance de la langue française. En juin 1785, il était à Québec, où il avait été emprisonné pour dettes. Une fois libéré, Macdonell commença d’expérimenter une nouvelle méthode pour la fabrication de la potasse et de la perlasse, et, en novembre 1788, il sollicita un brevet. En avril 1791, la province de Québec vota une loi qui lui accordait un brevet et des privilèges exclusifs, de même qu’à ses frères James et Alexander, à Christopher Carter et à Samuel Hopkins, inventeur rival qui avait également mis au point une méthode nouvelle. La même année, Macdonell et Hopkins s’associèrent et tentèrent, semble-t-il, de lancer leur produit sur le marché.

Le loyalisme éprouvé de la famille Collachie et l’habileté du jeune Macdonell comme chimiste attirèrent apparemment l’attention de Simcoe, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. Informé par l’arpenteur général adjoint du Bas-Canada, John Collins*, de l’existence de sources d’eau salée dans le Haut-Canada, Simcoe commit Macdonell et William Chewett* en 1792 pour explorer la région avoisinant la baie de Quinte et la presqu’île du Niagara, en vue d’y découvrir des sources, d’analyser leurs eaux et d’en déterminer la qualité. Macdonell annonça la découverte d’un emplacement important sur le ruisseau Fifteen Mile, dans la région du Niagara, et Simcoe le mit immédiatement au travail afin de réaliser un projet de production de sel destiné à la consommation générale. Il y eut des retards dans la fourniture du matériel et dans l’approvisionnement des employés, mais Macdonell, devenu surintendant des travaux, se lança à fond et dépensa beaucoup d’argent. Après trois ans d’exploitation, l’entreprise avait produit seulement 450 barils de sel. Ayant déclaré être « déterminé à tenir ou à succomber » à la tâche, Macdonell fut relevé de ses fonctions en 1796 et remplacé par le ministre anglican de l’endroit, Robert Addison*. Les autres responsabilités gouvernementales de Macdonell, à ce qu’il semble, l’avaient empêché de diriger efficacement le projet.

À titre de premier greffier de la chambre d’Assemblée du Haut-Canada – il avait été nommé le 12 décembre 1792 – Macdonell faisait prêter serment aux députés, tenait le procès-verbal des affaires de la chambre et s’occupait de l’impression des débats et des lois. En dépit des fréquents retards de Macdonell dans l’accomplissement de ses tâches, retards qui exaspéraient le secrétaire de Simcoe, Edward Baker Littlehales, le lieutenant-gouverneur le nomma, le 29 octobre 1794, secrétaire des commissaires du Haut-Canada – Richard Cartwright, John McDonell (Aberchalder) et John Munro* – qui avaient été chargés de négocier, avec leurs homologues du Bas-Canada, une entente pour le partage des revenus provenant des douanes.

À la fin de 1798, on vit arriver à York (Toronto) des immigrés royalistes français, sous la conduite de Joseph-Geneviève Puisaye*, comte de Puisaye ; ils étaient en route pour Windham, à quelques milles au nord d’York, où ils voulaient fonder un établissement militaire. En 1799, l’administrateur Peter Russell fit de Macdonell son secrétaire de langue française et le chargea de servir comme représentant de cet établissement. Il semble que Macdonell ait outrepassé son autorité, et Puisaye porta contre lui des accusations. Le Conseil exécutif examina la question en septembre 1800 et jugea que Macdonell avait effectué des transactions non autorisées relatives aux terres indiennes. Le conseil en conclut que Macdonell « ne mérit[ait] aucune faveur du [Conseil] exécutif » et qu’il était « inapte à détenir quelque poste que ce fût qui en dépendît » ; Macdonell fut remercié de ses services comme greffier, le 30 mai 1801. Il adressa une requête à l’Assemblée, qui adopta une résolution affirmant qu’il n’avait pas été démis pour quelque irrégularité dans l’exercice de ses fonctions de greffier ; l’Assemblée lui accorda alors £300, soit son salaire de deux ans, resté impayé.

Se voyant exclu de tout poste gouvernemental, Macdonell se lança presque immédiatement dans la carrière politique. Aux élections de 1800, il travailla comme scrutateur pour Samuel Heron dans la circonscription de Durham, Simcoe, and East Riding of York. Un article de journal notait que ses « questions étaient générales, mais posées avec le ton conciliant qui caractéris[ait] cet homme ». Par la suite, il parut à la chambre d’Assemblée à titre d’avocat d’un groupe d’York qui s’était plaint, dans une pétition, de ce que William Weekes, scrutateur du juge Henry Allcock, avait eu recours à des mesures blâmables pour assurer l’élection d’Allcock. Ce dernier fut en conséquence invalidé par l’Assemblée. Lors d’une élection partielle déclenchée en juin 1801, Macdonell défit John Small*, greffier du Conseil exécutif, par 112 voix contre 32. Aux élections de juin 1804, Macdonell mena une campagne victorieuse contre Weekes et l’ancien arpenteur général David William Smith*. Dans son adresse aux électeurs, il se montra particulièrement désireux de discréditer la rumeur selon laquelle son Assessment Act de 1803 avait augmenté le taux général de l’impôt dans le district de Home. Il affirma avoir toujours été en faveur de faire passer le fardeau des charges publiques « des épaules des fermiers et ouvriers industrieux sur celles des classes plus riches de la communauté ».

Pendant les quelques années qu’il passa à l’Assemblée, Macdonell fut l’un des députés les plus énergiques, les plus productifs, les plus capables et les plus indépendants. Il proposa des lois – pas toujours avec succès – pour encourager la culture et l’exportation du chanvre, pour mieux assurer les titres fonciers, pour créer une cour de la chancellerie et pour modifier le tarif des attorneys. Il fut l’initiateur de l’Assessment Act de 1803, qui visait à uniformiser davantage le taux de l’impôt, et se fit le champion des droits et prérogatives de l’Assemblée. En 1803, il acquit une certaine notoriété grâce à ses efforts pour faire condamner David Burns, greffier de la couronne en chancellerie, pour mépris de l’autorité du Parlement, lorsque celui-ci avait essayé de se soustraire à un interrogatoire relatif à la liste officielle des honoraires, l’une des cibles favorites de Macdonell. Ceux avec qui Macdonell s’associait le plus fréquemment, à l’Assemblée, étaient David McGregor Rogers*, Ralfe Clench* et Robert Nelles*.

En dépit des liens qui l’unissaient à sa famille, rarement Macdonell travailla avec son frère Alexander ou appuya ses tentatives en chambre. Toutefois, en une circonstance, le 16 février 1804, les deux frères firent front commun dans une lutte infructueuse en vue de doter certaines parties de la province d’écoles publiques. Leur initiative était une réponse directe à la pétition des magistrats et des presbytériens les plus en vue du comté de Glengarry, dont John McDonell (Aberchalder) et John Bethune, qui demandaient instamment la mise sur pied d’écoles publiques dans les principaux centres. Les signataires de la pétition s’inquiétaient de ce que les Highlanders, « habitués à voir les beautés du christianisme leur être inculquées dans leur langue maternelle, [...] supposaient que l’instruction en anglais n’était pas nécessaire ». Les « quelques écoles que l’on trouv[ait] parmi eux, [... étaient] instables et de peu de valeur », affirmaient les pétitionnaires. Ceux-ci prévoyaient que la création d’écoles publiques serait une mesure d’une « grande utilité, tant au point de vue politique qu’au point de vue moral, à l’égard de la génération montante [...] pour corriger rapidement les effets d’une mauvaise tendance ».

L’une des facettes les plus importantes de la carrière de Macdonell, l’exercice de sa profession d’avocat, est la moins bien connue. Avocat en vue d’York, il fut reçu comme attorney le 7 juillet 1794 et comme barrister à la session de la Trinité de 1797. Il fut l’un des membres fondateurs de la Law Society of Upper Canada et succéda à Robert Isaac Dey Gray comme trésorier, à la session de Pâques de 1801. En octobre 1804, il s’en allait défendre un Indien accusé de meurtre, lorsqu’il périt avec Gray dans le naufrage du schooner Speedy, au cours d’une tempête au large de Brighton.

À sa mort, Anus Macdonell était franc-maçon et guère attaché à l’Eglise catholique, qui avait été celle de ses pères. Poète médiocre, il avait pour le droit et la politique un talent marqué, que contrarièrent toutefois ses atermoiements, son irascibilité et son indolence occasionnelle.

Allan J. Macdonald

AO, MS 517 ; MU 1776–1778 ; RG 22, ser. 155, testament d’Angus Macdonell.— APC, MG 24,18 ; RG 1, E3 ; RG 5, A1 : 330–332, 707–709, 1202–1204.— BL, Add. mss 8075, 104 : 1–120 (transcriptions aux APC).— « Accounts of receiver-general of U.C. », AO Report, 1914 : 754.— Corr. of Lieut. Governor Simcoe (Cruikshank).— « Journals of Législative Assembly of U.C. », AO Report, 1909.— Alexander Macdonell, « A journal by Sheriff Alexander Macdonell », J. E. Middleton et Fred Landon, The province of Ontario : a history, 1615–1927 (5 vol., Toronto, [1927–1928]), 2 : 1246–1250.— « Ordinances made for the province of Québec by the governor and Council of the said province, from 1768 until 1791 [...] », APC Report, 1914–1915 : 254s.— « State papers », APC Report, 1890 : 281.— « State papers – Upper Canada », APC Report, 1891 : 100, 128, 137, 158, 162.— Town of York, 1793–1815 (Firth), 163s., 170–177, 226–229, 234, 239, 250.— Joseph Willcocks, « The diary of Joseph Willcocks from Dec. 1, 1799, to Feb.1, 1803 », J. E. Middleton et Fred Landon, The province of Ontario : a history, 1615–1927, 2 : 1250–1322.— Québec Gazette, mai-juill. 1791.— York Gazette, 2 mai 1804, 4, 11 juill. 1807.— Dooner, Catholic pioneers in U.C., 1–34.— Riddell, Legal profession in U.C.— J. R. Robertson, The history of freemasonry in Canada from its introduction in 1749 [...] (2 vol., Toronto, 1899).— Henry Scadding, Toronto of old, F. H. Armstrong, édit. (Toronto, 1966).— Ernest Green, « The search for salt in Upper Canada », OH, 26 (1930) : 406–431.— H. H. Guest, « Upper Canada’s first political party », OH, 54 (1962) : 275–296.— W. R. Riddell, « The législature of Upper Canada and contempt : drastic measures of early provincial parliaments with critics », OH, 22 (1925) : 187–191.— W. L. Scott, « The Macdonells of Leek, Collachie and Aberchalder », SCHÉC Report, 2 (1934–1935) : 22–32 ; « A U.E. Loyalist family », OH, 32 (1937) : 140–170.

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Allan J. Macdonald, « MACDONELL, ANGUS », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/macdonell_angus_5F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
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