Ingénieur et entrepreneur minier, James Paul Norrie (1891–1945) contribue à l’industrie minière du Nord-Ouest québécois en démontrant que, à côté des grandes mines d’or les plus riches de la région, il existe des gisements avec un potentiel important de productivité et de rentabilité pour des investisseurs. La région de Malartic lui doit beaucoup à ce titre : à partir de 2011, la Corporation minière Osisko a repris, dans une vaste mine à ciel ouvert, plusieurs des mines auxquelles il a collaboré à la mise en exploitation.
Titre original :  James Paul Norrie. Musée minéralogique de l'Abitibi-Témiscamingue. Histoires de chez nous (Musées numériques du Canada).

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NORRIE, JAMES PAUL (aussi connu sous les prénoms de Paul en Nouvelle-Écosse et de Jim au Québec), ingénieur et entrepreneur minier, né le 25 avril 1891 à Onslow, Nouvelle-Écosse, fils de Henry James Norrie et d’Annie McDougall ; le 22 décembre 1913, il épousa à Halifax Hannah Grace Hartling, puis le 27 décembre 1933, à Upper Sackville (Sackville, Nouveau-Brunswick), Margaret Rosamond Fawcett ; décédé le 9 octobre 1945 à Noranda (Rouyn-Noranda, Québec).

Études, premiers emplois et famille

James Paul Norrie grandit dans une ferme de North River, en Nouvelle-Écosse. Fils aîné d’un père agriculteur par nécessité et avocat improvisé, il fait ses études secondaires à la Colchester County Academy de Truro. Grâce à l’appui financier de Davidson Hill, fermier libéral de la région, il reçoit une formation de deux ans en ingénierie au Mount Allison College de Sackville, au Nouveau-Brunswick, de 1909 à 1911. Il la poursuit, de 1911 à 1913, au Nova Scotia Technical College de Halifax [V. Alexander Howard MacKay*], qui lui décerne un baccalauréat en ingénierie.

Après un emploi de sous-inspecteur des mines en Nouvelle-Écosse en 1913–1914, Norrie occupe des postes dans la gestion des opérations minières ou métallurgiques. Il travaille comme directeur dans les mines d’or de la Moosehead Reduction Company de Moosehead en 1914–1915, et de la Great Falls Mine de Potomac, au Maryland, en 1915–1916. Contremaître à la concentration et à la fusion à la Rome Brass and Copper Company de l’État de New York en 1916–1917, il exerce subséquemment la fonction de surintendant et de métallurgiste à la Monarch Metal Company, Limited de Hamilton, en Ontario, en 1917–1919, et à l’Electro Tin Products, Limited à Brantford, en 1919–1921. Il s’oriente ensuite vers les mines d’or du Nord-Est ontarien, alors en pleine expansion, comme surintendant de la Porcupine Davidson Gold Mines, Limited à South Porcupine (Timmins), en 1921–1923, et comme surintendant aux opérations souterraines de la Sylvanite Gold Mines, Limited de Township of Teck (Kirkland Lake), en 1923–1924. De 1924 à 1926, il retourne aux États-Unis en tant que chercheur en métallurgie de l’étain à l’American Smelting and Refining Company de Perth Amboy, au New Jersey, puis à la Williams Harvey Corporation de Brooklyn (New York). Après 13 années de pérégrinations pour dix employeurs au Canada et aux États-Unis, il se fixera au Québec pour la suite de sa carrière.

Entre-temps, Norrie s’est marié en 1913 avec Hannah Grace Hartling de Port Dufferin, en Nouvelle-Écosse, et ils ont quatre enfants : Pauline, James Henry, Virginia et Harry. Son épouse et ses enfants restent à Port Dufferin, dans la famille de celle-ci. La mort tragique et prématurée de sa femme le 13 octobre 1923, à Halifax, oblige Norrie à confier ses enfants à ses parents sur la ferme familiale de North River. Ses enfants ne le visitent sur le terrain en Abitibi, au Québec, qu’à partir de 1927. Norrie s’établit à Amos et se remarie en 1933 avec Margaret Rosamond Fawcett ; de cette union naissent aussi quatre enfants : Margaret, Judith, George et Roderick.

Établissement au Québec et grande dépression

À l’été de 1927, la Stadacona Rouyn Mines Limited, située près de Rouyn (Rouyn-Noranda), engage Norrie comme directeur. En août, Norrie dirige les travaux d’exploration, le fonçage du puits et les forages au diamant à la Malartic Gold Mines, Limited, qui redémarre après deux années d’interruption. Celle-ci est acquise en 1928 par la Ventures Limited, qui regroupe les investissements de Thayer Lindsley, l’un des géologues et entrepreneurs miniers les plus importants de l’époque en Amérique du Nord. Au cours de sa carrière, Norrie côtoie Lindsley dans de multiples projets miniers. Ils se manifestent un respect mutuel, même s’ils sont en concurrence par moments. Norrie peut toujours compter sur Lindsley pour injecter de l’argent dans ses entreprises, avec un effet de levier parfois décisif.

En 1929, la Malartic Gold Mines, Limited ferme après une évaluation des concentrations de son minerai à un niveau trop faible compte tenu du prix fixe de l’or à 20 $ l’once. Norrie se retrouve ruiné juste avant la grande dépression, qui bouleverse l’économie nord-américaine et internationale. Quelques années auparavant, il a commencé à jalonner de nombreux claims avec le prospecteur Lee K. Coffin dans les environs de la future ville de Malartic, et il a établi des contacts avec plusieurs autres chercheurs et entrepreneurs miniers de la région, mais le financement de la mise en valeur de ses claims se trouve bloqué par le déclin des marchés financiers.

Découverte d’un gisement d’uranium

Lindsley et un groupe de partenaires dans la Dominion Explorers Limited fournissent alors à Norrie l’occasion de participer, à titre d’ingénieur en chef et de directeur, à une expédition exploratoire au Grand lac de l’Ours, dans les Territoires du Nord-Ouest, au printemps et à l’été de 1930. Norrie contribue, avec le prospecteur Gilbert Adelard LaBine*, le géologue John Clifford Rogers et Lindsley, à la découverte et à l’identification d’échantillons d’un minerai d’uranium (uraninite ou pechblende), qui seront à l’origine d’un gisement considérable exploité d’abord pour le radium, puis pour l’uranium, par l’Eldorado Gold Mines Limited (connue sous le nom d’Eldorado Mining and Refining, Limited à partir de 1942). Comme le racontera une des filles de Norrie, Margaret, dans From cloddy earth to glittering gold, lorsque son père apprend à la radio, en août 1945, la destruction d’Hiroshima, au Japon, par la bombe atomique, il s’exclame, horrifié : « J’ai découvert l’ingrédient principal utilisé dans la fabrication de cette bombe. »

Recherche et développement de gisements d’or

De retour en Abitibi à l’automne de 1930, Norrie, souvent en association avec des prospecteurs de la région, se lance dans la recherche et le développement de gisements d’or, activité qui devient une passion dévorante. Il tente d’assurer le financement par des maisons de courtage capables de créer un marché des valeurs minières aux Bourses de Toronto ou de Montréal, pour une partie des 3 ou 4 millions d’actions de chaque petite compagnie formée par les promoteurs. Norrie ainsi qu’un prospecteur, surtout Coffin au départ, détiennent des claims et obtiennent des actions en échange de ceux-ci, les courtiers en reçoivent un bloc pour leurs services et le reste demeure en trésorerie pour être écoulé sur le marché selon les besoins liés à l’exploitation du gisement. Le secret de la réussite consiste à trouver un filon prometteur et à convaincre des courtiers sérieux de son potentiel pour qu’ils s’engagent à le proposer à leurs clients investisseurs et à l’inscrire sur la liste des valeurs minières à un prix se situant entre 0,10 $ et 1 $ l’action.

Prospections et investissements dans deux secteurs

Norrie dispose de quelques blocs de claims dans deux secteurs. Le premier comprend des claims jalonnés au début des années 1930 aux environs de la mine Perron, dans les cantons de Pascalis et de Senneville au sud de Senneterre, et au nord des mines Siscoe [V. Stanley Edward Siscoe*] (lac De Montigny) et Lamaque dans le canton de Bourlamaque. Norrie en possède également dans une seconde zone, située entre Rouyn et ce qui deviendra la ville de Val-d’Or, près de la future ville de Malartic, dans le canton de Fournière. Il joue, dans les faits, un rôle d’intermédiaire entre les prospecteurs et les dirigeants des entreprises. Il est responsable d’évaluer le gisement, et de faire réaliser les forages et foncer un puits afin de poursuivre le développement souterrain.

Dans le premier secteur, Norrie s’engage comme directeur général dans les claims de Georges Bussières et de Charles-Édouard Massicotte pour la Treadwell Yukon Company, Limited et sa filiale, la Bussières Mining Company Limited. Son rôle consiste à foncer le puits et à construire le chevalet et un moulin, terminé en septembre 1932 et entré en production progressivement pendant l’année qui suit. L’entreprise couvre ses frais, mais les profits ne sont pas suffisants pour financer d’autres gisements et intéresser des courtiers ; ils ne permettent pas non plus de subvenir aux besoins de Norrie et de sa famille. Il faut attendre 1933, année où le prix de l’or atteint 35 $ l’once, pour que le contexte financier de l’industrie aurifère change radicalement et que de nombreux gisements puissent conduire à une forte rentabilité.

La même année, Norrie vend ses actions dans le gisement de l’île Tiblemont à un groupe américain pour une somme considérable. Il peut réinvestir ses ressources financières personnelles dans de nouveaux gisements. De plus, en 1934, il reçoit une offre d’Alex Perron, de Township of Teck, pour assumer la direction de la mine Perron, poste qui le met en contact avec la très importante maison de courtage montréalaise Nesbitt, Thomson and Company, Limited (NT), représentée surtout par Melvin A. Thomson. Ce dernier, qui finance la Perron Gold Mines, Limited, a exigé l’embauche de Norrie. Il devient ainsi un partenaire pour le volet financier de la plupart des projets miniers ultérieurs de Norrie, en compagnie d’un administrateur de la Banque de Toronto, Andrew Johnson Davis, de Newmarket, en Ontario. En plus de la mine Perron, Norrie gère la mine Bussières jusqu’à ce qu’on lui trouve un remplaçant en 1934.

Du côté de la future ville de Malartic, l’expérience acquise par Norrie dans la Malartic Gold Mines, Limited, qui a redémarré sous le nom de Canadian Malartic Gold Mines, Limited en 1932, l’incite à accumuler des claims dans les environs. À l’été de 1932, Coffin et Norrie ont jalonné des claims dans le canton de Fournière, à l’est de la mine Canadian Malartic. En septembre 1934, ils constituent en société la East Malartic Mines, Limited et cherchent des investisseurs. Lindsley, déjà engagé dans la Canadian Malartic voisine, contribue et, après un certain temps, la NT prend en charge le financement en août 1935. Norrie assure la vice-présidence et la direction générale. À partir de 1939, cependant, des problèmes techniques d’extraction en raison de formations friables dans les galeries rendent les opérations de la mine East Malartic plus difficiles. Des actionnaires de la Howey Gold Mines, Limited, presque majoritaires de la East Malartic Mines, Limited, formulent des critiques embarrassantes à l’égard de membres de la famille de Norrie employés dans l’entreprise, dont son frère Joseph Ronald et son gendre, le géologue Robert Alfred Halet. Le conflit aboutit au départ de son frère en 1942 et du sien au début de l’année suivante, ainsi qu’à la vente de ses actions et de celles de Coffin. Un autre bloc de claims à l’est de la mine East Malartic, Limited a retenu l’attention de Norrie et a servi de base à la création de la Malartic Gold Fields en 1935. Des travaux exploratoires par forage mènent à la construction d’un moulin, en activité à partir de 1940.

Inspiration Mining and Development Company, Limited

Même s’il participe à la gestion des opérations minières et administratives de plusieurs projets, Norrie tire sa plus grande satisfaction de la recherche, de la découverte et des débuts de la mise en valeur des gisements. Il n’est donc pas surprenant que l’idée lui vienne d’avoir sa propre entreprise d’exploration, qui pourrait acquérir, détenir et développer des propriétés minières jusqu’à leur exploitation réussie. Le modèle de Ventures Limited de Lindsley inspire certainement Norrie : une mine génératrice de profits importants peut être vendue ou exploitée et contribuer, par ses entrées de fonds, à financer les activités de prospection. Norrie organise donc, en 1934, l’Inspiration Mining and Development Company, Limited (IMD) pour des projets miniers dans le nord des provinces de Québec et de l’Ontario. Appuyée par son groupe habituel d’investisseurs, tant la NT, que Davis et Lindsley, l’IMD permet à Norrie de consolider les propriétés non développées qu’il détient avec Coffin et celles acquises dans la région de Chibougamau. Comme c’est le cas fréquemment, Thomson préside la compagnie, et Norrie assure la vice-présidence et la direction générale. L’IMD embauche quelques géologues et ingénieurs miniers pour les travaux d’exploration et commence à accumuler des actions de projets miniers en développement ou en activité. À la fin des années 1930, elle se lance aussi dans les forages à forfait.

À la même époque, Norrie prend part à de multiples projets à proximité des mines Perron et East Malartic. Il connaît intimement la géologie de ces deux gisements et peut voir les formations aurifères se poursuivre vers les propriétés avoisinantes. En ce qui concerne la Perron, en plus de la mine Bussières (renommée Cournor en 1937) qu’il maîtrise bien, il s’engage, directement ou à travers l’IMD, dans les mines Beaufor au sud, Pascalis à l’est et Senore au nord. Il détient des actions dans les mines Perron, Beaufor et Senore et participe à leur gestion avec la NT. Puisque la Pascalis appartient à Ventures Limited, une consolidation des exploitations avec les trois autres ne peut se réaliser. Du côté de la East Malartic, plusieurs gisements potentiels adjacents à cette mine, à la Malartic Gold Fields ou dans les environs s’inscrivent dans une dynamique de consolidation comparable : National Malartic, Partanen Malartic, Quemartic, Lacoma, Dubuisson, Amphi, Seventh Malartic, Marbenor, Norbenite, Bart Malartic, Clarnor Malartic et Citralam Malartic.

Autres projets

Dans tous ces projets appuyés par le même réseau de financement, Norrie investit systématiquement dans ceux auxquels il croit. Il participe souvent à la gestion des opérations mais, à la fin des années 1930, il commence à travailler à forfait comme ingénieur consultant rémunéré au mois dans les forages par l’IMD ou encore dans le fonçage de puits par une autre de ses compagnies, Miners inc. Tous ces projets se heurtent, à partir du début de la Deuxième Guerre mondiale, à des obstacles grandissants puisque l’or ne fait pas partie des métaux stratégiques. Des restrictions s’appliquent au développement de nouvelles mines et seules celles déjà existantes peuvent continuer à fonctionner, bien que limitées par les pénuries de main-d’œuvre. Norrie explore quelques projets de métaux stratégiques, surtout dans le gisement de mica découvert par Justin Sanford Purdy à Mattawa, en Ontario, en 1942. Contraint de ralentir ses activités dans les mines d’or, il en profite pour réaliser un vieux rêve, celui de reprendre, à la suite de la mort de son père – qui a lieu en 1938 –, l’exploitation de la ferme familiale de North River. Il la transforme en une grande ferme laitière de vaches jerseys et il y élève aussi des chevaux. Il s’en départit cependant en 1943.

La multiplicité des projets auxquels Norrie participe inquiète la NT, qui aurait préféré qu’il se concentre sur ceux acceptés par l’IMD et qu’il évite de laisser sa réputation et son nom utilisés comme caution par des promoteurs. Ralenti un temps par la guerre, Norrie a de nouveau l’occasion de partir à l’assaut de gisements d’or potentiels, notamment dans le projet Croinor, à l’est de la mine Lamaque. En 1945, peu après avoir parcouru, à pied, les 18 miles séparant le terrain de la Croinor de Senneterre, Norrie s’effondre, victime d’une crise cardiaque massive. Il meurt quelques jours plus tard, le 9 octobre, à l’âge de 54 ans.

Bilan

Par sa contribution remarquable à l’industrie minière du Nord-Ouest québécois, James Paul Norrie a réussi à démontrer qu’à côté des grandes mines d’or les plus riches de la région, comme la Lamaque de Teck-Hughes Gold Mines Limited, et les Siscoe et Sigma de Dome Mines Limited, il existait des gisements avec un potentiel important de productivité et de rentabilité pour des investisseurs entreprenants. La région de Malartic lui doit beaucoup à ce titre : à partir de 2011, la Corporation minière Osisko a repris, dans une vaste mine à ciel ouvert, plusieurs des mines auxquelles il a collaboré à la mise en exploitation. En 2000, sa carrière exceptionnelle lui a valu une intronisation au Temple de la renommée du secteur minier canadien.

Marc Vallières

Ancestry.com, « Mariages, Nouveau-Brunswick, Canada, 1789 à 1950 », James P. Norrie et Margaret R. Fawcett, Sackville, 27 déc. 1933.— Nova Scotia Arch., « Naissance, marriage, et décès de la Nouvelle-Écosse », James Paul Norrie, application for registration of birth, Onslow, 22 avril 1891 ; James Paul Narrie [Norrie] et Hannah Grace Hartling, marriage registration, 22 déc. 1913.— Gazette (Montréal), 10 oct. 1945.— Northern Miner (Toronto), 1933–1938.— Canadian mines handbook (Toronto), 1931–1941.— Financial Post Survey of Mines : Canada and Newfoundland (Montréal), 1934–1935, 1941–1942, 1946.— George Norrie et Harry Norrie, From cloddy earth to glittering gold (Saint-Jean, N.-B., 2006).— Québec, Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, « Registre foncier du Québec en ligne », acte, radiation, avis d’adresse, Québec, 1930–1948 ; index des immeubles, 1930–1948 ; index des noms/zonage agricole, 1930–1948.— Marc Vallières, Des mines et des hommes : histoire de l’industrie minérale québécoise des origines à aujourd’hui ([Québec], 2012).

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Marc Vallières, « NORRIE, JAMES PAUL (Paul, Jim) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 17, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 3 mars 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/norrie_james_paul_17F.html.

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Auteur de l'article:    Marc Vallières
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Date de consultation:    3 mars 2026