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PALMER, HENRY SPENCER, officier, ingénieur militaire, arpenteur et auteur, né le 30 avril 1838 à Bangalore (Inde), cadet des fils de John Freke Palmer, colonel dans l’armée de Madras, et de Jane James, sœur de sir Henry James, du génie royal ; le 7 octobre 1863, il épousa à New Westminster, Colombie-Britannique, Mary Jane Pearson Wright (décédée en 1934), fille du révérend Henry Press Wright, premier archidiacre de la Colombie-Britannique, et ils eurent neuf enfants dont trois moururent en bas âge ; décédé le 10 février 1893 à Tokyo.

Henry Spencer Palmer reçut sa première éducation en Angleterre, dans des écoles de Bath et avec des précepteurs, puis fut admis en classe pratique à la Royal Military Academy de Woolwich (Londres) en janvier 1856. Sa nomination au grade de lieutenant dans le génie royal fut publiée en décembre, et il étudia un an au Royal Engineer Establishment de Chatham. En octobre 1858, on l’affecta au British Columbia Detachment sous le commandement du colonel Richard Clement Moody*.

Arrivé à Victoria en avril suivant, Palmer fut attaché au service topographique du capitaine Robert Mann Parsons. Il faisait non seulement des levés d’exploration, mais traçait des pistes, supervisait la construction de routes et inspectait des chantiers de voirie. L’une de ses premières missions consista à faire un rapport sur la piste qui devait mener à la région aurifère de Cariboo par les lacs Harrison et Lillooet, et à la fin de 1859 il traversa la région comprise entre le fort Hope et le fort Colvile (près de Colville, Washington). Les rapports de ces deux expéditions parurent en 1860. Le 5 octobre, pendant son second voyage, il rencontra le capitaine John Palliser*, qui recherchait un trajet permettant de se rendre du sud des Prairies à la côte du Pacifique en passant en territoire britannique. Palmer fut en mesure de lui garantir que la piste tracée par la Hudson’s Bay Company entre le fort Langley et le lac Osoyoos se trouvait au nord du 49e parallèle.

Au cours des deux années suivantes, Palmer continua à faire de l’arpentage pour la route Harrison-Lillooet, effectua des travaux routiers et de la reconnaissance dans la basse vallée du Fraser et arpenta une partie de la route du Cariboo, de Yale à la barre Boston. En 1862, il explora un autre trajet qui permettrait peut-être cette fois d’atteindre la région de Cariboo à partir du bras North Bentinck jusqu’à Alexandria, en passant par la rivière Bella Coola. Deux rapports sur cette dernière expédition parurent en 1863 à New Westminster.

Les succès de Palmer ne manquèrent pas d’attirer l’attention du gouverneur sir James Douglas* et du ministère des Colonies. Malgré le peu d’amitié qu’il portait au génie royal, le gouverneur écrivit le 13 novembre 1863 dans une dépêche au secrétaire d’État aux Colonies, le duc de Newcastle : « Le lieutenant Palmer était le subalterne de l’unité, mais il s’est distingué en une ou deux occasions par des voyages d’exploration dans la colonie et s’est révélé fort utile en déterminant des points et des distances dans la région nord. » En outre, Douglas envoya une copie des rapports de Palmer sur le bras North Bentinck et la région de Cariboo au ministère des Colonies. Après en avoir pris connaissance, Arthur Johnstone Blackwood, premier commis du Département des affaires nord-américaines, nota : « Le lieutenant Palmer est un jeune officier extrêmement intelligent qui, étant sur place et faute de mieux, pourrait assumer avec compétence la succession du colonel Moody au poste de commissaire principal des Terres. » Cependant, comme on licencia son unité en juillet 1863, Palmer ne put poursuivre sa carrière en Colombie-Britannique. Pendant son séjour, il avait participé aux représentations théâtrales de l’unité, fait partie en 1862 du comité formé à New Westminster en prévision de l’Exposition universelle de Londres et fait paraître des articles sur la Colombie-Britannique dans les publications de la Royal Geographical Society de Londres. En novembre 1863, un mois après leur mariage, lui et sa femme, Mary Jane Pearson Wright, âgée de 15 ans, s’embarquèrent pour l’Angleterre.

De 1864 à 1874, Henry Spencer Palmer appartint à l’Ordnance Survey de Grande-Bretagne. Pendant la plus grande partie des deux décennies suivantes, il occupa des postes d’arpenteur, d’ingénieur et d’astronome en Nouvelle-Zélande, à la Barbade, à Hong Kong et au Japon, où il se fixa. Il quitta le génie royal en 1887 et il se tourna avec succès vers une clientèle privée à Yokohama. Il fit, entre autres, les plans d’aménagement du port et d’un réseau de distribution d’eau pour la ville de Yokohama. (En 1987, les Yokohama Water Works dévoilèrent un buste de Palmer à l’occasion de leur centenaire, en présence d’une petite-fille et d’une arrière-petite-fille de Palmer installées en Amérique du Nord.) L’année qui précéda sa mort, il avait eu une fille avec Uta Saito, qu’il avait peut-être épousée vers 1890. Au moment de son décès, en 1893, il était bien connu au Japon ; le Japan Weekly Mail le qualifia d’« homme aux dons exceptionnels » et de « charmant compagnon dont un large cercle d’amis et d’admirateurs chérir[aient] longtemps la mémoire ».

Frances Mary Woodward

Les rapports de Henry Spencer Palmer sur les levés qu’il a effectués en Colombie-Britannique figurent dans G.-B., Parl., Command papers, 1859 (1re session), 17, n° 2476 : 15–108, Papers relative to the affairs of British Columbia, part I [...] ; (2e session), 22, n° 2578 : 297–408, [...] part II [...] ; 1860, 44, n° 2724 : 279–396, Further papers relative to the affairs of British Columbia, April 1859 to April 1860 [...] ; et 1862, 36, n° 2952 : 469–562, Further papers [...] February 1860 to November 1861 [...]. Ses comptes rendus de l’expédition de 1862 ont été publiés en 1863 à New Westminster, C.-B., sous les titres de Report on portions of the Williams Lake and Cariboo districts, and on the Fraser River, from Fort Alexander to Fort George et Report of a journey of survey, from Victoria to Fort Alexander, via North Bentinck Arm.

Des rapports de Palmer ont aussi paru dans le British Columbian entre 1861 et 1863, et dans les contributions suivantes au Journal de la Royal Geographical Soc. de Londres : « Report on the Harrison and Lillooet Route, from the junction of the Fraser and Harrison rivers to the junction of the Fraser and Kayosch rivers, with notes on the country beyond, as far as Fountain », 31 (1861) : 224–236, et « Remarks upon the geography and natural capabilities of British Columbia, and the condition of its principal goldfields », 34 (1864) : 171–195 ; et aux Proc. : « British Columbia ; journeys in the districts bordering on the Fraser, Thompson, and Harrison rivers », 4 (1859–1860) : 33–37, et « The geography of British Columbia and the condition of the Cariboo gold district », 8 (1863–1864) : 87–94.

Une collection des dernières lettres de Palmer adressées au Times de Londres quand il était au Japon a été publiée peu de temps après sa mort sous le titre de Letters from the Land of the Rising Sun [...] between the years 1886 and 1892 [...] (Yokohama, 1894) ; une version japonaise, Reimeiki no Nihon kara no tegami, préparée et publiée par son petit-fils Jiro Higuchi a paru au Japon en 1982.

En 1987, les Yokohama Arch. of Hist. ont monté une exposition sur Palmer d’après une recherche de M. Higuchi, à partir de documents extraits de divers dépôts d’archives du monde entier. Le beau catalogue publié par les archives, Henry Spencer Palmer – a special exhibition of his work and designs for the water works and harbour works of Yokohama (Yokohama, 1987), en japonais et en anglais, est abondamment illustré.  [f. m. w.]

PABC, C/AB/30.6, .6J/1 ; GR 1372, F 1302.— PRO, CO 60/1–16 ; WO 25/3913–3915.— Japan Weekly Mail (Yokohama), 31 mai 1890, 11–18 févr. 1893.— Royal Engineers Journal (Chatham, Angl.), 1er mai 1893.— DNB.— F. M. Woodward, « The influence of the Royal Engineers on the development of British Columbia », BC Studies, n° 24 (hiver 1974–1975) : 3–51.

Bibliographie générale

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Frances Mary Woodward, « PALMER, HENRY SPENCER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/palmer_henry_spencer_12F.html.

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Auteur de l'article:   Frances Mary Woodward
Titre de l'article:   PALMER, HENRY SPENCER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   17 septembre 2014