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PARANT (Parent), ANTOINE, prêtre catholique et administrateur scolaire, né le 27 novembre 1785 à Québec, fils d’Antoine Parant et de Geneviève Bois ; décédé le 11 février 1855 dans la même ville.

Antoine Parant fit de brillantes études à Québec, d’abord au petit séminaire de 1796 à 1804, puis au grand séminaire, de 1804 à 1808, où il enseigna en même temps les éléments latins. Ordonné dans la cathédrale le 12 mars 1808 par Mgr Joseph-Octave Plessis*, évêque de Québec, il fut aussitôt après envoyé prêter main-forte au nouveau séminaire de Nicolet. L’évêque, dans une lettre datée du jour de l’ordination de Parant et adressée au supérieur de cette institution, Jean Raimbault*, l’assurait qu’il trouverait dans le jeune abbé un « garçon intelligent, pieux, modeste, studieux », mais « peut-être trop défiant de lui-même ». Dans une seconde lettre, datée du 28 mars, Mgr Plessis ajoutait : « Je me suis privé d’un excellent ecclésiastique. » Parant avait néanmoins demandé son agrégation au séminaire de Québec avant de partir. Les directeurs, qui connaissaient sa valeur, ne tardèrent pas à répondre favorablement à sa requête et l’invitèrent à faire partie du conseil du séminaire le 25 mai 1809, peu après son retour de Nicolet. Parant exerça d’abord les fonctions de directeur du grand séminaire, puis celles de directeur-préfet de 1810 à 1812 et de directeur du petit séminaire, de 1810 à 1817. Il occupa ensuite jusqu’à la fin de sa vie active, en 1849, alternativement les postes de procureur et de supérieur du petit séminaire.

Comme le prévoyait Mgr Plessis, Parant ne fit guère parler de lui et laissa peu d’écrits. Il passa sa vie entière au séminaire et consacra tous ses talents à son administration. Il ne paraît en être sorti qu’une seule fois, en 1824. Cette année-là, un comité composé, entre autres, des députés Louis Bourdages*, Andrew Stuart* et Denis-Benjamin Viger*, faisait enquête sur l’état de l’éducation dans le Bas-Canada. Appelé alors à témoigner, Parant proposa d’établir un système d’écoles élémentaires placées sous la direction et la surveillance des fabriques de paroisse et financées à même les fonds que chaque fabrique serait autorisée à percevoir pour leur entretien. Cette déposition contribua grandement à l’adoption par la chambre d’Assemblée la même année de la loi pour faciliter l’établissement et la dotation d’écoles élémentaires dans les paroisses (appelée communément loi sur les écoles de fabrique).

Parant eut la chance de trouver parmi ses confrères deux collaborateurs d’une valeur exceptionnelle : Jérôme Demers, procureur et supérieur alternativement avec lui de 1824 à 1848, et John Holmes, préfet des études de 1830 à 1849. Sous l’impulsion de ces trois éducateurs, le petit séminaire parvint au niveau d’excellence qui lui valut de pouvoir fonder l’université Laval en 1852. Sur le plan matériel, Parant participa avec Demers surtout à la surveillance des travaux d’agrandissement du séminaire. Ceux-ci avaient été entrepris en 1823 afin de répondre au nombre croissant des élèves et ils durèrent plus de dix ans. On refit entièrement l’aile et le parloir du grand séminaire, on élargit et haussa d’un étage le bâtiment du petit séminaire donnant sur la cour, puis on allongea l’aile de la procure du côté du jardin. Le nouvel édifice abritera également le grand séminaire.

Au point de vue intellectuel, Parant contribua à l’amélioration du programme des études du petit séminaire. Lorsqu’il accepta la charge de directeur-préfet, en 1810, le programme était le même qu’au siècle précédent, à l’exception de la géographie et de l’histoire qui avaient fait l’objet dès 1808 d’un cours régulier dans toutes les classes jusqu’aux belles-lettres inclusivement. À titre de préfet, Parant instaura, en 1814, l’enseignement de l’anglais à raison de trois heures par semaine à partir de la classe de quatrième. Puis en tant que supérieur, il aida Holmes à introduire des matières nouvelles comme le grec en 1829, la musique instrumentale en 1833 et le dessin en 1835, et Demers à faire progresser l’enseignement des sciences. Étienne Parent* dans le Canadien ne tarit pas d’éloges à l’adresse du petit séminaire et le souvenir de ses éducateurs qui marquèrent cette époque subsista longtemps. Joseph-Edmond Roy* écrivait 50 ans plus tard : « Les noms des Demers, des Holmes, des Parant et des Gingras [Louis Gingras*] ne disent plus rien aux générations nouvelles, mais [...] nous savons bien l’influence extraordinaire que ces hommes ont exercée sur leurs contemporains. »

Avant de prendre sa retraite, Antoine Parant fit partie du Bureau catholique des examinateurs de la cité de Québec. Il continua par ailleurs à siéger en qualité de premier assistant au conseil du séminaire après 1849 et prit part aux délibérations qui menèrent à l’approbation du projet de fondation de l’université Laval mis de l’avant par Louis-Jacques Casault*. En 1850, il devint membre du conseil de l’évêque de Québec, poste qu’il conserva jusqu’en 1855, année de sa mort.

Noël Baillargeon

ANQ-Q, CE1-1, 27 nov. 1785, 14 févr. 1855.— ASQ, mss, 12–13 ; 431 ; 437 : 363–364.— B.-C., Statuts, 1823–1824, chap. 31.— Canada, prov. du, Statuts, 1846, chap. 27.— Le Séminaire de Québec : documents et biographies, Honorius Provost, édit. (Québec, 1964), 461.— Allaire, Dictionnaire, 1 : 415.— P.-G. Roy, Fils de Québec, 3 : 26.— Tanguay, Répertoire, 171.— L.-P. Audet, le Système scolaire, 3 : 199–200, 215.— André Labarrère-Paulé, les Laïques et la Presse pédagogique au Canada français au XIXe siècle (Québec, 1963), 51, 147.— Marc Lebel et al., Aspects de l’enseignement au petit séminaire de Québec (1765–1945) (Québec, 1968), 40–41.— J.-E. Roy, Souvenirs d’une classe au séminaire de Québec, 1867–1877 (Lévis, Québec, 1905).

Bibliographie générale

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Noël Baillargeon, « PARANT, ANTOINE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/parant_antoine_8F.html.

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Auteur de l'article:   Noël Baillargeon
Titre de l'article:   PARANT, ANTOINE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   30 octobre 2014